samedi 21 décembre 2013

knack knack on heaven's door

Un an que j'avais découvert les joies du coïtus et pas seulement interrompus. Le bilan était mitigé:  j'étais toujours au chômage et j'avais rencontré une dizaine de personnes sur le net me permettant ainsi de mieux appréhender mon corps et de découvrir ce qu'a priori j'aimais et n'appréciais pas.
J'étais enfin plus ou moins réconciliée avec mon apparence , laissant libre cours à cette sensualité que j'avais longtemps bridée voire refoulée.

Je saisissais également mieux les raisons de cette légère honte que je ressentais silencieusement dans ma volupté de la matière, notamment plus jeune en peignant, dans cet enivrement provoqué par la peinture, l'huile ou l'acrylique, par le toucher ... cette charnellité et danse du corps sublimés par le pinceau...
Ce plaisir, je l'avais longtemps occulté imaginant qu'on ne pouvait se réfugier et se gaver ainsi de matière et posséder également une certaine acuité intellectuelle...
Pensée magique, superstition personnelle; aux confins du ridicule, teinté de mon puritanisme inconscient; un masochisme nécessaire à toute création idéelle...aberrant autant que mon manque volontaire de confort dans mon antre, jusqu'au jour où Roland exaspéré me déclara tout de go : "tu sais, avoir un canapé ne t'empêchera pas de lire ou te fera pas lire moins bien, t'auras juste moins mal au cul"
Ma foi! j'avais beau tourner cela dans tout les sens de ma martyrologie personnelle, je ne trouvais aucune faille dans ces sages mots et il était enfin temps d'enterrer cette opposition binaire infantile entre sensualité et intellect ...pour enfin apprécier le ludisme de la situation et de ces rencontres éphémères.

D'ailleurs maintenant que la vérité m'avait été déclarée, illuminée de ma grande expérience de 12 mois, j'en discutais quotidiennement sur internet, dans un échange plein d'humour avec un admirateur mammophile plein d'allant voulant absolument me rencontrer.

J'étais bien sûr tentée tant son désir semblait impétueux et une complicité épistolaire s'était établit mais rapidement alors que je cédais enfin à ses avances et acceptais de le rencontrer, le bougre semblait de plus en plus hésitant...était-il atteint du complexe d'Albertine et n'aimait que ce qui lui était inaccessible?

Bien des années après, je fus ainsi durant de longs mois titillée par un homme dont les moeurs un brin sauvage m'inquiétait et me faisait hésiter...derrière notre amitié, j'étais couverte d'attentions, de like sur les réseaux sociaux où je l'avais connu, jusqu'au jour où j'acceptais enfin le tête à tête tant attendu...et lui avouais à mon tour ressentir un certain frémissement à son endroit...à ce moment là ...changement radical, un fossé se créa aussitôt: le bougre s'excusa la veille de ne pouvoir honorer notre rdv puis progressivement l'indifférence s'accrut, plus de like, plus de mots, plus d'envie et une simple camaraderie très mondaine remplaça les dialogues hots...faut dire que j'avais repris quasiment mes kilos, que j'étais devenue assez amie avec sa compagne, cela n'engageait visiblement que fort peu à la fornication.

Non, c'était différent chez mon admirateur épistolaire mammophile: il était géné de ses mensonges car plusieurs semaines auparavant il s'était décrit comme un grand homme , la trentaine bien entamée alors qu'il  m'avoua soudain avoir onze ans de moins que moi, à peine 22 ans, mesurer 1m52, n'avoir jamais eu la moindre relation avec une femme et être extrêmement nerveux et angoissé à ce sujet.. Par ailleurs, autre spécificité étonnante mais non dénué d'intérêt: il avait un phallus de 22 cm.

Cela me toucha évidemment beaucoup puisque je m'identifiais à ce jeune homme, sa solitude, ses peurs, sa bizarrerie physique hors norme. Je me renvoyais un an en arrière , impuissante et frustrée de ne pas dépasser mes craintes. Je devais absolument aider ce jeune homme pour qu'il ne subisse pas le même calvaire!  tel le chanteur des blues brothers dans sa paroisse, je découvrais la lumière et me mis à le rassurer en lui écrivant des contes, des histoires pour l'amuser et dédramatiser cet évènement.

Cela réussit plutôt bien puisqu'après quelques messages nous convînmes d'un rdv au café... je me pensais nerveuse et tremblante, mais ma timidité naturelle s'atténuât grandement en voyant arriver un tout jeune homme, assez mignon même si ne correspondant pas forcément au stéréotype du mâle dominant et extrêmement bavard.
Hocine était souriant mais ressemblait à une puce sautillant sur son siège car atteint d'une nervosité presqu'hystérique...Du coup, forcément je n'étais pas grandement impressionnée ni paralysée par une tension sexuelle...non! en fait, l'idée de frayer avec cet individu me paraissait assez incongru moi qui aimait par dessus tout la placidité voire le flegmme anglais, voilà que je discourais avec une sorte de héros de la techtonique moderne où les gestes saccadés parcouraient l'espace tandis que sa voix couvrait en continu mon ouïe comme un effet de larsen épuisant... J'avais folâtré avec un tigre qui m'avait lacéré la peau, des taureaux soufflants et écumants, cette fois-ci, je me retrouvais devant une mouche ou un taon et cherchait désespérément la tapette pour l'assommer d'un coup sec!

Non! vraiment cela n'allait pas aller...d'ailleurs à ce propos lui non plus car son teint virait de plus en plus à au cireux quand il m'avoua se sentir très mal et être parcouru de sueurs froides.
"-Non, mais ne t'inquiète pas, je n'ai pas le temps nous ne ferons rien aujourd'hui, rassures-toi"
Ah! J'avais découvert un nouveau métier ou une nouvelle vocation, coach libidinal, la Davina ou Véronique de la galipette...  toutouyoutou! non je n'étais pas sous une douche savonneuse et au lieu d'un juste au corps je portais une guêpière de satin ,des bas à la place de guêtres fluos...

Hocine, reprenait juste des couleurs pour m'expliquer en geignant combien il se sentait incapable d'embrasser qui que se soit, lorsque, un brin excédée, je me penchais vers lui, l'attrapais par le col manquant de le soulever et lui plaquais mes lèvres contre les siennes, forçant avec ma langue le passage...trop stupéfié il se laissa faire...je lui laissais reprendre souffle avant de reprendre mon bouche à bouche plus doucement et lui dit enfin en souriant 1 min après "voilà, maintenant, c'est fait tu n'auras plus peur, tu sais embrasser".
il opina et je m'attendais qu'il brandisse à tout instant une gousse d'ail voire même un crucifix ou un coran mais il était trop sidéré. Moi, je me délectais de ce répit sonore, car maintenant on aurait pu justement entendre une mouche voler...


je l'abandonnais peu de temps après, prenant un prétexte fallacieux pour retrouver le calme de mon antre et le plaisir de mes livres... je n'eus plus de nouvelle pendant quelques jours, puis je reçus un mail me disant qu'il devait absolument me parler...je lui donner donc rdv le lendemain chez moi, sans grande conviction.

Il arriva tout autant remuant que la semaine précédente mais bien moins nerveux et s'assit sans attendre sur le canapé en me brandissant du doigt et m incriminant " c'est ta faute!, tu m'as changé , je suis différent, je me sens comme un prédateur sexuel désormais, je drague et me sens différent!"

Il était assez insupportable en fait et je trouvais ridicule son discours où il se comparait désormais à un fauve lorsqu'il m'attrapa le visage et m'embrassa tout en caressant mes seins...ah oui, effectivement y avait du changement, mais ses gestes étaient cavaliers et je n'appréciais pas d'être ainsi bousculée après avoir reçu ses remontrances...en fait Hocine, était fort différent de moi et je découvrais mon orgueil d'avoir songé "le libérer" de son impuissance à agir.

Tandis  que je m'apprêtais à protester et grommeler sur ce traitement et appréciais très modérément ses baisers très secs et peu sensuels, je pensais que ce n'était peut être pas une bonne idée d'omettre une objection alors qu'il était enfin un peu plus sure de lui, me sentant redenouveau profondément altruiste d'autant qu'un détail me tiraillait, j'étais très curieuse et avais envie de découvrir enfin à quoi ressemblait un sexe de la taille de Rocco Siffredi, surtout sur un individu aussi petit et mince...

En toute honnêteté, j'avais dans ma petite expérience découvert et testé bien plus de micro pénis que le côté faunesque des estocs masculins...voir un énorme phallus avait allumé ma convoitise et ma curiosité...  j'avais découvert que j'aimais parfois une certaine bestialité et être retournée dans tous les sens...aussi, il faut bien avouer que je me laissais donc fort civilement peloter en évitant quand même ses baisers décidément peu à mon goût pour petit à petit entrer dans un strip tease mutuel ... nous étions sur mon lit, et il ota finalement son slip pour me laisser découvrir...heu...au lieu de cette bite d'amarrage qui me faisait un brin fantasmer, je voyais dans mon champ de vision...une gigantesque saucisse de Strasbourg matinée de queue de Marsupilami...c était si long que son érection était pas très dure et son sexe battait l'espace comme une queue incongrue d'autant que l'effet de gigantesque knack était accentué par sa circonférence. Hocine avait certes une queue immense, longue mais sur un tout petit corps et très  très fine: ce n'était pas un large braquemart fantasmatique que j'avais devant moi issu des meilleurs ou pires films porno non, j'avais un étrange fouet qui battait l'air de manière assez ridicule...

Par ailleurs,  je n' eus pas le temps de le toucher ou de le prendre en bouche car Hocine, toujours sur le mode puce, sautillait sur mon corps, le parcourant de baisers et caressant mes courbes, insistant sur les tétons.. je le laissais faire avec paresse jusqu'au moment où ayant enfoui sa main pour caresser la moiteur de mon intimité et alors que nous n'avions rien fait d'autre qu'un  léger frotti frotta, je retrouvais la même mine olivâtre que lors du café...Il me regarda horrifié et me dis que son sexe le piquait...je n'avais rien fait monsieur! mais son regard était accusateur et découvris qu'il m'observait comme une prostituée, choqué que je puisse avoir eu en une année une dizaine de rencontres, j'étais sale! et le simple fait de m'avoir touché semblait lui avoir donné tous les maux de la terre, une sorte d'allergie psychologie soudain le gratter...la gale...Avec rancoeur, soudain dans mon baiser violer son innocence et transmis au moins la chaude pisse.
Il se sentait dépravé , souillé, dégradé de m'avoir rencontré et parcouru de ses caresses , d'avoir goûté à ma poitrine, à mes baisers.

Dans un grand calme, je l'écoutais me reprocher ce déflorement et  profitant d'une accalmie verbale, lui dit posément avec un ton polaire qu'il était alors peut être temps qu'il parte... ce qu'il fit tout en m'abreuvant de reproches.
J'étais mortifiée et resta longtemps bien après son départ recroquevillée, me sentant terriblement blessée de ce regard, de ce dégoût...moi qui étais obsédée par les germes, je m'étais vu dans son regard comme un cloaque de miasmes et dépravations diverses...Non il était vraiment temps de stopper ces rencontres! Il ne s'était pourtant rien passé mais j'avais l impression d'être couverte de crachats.

Un an après, je reçus un mail de sa part, pour la nouvelle année me souhaitant ses voeux et me disant qu'il ne savait si je me rappelais de lui mais que lui ne parvenait pas à m'oublier, qu'en bien ou mal cette rencontre avait été déterminante et l'avait transformé et qu'il voulait juste que je le sache.
je n'ai pas répondu.