samedi 15 juin 2013

Comment j'ai fait l'amour à un zombie guitariste de jazz

Nostalgie de ville oblige, j'ai un air ce soir du plus célèbre nain qu'enfanta la ville rose: Claude Nougaro qui me cogna et enfoui deux fois sa tête, ô chanceuse que je suis,dans mon torse surdévéloppé, dans les rues piétonnes du centre toulousain, con!



Cet air, me rappellera toujouts comment un peu avant ma rencontre décisive avec le kiné, ne voulant pas focaliser sur Filipe et ses allées et venues et va et vient alléatoires, je décidai de rencontrer un profil qui m'avait  peu de temps auparavant contacté et semblait savoureux.. un guitariste de jazz. 

Nous eûmes en fait, une correspondance express et il m'invita très rapidement à dîner au restaurant afin de faire plus ample connaissance. J'acceptai avec plaisir et lui proposai un lieu près de chez moi mais il semblait réticent à quitter son quartier pourtant à quelques centaines de mètres du mien. Après des âpres pourparlers nous décidâmes d'aller à mi chemin mais plus vers mon antre que le sien et il choisit un très bon restaurant gastronomique ... sympa! la rencontre promettait d'être belle et je me pomponnais et préparais avec soin et excitation. A l'heure dite du rdv, à la sortie du métro, je vis apparaître un homme à peine un peu plus âgé que moi, à l'allure décontractée et au physique agréable, avançant vers moi tout sourires.

Nous bûmes l'apéritif, papotant très vite comme de vieilles connaissances, et Christian, mon jazzman semblait très enthousiaste voire même dans une certaine euphorie naïve qui lui faisait apparaître toutes coïncidences comme autant de signes du destin: je ne mangeais pas de viande rouge, ça alors! lui non plus....je ne buvais pas de café, c'est fou lui non plus, je venais de Toulouse et avais l'accent du sud....incroyable lui aussi, sauf, léger détail, qu'il venait d’Antibes qui se situait juste à un peu moins de 500 km de la capitale occitane. Nonobstant ce léger détail, nous conversions tout sourires et entrain...il était super cool, et j'étais fort détendue, assez passionnée par son enthousiasme et sa culture musicale. il était guitariste professionnel et avait accompagné bon nombre de célèbres jazzman et ses anecdotes étaient drôles voir passionnantes.
A la fin du repas qu'il paya sans me laisser une seule chance de voir la note, je lui proposais avec entrain et une certaine lascivité de boire le digestif plutôt chez moi et il accepta joyeusement même si un brin déçu de ne pas me montrer son bel appartement qu'il venait d'acheter lorsque soudain , dans la rue, justement,   il s’arrêta net , s'écriant déséspéré: "ah merde! non! je peux pas! viens! on va aller plutôt chez moi, j'ai pas ma beuh et aime bien me rouler un petit tarpet à la fin du repas"

Il avait beau être cool et sympa je le connaissais à peine et refusais catégoriquement d'aller le premier soir dans un endroit autre que chez moi ou un hôtel..Je me voyais absolument pas débarquer chez lui d'autant que dans mes efforts de toilettes, j'avais mis une robe et un joli porte jarretelles vintage avec des talons pour agrémenter ma tenue mais qui nuisait fortement à ma démarche à moyen terme dans les venelles parisiennes.

Heureusement, je me rappelais que ma jeune sœur m'avait à sa dernière visite à la capitale, laissée un petit sachet d'herbes de nouvelle-Calédonie, d'une impressionnante qualité...provision que je n'avais jamais touchée ne sachant pas rouler les cigarettes a fortiori encore moins les pétards. Etant atteint d'un désordre neurologique bénin mais assez spectaculaire qu'on nomme "tremblement essentiel," j'ai les mains toujours vacillantes et fébriles tel un malade de Parkinson et pour ce genre d'opération subtile comme le roulement et tassement d'une cigarette , en dépit de toute velléité que je n'avais d'ailleurs pas, cela confinait à l'impossibilité de devenir un grave fumeur de substances illégales...mes tremblements me condamnaient à l'abstinence dans une paradoxe croustillant puisque souvent interprété par le quidam comme des problèmes d'alcoolisme...

Nous étions donc ce soir-là sauvés même si j'étais à dire vrai un peu désappointée de découvrir son addiction et qu'il soit à ce point dépendant pour ne pas remettre son joint à quelques heures après sa partie de jambes en l'air...peut être n'était-il pas finalement aussi parfait que je l'avais présupposé. 

Chez moi je lui proposais un verre, et il choisit une petite vodka bien frâiche,  pour se concentrer immédiatement et sans un mot à la création de sa clope très bio....je fumais et aspirais de cet artisanat que fort peu, sachant cette herbe très forte et ne souhaitant pas avec le stress être malade...ou trop affectée et voulu le prévenir de ses effets retors  lorsque très lentement avec une diction comme ralentie il me demanda si on pouvait tamiser la lumière et ne mettre que quelques éclairages diffus...

D'accord... je me retrouvais dans le quasi noir avec quelques boules de couleurs éclairées,  les volutes de fumée d'un pétard et un inconnu soudain coi ne me regardant pas mais dans le lointain...
"- ah ouais, elle est forte quand même" me dit-il tout en roulant un deuxième joint.

okkk... je commençais à trouver le temps long, et étais bien moins sous son charme à l'observer fumer dans une quasi pénombre... finalement, finalement, ça serait pas une si  mauvaise idée qu'il parte car ma libido avait un peu dévié des eaux tropicales vers le pole nord....et mon naturel assez volcanique pour se transformer en glacier réfrigérant...d'ailleurs comme pour décidément me contrarier, je le vis soudain me sourire avec un sourire ô combien moins subtil que lors de notre repas mais sans nul doute d'interprétation possible et je pensais "bon, ben nous y voilà, en voiture Simone" tandis que je me penchais pour l'embrasser...

J'introduisis ma langue dans sa bouche assez charnue, et commençait allégrement à tourner ma langue dans son antre lorsque au bout de quelques secondes, je devins dubitative me demandant s'il dormait ou s'il était mort tant sa langue était molle et baiser non passionné...un  étrange et caverneux hummm au bout de 20 secondes supplémentaires vint m'infirmer mes spéculations...j'étais juste réglée sur la trotteuse  et lui visiblement sur l'aiguille des heures dans notre quadran lingual...
C était très très étrange comme impression, je ne savais si c était excitant ou répugnant mais j'avais le sentiment d'embrasser un zombie non exempt d'une certaine libido puisque comme dans un contrepoint, un décroché, une blanche avec une jeu de contretemps, j'entendais un hummmm de métronome toutes les 30 secondes m'affirmant que le monsieur appréciait bien plus que moi nos baisers.

Mon zombie décidément très content de lui, avec une voix au débit de plus en plus lent comme si  nous étions entré dans la quatrième dimension psychédélique de Zappa et des herbes folles, me demanda si nous pouvions nous allonger sur le lit, et tout en se déshabillant d’éteindre la lumière...oula ca allait être compliquée pour mettre la capote et je n' avais pas du tout la moindre envie d’être plongée ainsi dans le noir avec mon zombie junkie à la voix chantante mais passée par inadvertance du 45 au 33 tours.
J' essayais donc d'allumer le néon rouge au dessus de mon lit que mes amis m'avaient offerts pour mes 30 ans et qui donnait une ambiance bordel ou fumerie thaïlandaise d'opium finalement très a propos... mais mon jazzman se mit à gémir que la lumière était trop violente et je dus m'incliner à mon grand désarroi à ne mettre la lumière que dans le salon.

Mince, je sentais bien que le pétard commençait à me rendre sacrément parano, et tailler une pipe à un zombie dans le noir n'allait guère aider à ma angoisse qui grandissait de manière exponentielle, surtout que tandis que j'étais au troisième huummm dans la minute de monsieur zéro de tension qui devait signifier à mon avis une sorte d'accélération extraordinaire, il allait bientôt jouir le bougre à ce rythme là... je venais, moi, de sentir une petite protubérance du bout de ma langue sur son sexe toujours hélas caché dans la pénombre et que soudain un dessin de Wuillemin m'obsédait...on voyait face au spectateur et de dos à jeune femme dans un lit, un homme avec un sexe couvert de pustules répugnantes dire à la demoiselle énamourée "éteins la lumière je suis timide"


Moi qui avais la phobie des germes et des sérieux penchants paranoïaques, cette situation de quasi pénombre me crispait terriblement, je devais absolument savoir ce qu'était ce léger renflement sur son estoc qui semblait tout aussi shooté que son maître et s'érigeait sans grande conviction, dans un afflux sanguin aléatoire...merde, y avait quelque chose j'en étais sure, je voulais plus mettre cela en bouche, l'image de Wuillemin me hantait et aussi j'allumais le plafonnier d'un coup sans prévenir en aveuglant se faisant mon zombie qui se reveilla et sursauta d'un coup devant cette rafale lumieneuse,  pour  sous mes yeux ébahis, découvrir... un banal grain de beauté...ouf!  j’éteignais et me remis à jouer avec son chibre sans conviction avant d'abandonner la partie...le sentant peu remis de ses émotions, et d'avoir vu la lumière blanche avant même la petite mort.
Dans mon couloir de la mort, le voyant rouge de ma punition venait de se mettre en route tandis que Christian alluma ma lampe de chevet... pour préparer un troisième pétard...ah non! je n'avais pas mérité cela... il était déjà lobotomisé, je n'en pouvais plus et voulais dormir...seule!

Je lui dis alors que je préférais qu'il ne fume pas au lit et tandis que je sentais que son dynamisme éblouissant avait fait tressauté son sourcil ce qui devait signifier surement que l'information avait atteint son cerveau ô miracle , je lui expliquais que le mieux était encore qu'il fume en route son pétard car je devais me lever tôt le lendemain (qu' importe si je lui avais avoué être chômeuse deux heures auparavant).
Il s'habilla mécaniquement et très très lentement quand soudain avec une autorité étonnante et quasi agressive il  me dit:" bon! demain! c'est chez moi hein! chacun son tour!"
J’acquiesçais avec docilité pour le lendemain pour ensuite, au petit matin, lâchement, laisser un message sur son répondeur lui expliquant que je venais de subir une rupture douloureuse et je croyais en être remise mais que je m'étais aperçue être encore fragile et je préférais ne pas donner suite à nos rdv...

Je ne pouvais pas dire quand même que le retour du mort vivant de mon Roméo me semblait un film terriblement ennuyeux et bien sur ...fumeux. 

jeudi 13 juin 2013

Orgueil et préjugés

Déjà plusieurs semaines que je jonglais entre les visites hebdomadaires de Frédéric, le mardi matin et celles de plus en plus épisodiques de Felipe...et plus je connaissais mon kiné motard plus je l'appréciais pour sa gentillesse, son humour, sa générosité, ses attentions et attendais ardemment nos rdv  et par effet de miroir, plus l'image de Felipe s'écornait après quasi un an de rdv ratés ou médiocre et de désillusions.

Je n'avais pas promis fidélité à Frédéric qui me l'avait d'ailleurs jamais demandé mais pour la première fois, je me sentais dans un cocon de bien être qui ne me donnait aucune envie de chercher ailleurs et de rechercher une autre présence... que se soit affectivement comme charnellement j'étais dans un cocon que je goûtais avec délice.

Le kiné comme je le surnommais lorsque je parlais de lui avec mes amis, était assez étrange et intéressant,  il refusait notamment de m'avouer  son nom dans une sorte de jeu que je trouvais injuste puisqu'il connaissait le mien et mon adresse...était-il donc marié? mes amis se gaussaient de ma candeur mais, pourtant, il paraissait tellement sincère lorsqu'il se déclarait célibataire et  selon lui, il ressortait d'une relation de plusieurs années assez traumatisante avec une doctoresse nymphomane qui après 9 ans de vie commune et apparemment sans histoire s'était fait surprendre à la vue de tous et lui avait avoué alors ses moult incartades.

Cela avait quelque peu refréné la libido de mon amant et notamment hélas certaines facultés érectiles que le latex n'améliorait pas mais qu'importe, il semblait aussi joyeux que moi à venir s'occuper de moi, me masser et caresser avec ses mains et sa bouche pendant des heures... et s'occuper de mon ordinateur à m'offrir tous les programmes que je désirais car passionné d'informatique.

Un jour Roland, qui avait un souci avec l'imprimante pour un de ses book artistiques vint chez moi à midi. juste après un de mes rdv avec Le kiné, qui du coup  resta un peu plus longuement, fort civil et souriant, et s'offrit de l'aider, très à l'aise devant mon meilleur ami et son côté dandy.

Il l'aida tout naturellement. En revanche,  je n'osais ce jour-là regarder Ronan que je percevais violacé et cachant un fou rire en se tortillant derrière notre dos. Quand mon amant fut parti, nous explosâmes ensemble de rires afin d'évacuer une certaine pression...c était la première fois que mon ami rencontrait un de mes amants et ne fut pas  déçu... Roland hurla de rires me taquinant et me disant que euh physiquement, disons euh qu'il ressemblait à monsieur Darty.
Un peu remis de nos émotions, quelques minutes après, nous décidâmes d'aller au café du coin prendre un brunch quand dans l'escalier nous croisâmes Felipe qui montait à l'improviste chez moi. Ronan se tordait de rires devant cette nouvelle rencontre et le vaudeville qui aurait pu à quelques instants près se dérouler ...il nous abandonna, me chuchottant qu'on se verrait bien ultérieurement... d'ailleurs, quelques heures après,  par téléphone, il me commenta sa rencontre avec mes deux amants dans ces termes:
"C'est sur que Felipe est une reine de beauté en comparaison de monsieur Darty mais bon, ils ont pas la même utilité hein?"

Non en effet, il y en a un  pour qui moqueries a part j'éprouvais une réelle affection et l'autre une certaine distraction...D'ailleurs, nous arrivions bientôt en avril et  je songeais, fantasme absolu, à préparer une grande fête avec tous mes amis. Ma cousine et amie d'enfance  qui connaissait l'existence de mes deux amants, me demanda  de fait qui j'allais choisir à présenter ce jour là ne pouvant élégamment convier les deux. J'hésitais deux secondes, puis je citais Felipe ce qui fit à mon grand dam ricaner ma cousine: "En fait tu prends le beau et laisse le moche même si tu le préfères? c'est cela?"
"-Absolument pas! je n'étais pas comme cela! Si j'invitais Felipe c'était bien parce que nous avions les même références et qu'il se sentirait bien plus à l'aise"  répliquais-je vertement et un brin vexée...pourtant , à la réflexion, je naviguais dans différentes sphères socio-culturelles sans le moindre problème et voulais inviter tous mes amis sans soucis de castes ...alors pourquoi ce choix si ce n'est induit par un préjugé esthétique?

j'avais beau toujours avoir critiqué et refusé les notions de faire valoir, moi qui vivais cette situation de la grosse bonne à baiser mais surtout pas à montrer, je découvris à cet instant-là, avec amertume et stupéfaction que je n'étais pas exempte d'un certain snobisme et que effectivement moi aussi, en choisissant Filipe malgré ma totale indifférence à son égard, je ne souhaitais inconsciemment qu'une chose, un faire valoir! je voulais montrer à tous, quel mec je pouvais me taper...regarder la grosse vilaine dame et bien elle se tape un méga canon...


Je crois qu'en découvrant cela, je n'eus jamais autant honte de moi-même et que cette bile âcre de conscience  m'écœura par la suite de tous critères de choix esthétiques même si je pouvais plus omettre et sous-estimer une certaine dépendance au regard et jugement des autres... qu'importe, j'aimais le corps du kiné même si objectivement il était laid mais mes amants n'étaient pas des objets à cacher ou exhiber...

Ce soir là, après cette découverte, je comprenais pourquoi j'avais tant attendu de rompre avec mon apprenti architecte au teint si délicieusement caramel et  je décidai de mettre fin totalement à ma relation avec lui pour me consacrer exclusivement à Frédéric avec qui je me sentais si bien...

Ce que j'appréciais par dessus tout était chez lui c'est que lorsqu'il y avait des couacs et chez monsieur grosses couilles il y en avait, il ne dramatisait jamais et nous pouvions en rire, nous en amuser... nous rions de tout, de nos échecs répétés dans la pose du préservatif et  la survie de son timide phallus, de nos galipettes, de nos blagues...j'étais si  lasse de l'orgueil du mâle dominant surtout quand dépité devant son morceau de latex flagellant comme mon gérontophile, de leur pietre performance et devant se justifier mille et une fois ou envoyer pour se protéger quelques petites remarques mesquines et perfide afin de se consoler de leur orgueil machiste blessé...Frédéric était le contraire
Et puis dans les bras de ce colosse je me sentais pour la première fois une petite chose presque fragile qu'il tournait et retournait sans le moindre effort...

Quelques jours auparavant il m'avait expliquait ne plus rechercher de rencontres, il avait l'oeil qui frisait en me disant cela et m'avoua qu'il se sentait comblé et puis profondément pudique il voila son émotion avec humour et autodérision..."tu comprends, en plus, si toi tu as 100 réponses de mecs  par jours et tu donnes avec magnanimité suite a une personne, ben moi, c'est le contraire...j'écris 100 messages pour qu'on daigne peut être me donner une réponse, du coup ca n'a plus le moindre interêt..et trouverai pas mieux."
effectivement, injustice évidence entre la gente masculine et celle féminine aux niveaux des rencontres, car si le net pour la moindre fille, laide ou jolie se présente comme un hypermarché de la rencontre et du sexe...pour les hommes nous avons une épicerie en tant de guerre et les tickets de ravitaillements pour nos pauvres affamés se font rare.



Quelques mois après de notre rencontre, vint donc mon fameux anniversaire, je n'avais finalement choisi de faire aucune party après avoir découvert mon autoportrait de Busty Gray et ses zones d'ombre...
Pour festoyer finalement je ne souhaitais que le voir et il arriva ce jour-là les bras pleins de cadeaux...il s'était rappelé que mon parfum fétiche était l'eau d'Issey Miyake et m'avait acheté non seulement l'eau de parfum en énorme bouteille, mais également le lait pour le corps et le gel....une fortune...je n'avais jamais reçu de cadeaux de mes amants et point l'habitude de ce genre d'attentions, étant peu dans le badinage et la parcours du tendre...
 Pourtant combien les attentions et galanteries me manquaient
C'est amusant d'observer combien lorsque vous n'êtes point vénales ni intéressée, les hommes ne font pas le moindre effort, vous n'êtes pas peste? inutile alors d'être gentil...

Je me souviens l'amertume lorsqu'une connaissance aisée peu de temps auparavant monta sur Paris. J'étais fort inquiète car le monsieur n'avait point l' habitude des snacks et avec mon chômage je n'étais guère à l'aise avec ma bourse. Nous devions également nous restaurer avec une amie qui vivait en couple et connue pour ne pas avoir le moindre sous. Au lieu de tous manger chez moi ce que je comptais proposer pour éviter une facture lourde, il me demanda comment allions-nous faire pour soulager notre" pauvre" amie commune et si nous devions annuler pour ne point la mettre mal à l'aise. Je refusais sachant combien cette amie attendait ce dîner avec impatience et avait déjà sélectionné le restaurant aussi je fus un brin surprise de ses propos qui n'étaient point du tout  ceux que j'avais échangé avec elle... persuadée qu'il nous offrirait le souper san sle moindre embarras...mon étonnement fit place à l'atterrement le midi lorsque je découvrais le restaurant choisi, fort cher et bien au-delà de mes sorties habituelles...  je n'osais pas fierté oblige lui dire que j'avais encore moins d'argent qu'elle, et du payer en rançon de mon orgueil et mon silence la moitié de la note... tout cela parce que je n'avais pas voulu  abuser de son argent et de la situation...je n'avais pas gémi ni fit du chantage affectif ni minauder...aurais-je du moi aussi jouer d'une fausse pudeur mais vraie stratégie du ...oh juste une entrée alors dit avec componction...c'était toujours les même qui gagnaient, qu'on pleurait, qu'on aidait, qu'on aimait, qu'on gâtait... aussi quand je reçus le cadeau de Frédéric je me mis à pleurer tant j'étais touchée et émue de sa générosité à mon égard alors que je n'avais rien demandé, juste il était attentionné , nous couchâmes ensemble cette fois-ci sans le moindre souci de manière répété, visiblement ma joie avait déverrouillé la cage de chasteté invisible qui enserrait son sexe depuis sa rupture et suite à ce sur plein d'émotion, avec un enthousiasme et saturée de volupté , de reconnaissance et de joie, je lui susurrais pour la première fois les fameux mots magiques: je t'aime.



Cela refroidit immédiatement l'atmosphère et il me répondit doucement un " merci c'est flatteur."..je sentais une douche glacée se déversait en moi tandis que me demandais ce qui avait bien pu me passer dans la tête et luttais pour contenir mes larmes... il me murmura tout en me massant qu'il lui fallait un peu de temps

je retrouvais suite à cet épisode Roland tellement marquée que même si je restée coie, nous voulant pas lui conter ma déconvenue sachant à juste titre que ma conscience allait m'engueuler, au bout de 30 mn il me dit à brûle pourpoint: "bon, alors qu'est ce que t'as fait encore comme connerie? t'es enceinte c'est ça?"
"nooon"...et lui racontais ma mésaventure et mes mots... Roland m'engueula encore plus que prévu, en me disant "mais enfin tu sais bien que tu l'aimes pas ce type, tu aimes le moment la bulle qu'il te procure, mais lui tu le connais pas, tu sais même pas son nom...vous échangez rien si ce n'est un bon moment...tu aimes ce moment, pas ce mec, imagine qu'il t'ai dit "moi aussi, vivons ensemble ma chérie, tu aurais eu l'air maline, non?"
je ne pouvais qu'opiner, j'avais été reconnaissante, aimais beaucoup Frédéric mais c'est vrai, j' aimais ce moment et non lui , finalement ce n'est pas mon cœur qui avait été punie mais mon orgueil... perversement, je voulais entendre des mots d'amour, avoir un pouvoir sur cet homme et avais provoqué par mes mots une réponse...qui n était pas venue!!!

Frédéric avait d'ailleurs tellement été bousculé qu'à mon retour, il avait eu un peu de temps et je reçus un mail très gentil m'expliquant que pour lui  ce genre de sentiment il lui fallait plus de temps et que c'était un chemin où il ne voulait plus s'engager et qui se faisait à deux... aussi avant que cela me blesse d'avantage il préférait cesser toute relation avec moi.

Ouch! j'avais tout gâché et pleurais à chaude larmes ces bons moments que dans ma théâtralité avait détruits, j'écrivis piteuse une lettre expliquant que c était des mots dépassant ma pensée et que je le rassurais, si je tenais beaucoup à lui je ne l'aimais pas mais dans un moment de bien être et de post coït avait eu cette envie de mots magiques et romanesques  inconvenants

il me répondit un "chouette alors" magnanime et nous reprîmes nos rdv hebdomadaires... l'année d'après de la gamme glamour des parfums devait avoir été soldé car à la place ,peut être suspicieux, il m'offrit une pince à seins, des menottes et divers jouets sexuels ...je ne lui dis pas les mots fatidiques et si ma surprise fut tout aussi grande, pas trop préparée à ces jeux, je sentis une reconnaissance moins éperdue tout en pensant, ma foi...pourquoi pas...jouons!.

samedi 8 juin 2013

En toute amitié ou des couilles plus grosses que le ventre!!!

Mes rencontres avec Felipe s'espaçaient de plus en plus au fil des semaines. Le non coup de foudre du début se confirmait par un certain blasement dans nos jeux de galipettes où malgré quelques moments forts sympathiques, j'avais un peu le sentiment d'un bis repetita dans nos positions du kamasutra et je commençais à être un peu lasse de n'avoir de ses nouvelles que lorsqu'il avait besoin d'une relecture d'un de ses travaux ou surtout que son pic hormonal menaçait d'exploser ...alors, certains soirs sans prévenir, il sonnait à ma porte à des heures indues pour me baiser le plus souvent sans autre forme de procès et repartait pour m'annonçait le soir ou le lendemain par mails ou textos qu'il avait eu tort et nous ne pouvions demeurer amants plus longtemps mais surtout,  que nous resterions amis.

Ce à quoi, avec une totale placidité, je répondais invariablement un: "bien sur, aucun soucis, je comprends..."

Je commençais néanmoins à perdre avec le temps mon amusement et je me lassais de ces moments épisodiques assez stériles d'autant que même nos échanges intellectuels m'ennuyaient désormais...si nous partagions bien des références communes, je me rendis vite compte que la qualité de Felipe était son écoute et le "ravissement" des bribes de discussions ou  ses lectures de magazines et de dépêches du net, mais qu'au delà de ce vernis culturel, il n'y avait aucune véritable réflexion, jamais aucune prise de risque...tout était parfaitement policé. Au lieu d'une mer dont j'avais cru effleurer la surface, je n'avais devant moi qu'un joli miroir réfléchissant, oscillant constamment entre complexe de supériorité car après tout ses camarades l'appelaient "petit génie" et l'admiraient et un complexe d'infériorité et une énorme culpabilité sachant combien tout cela n'était qu'un gigantesque bluff.



Felipe avait besoin qu'on l'admire pour se détacher des autres mais était attirer tel un a(i)mant dès qu'on manifestait indifférence et distanciation afin de  quémander inconsciemment un aval ou un compliment qui pourrait lui permettre de reprendre contrôle de la situation et de rompre ...bloqué dans un remix  de je t'aime, moi non plus lors d'une journée sans fin qui recommençait à épisodes réguliers, d'abord quasi tous les jours, puis semaines, voire mois.

Un soir, il m'appela vers les 23h alors que je regardais joyeusement une émission à la télévision confortablement installée dans mon canapé en pyjama sirotant mon coca light, goûtant à ma quiétude et solitude..."hello, je suis en bas de chez toi...euh... je eux monter, en toute amitié évidemment, j'avais envie de discuter et comme je passais par là?"
Argh! c'est vrai que du 15e arrondissement où il habitait au 20e où je demeurais, il n'y avait que tout Paris à traverser...quel heureux hasard...
J'étais particulièrement lasse ce soir là de notre petit jeu qui durait depuis trop longtemps et je n'avais aucune envie pour une fois de lui faciliter la tâche d'autant qu'il me gâchait la fin de mon émission...j'étais encore dans ces pensées, que la sonnette sonna déjà...il avait tenu 1mn 30 afin de faire croire qu'il avait effectivement monté les escaliers jusqu'au 4e étage, quel fougue en mon speedy gonzalez.
J'ouvris la porte et au lieu du baiser tumultueux dont nous avions l'usage , je lui flanquais goguenarde deux énormes bises bien claquantes sur les joues...en bonne amie.
Un peu désorienté me sembla t'il,  il s'assit sur le canapé.
Je lui proposais gentiment et innocemment un verre de coca light, il acquissa un peu troublé...il faut dire que j'avais laissé la tv allumée dans une cuistrerie bien étudiée et tout en étant fort civile et que je ne faisais surtout aucun geste ambigu qui lui permettait le moindre alibi ...
"-alors, comment vas-tu? c'est sympa d'être venu me faire un petit coucou, tu passais par là?
- euh oui, je me suis dit que tu dormais pas encore!
-non! tu as de la chance, je regardais cette émission...quelle nouvelles?
-euh... ca va...
-ah c'est bien.
-euh...
-oui?"
je le sentis rougir tandis que je découvrais chez moi une certaine jubilation sadique devant son malaise, attendant impatiemment de voir comment il allait se dépêtrer de cette situation où il s'était plongé lorsqu'il bredouilla ces mots désormais culte:
"euh, mais euh...est-ce que...en toute amitié...est ce que je pourrais te lécher les seins?"
j'explosais de rire n'y pouvant plus et taquine lui répondit en offrant mon corsage " bien sur Felipe, entre amis c'est chose courante, ça se fait bien sur"


j'étais également lasse de ces rencontres car je venais de rencontrer peu de temps auparavant un nouvel amant, lui régulier et qui pour la première fois allait vraiment compter dans ma vie: Frédéric
J'avais choisi Frédéric suite aux conseils avisés de mes amis sur un critère bien particulier : il était kiné et proposait des massages.

"Un kiné, tu te rends compte, ça doit être génial, en plus si ça marche pas il propose juste des massages relaxants et sensuels, c'est le pied!!!
-oui Roland, mais y a aucun descriptif sauf qu'il est kiné et motard, je crains le pire!
-mais non, tu t'en fous, pour te faire masser que demandes-tu de plus?"

Oui et puis j'allais peut être hurler sur mon lit un "born to be wiiiilde" tandis qu'il guiderait de ses mains expertes ma mécanique, aussi je lui proposais rapidement un rdv chez moi.

Le jour venu, je vis sonner un homme, au sourire timide et au physique quelque peu disgracieux....en fait, pour être honnête, il me semblait vraiment affreux et pour la première fois, je me demandais comment avec politesse l'éconduire...car là, non, vraiment je ne pouvais pas...j'avais devant moi un homme d'une bonne  quarantaine d'année, très gros avec des cuisses et un ventre énorme, quasi chauve malgré quelques épis, que dis_je quelques touffes se battant en duel suite certainement à l'usage régulier de son casque de moto, habillé de manière peu sexy, avec une sorte de kawé de moto, sans la moindre recherche apparente, prognathe, les dents se chevauchants très fortement et des énormes lunettes avec cul de bouteilles: dents atroces, gros, chauve et bigleux ca faisait beaucoup, merde!

Sauf que, sauf que suite à un soucis au lieu d'être dans un café, nous discourions sur mon canapé et que je ne trouvais pas sans être grossière une manière de dire: "non tu me plais vraiment pas, là  j'peux pas!"

Alors que je me préparais à lui annoncer cette nouvelle, il parlait avec une voix peu harmonieuse, m'expliquant qu'il aimait dans la vie la plongée sous marine et le vol en planeur....oui...oui...oui... Derrida, Proust, euh j'allais avoir du mal à échanger en plus, aucun goût en commun...bon fallait que je lui dise...car ça devenait de plus en plus difficile d'autant qu'il me disait qu'en me voyant il s'était dit " wow, mon fantasme ambulant" pourvu qu'il me demande pas "et toi? qu'as-tu pensé?"
"j'ai pensé: aie!"mais alors que j'allais m'élancer pour lui dire "désolée ca n' ira pas", je le vis me prendre la mais avec gaucherie, timidité, presque gêné et je fondis littéralement, pensant "oooooooh qu'il a l air tout embarrassé  c'est si mignon, je vais l'embrasser!" et je me penchais pour goûter à ses lèvres et pour la première fois, alors que le baiser devint de plus en plus profond, je découvris combien certains baisers sont sensuels et terriblement excitants.

Je sentis alors ses mains me caresser et sus qu'être kiné etait effectivement un critère de choix imparable...j'avais enfin quelqu'un d’aussi sensuel et tactile que moi mais lui avec un jeu du toucher qui m'embrasa rapidement pendant que moi aussi je parcourais, la libido cette fois-ci totalement éveillée,  ce corps qui m'avait tant déplu visuellement et pourtant si agréable à parcourir tactilement.

Quelle étrange  dichotomie entre mon rejet physique et mon attirance tactile pour lui . En fait, effectivement, au lit, sauf peut être pour les hommes dans certaines positions (le plaisir de la levrette fonctionne aussi surement par la vision du corps et le visuel joue également beaucoup), la vue avait parfois bien moins d'importance que d'autres sens, ainsi je découvris que si  en tant que critère esthéthique absolu, j'aimais les silhouettes élastiques, maigres, tactilement, il y avait un plaisir de la chair que je ne connaissais pas et appréciais particulièrement, de même que collé à lui, j'avais une vision excitante d'un corps morcelé que j'apréhendais plus facilement, j'allais bientôt découvrir que j'aimais son torse, la douceur de son corps, son odeur etc...

Puis, ce jour là, dans le canapé, n'étant pas adepte de certains faux semblants,  ma trajectoire dériva évidemment vers son entrejambe et là au ressenti du "paquet" que je percevais je pensais un wow! ça a l'air énoooorme... ce monsieur à d'autres surprises à me révéler ..

en effet! quelques minutes plus tard, je découvrirai fascinée que je n'avais jamais vu quelqu'un avec d'aussi grosses couilles et une aussi petite bite!

C'est ainsi que débuta  et de manière exclusive très rapidement , une complicité et une relation affective et sensuelle de plus de trois ans.