mardi 13 février 2018

bye bye Baby Doll


Bon! grâce à ma célérité intellectuelle et sa rare acuité, à ce stade, je commençais à avoir de sérieux doutes sur les intentions artistiques de mon si célèbre et si professionnel photographe  . Effectivement, je sentais bien une faille dans la logique académique à être couchée nue sur un lit avec un inconnu se mettant torse nu et dévoilant fièrement la  pilosité particulièrement dense de son torse.

C'est vrai que quelques mois auparavant un autre photographe avait eu la même supplique: se mettre ainsi torse nu mais la chaleur étouffante estivale et l'espace confiné avait visiblement motivé sa demande bien plus que la vison de mes chairs exubérantes. J'avais cependant refusé trop mal à l'aise de l'incongruité de la situation mais là, j’étais curieuse d'analyser la parade coïtale de mon illustre invité bien qu'un brin dépitée par son attitude.

Très souriant et continuant à me cribler de clichés, il me demanda presque timidement s'il pouvait ainsi monter sur mon lit, m'enjamber pour mieux faire des photos en plongée...Bien sûr et d'ailleurs pour plus de commodités quitter le pantalon serait mieux. Je répondis un brin ironique "certes et le slip aussi"  ce à quoi sans sourciller monsieur Paul se dépêcha d'opiner...

C’était tellement convenu et tellement évident, ma vexation était intense: qu'il puisse me prendre pour une telle idiote pour ne pas comprendre , mais lui tout à son fantasme de se taper une grosse restait 1er degré sans sourciller.
D'ailleurs, avec un contentement évident il me dit "tu attendais hein! ça t'excitait? je voyais bien que tu mouillais"...tiens? le ton vieille France avait été raboté quelque peu,
"- je vais t'enculer", j'étais franchement surprise qu'il n'ait pas rajouté salope à ce stade-là.
Ok! mettons vite un préservatif sur son médiocre appareil déjà au garde à vous.
 J'étais calme, désabusée de la situation que je jugeais pitoyable, toute à mon observation de mon fébrile invité , lui visiblement extrêmement satisfait de la situation

Adieu toute trace d'aristocratie lorsque tout de go il me demanda d'un air égrillard si je n'avais pas quelques jouets pour compléter et pimenter la scène. Une double pénétration? bien sûr! pour entamer une relation sexuelle, à froid ainsi? mm quoique même si lasse de la scène, l’appétit venant en mangeant, je dois bien avouer que plutôt que de subir telle une vache impassible l'assaut de mon entreprenant fermier, je comptais bien profiter de ce plan cul hard qui m'était si curieusement offert...
Le désir des autres, de l'autre a toujours été mon aphrodisiaque préféré et ma principale nourriture pour pâturer les prés d’Éros alors, après quelques semaines... voire plusieurs mois d'abstinence, j'étais prête à tester et subir les assauts de mon taureau en rut...mais si mes seins ballottèrent trois fois ce fut un  grand exploit car moins de 30 secondes plus tard , mon photographe s'exclama puissamment de plaisir tandis que moi,  j'étais tentée de demander quand allions-nous débuter ces fameux ébats.

Bien sûr, aucune surprise lorsque souriant il rajouta une fois sa respiration reprise, sans nulle transition: " bon ma puce, c' était super mais il est tard, il faut que j'y aille"
- Ma puce? On ne se connait pas , tu viens de vouloir m'enculer et tu m'appelles ma puce? ok !!!
"- On se voit bientôt bébé?"
Rideau.




Argh! décidément toute la sémantique ringarde était au RDV.
Le soir même je vis que notre photographe avait une page facebook et fis aussitôt une demande, curieuse, ce qui engendra de sa part, le lendemain un coup de fil fatal:
"- Bonjour c'est Paul, comment allez-vous? je ne vous dérange pas?
- Tiens? le vous est de retour ce matin? (dis-je moqueuse et souriante)
- je ne vous ai jamais tutoyer voyons; si? (eh bien si peut être quand tu m'as expliqué que tu allais m'enculer non?") 
Quelle belle bibliothèque vous avez?
-euh, Merci
- Je vous appelle pour vous dire que je ne peux vous accepter comme amie, voyez-vous c'est un peu professionnel mon profil facebook mais en revanche vous pouvez liker ma page de fans! je vous y encourage même!
 Je vous enverrai les photos et vous contacterai dès que je les aurais traité mais j'ai un peu de travail sur une exposition et peu de temps pour le moment pour faire le tri comprenez-vous?"
-Oui, je crois que je comprends très bien, je vous remercie de m'avoir prévenu!
-je vous en prie, vous avez décidément vraiment de très beaux livres"

Jamais aucune rencontre ne me vexa plus que celle de cet homme, quelle vexation pour mon égo et ma vanité, quelle leçon pour mon snobisme! Comment son halo de culture et de mondanité avaient caché le pire des cuistre. Par rage, je voulais ses photos, m'accrochant à ces clichés afin de ne pas voir seulement dans notre rencontre, le seul prétexte d'un fantasme sur des chairs avec lesquels habituellement, dans son milieu,  on ne joue pas.
Son attitude, son dernier appel furent une vraie gifle me renvoyant aux propos jamais oubliés de la compagne de mon ancien amant "en toute amitié"  qui s'était écriée quelques années auparavant, pleine de sarcasmes "c'est cette fille-là que tu vas présenter à tes parents"
Bonne à être une fan, à admirer mais surtout pas à côtoyer, même dans les réseaux sociaux...je le trouvai minable et était pleine de rancune envers moi-même de cette passivité qui avait encouragé son attitude et de mon enthousiasme initial devant son travail artistique.

J'attendis longtemps ses photographies, puis, au bout de quelques mois, je lui adressai un mail sans réponse, l'appelait...à force d'appels et messages, un an plus tard il intervint en me téléphonant et m'avoua avoir tout bonnement perdu son travail.

Il était désolé; Moi aussi, d'avoir une si jolie bibliothèque.




dimanche 11 février 2018

un filet troué



j'étais surprise, flattée, incrédule...était-ce ce photographe célèbre qui souhait me "shooter".
J'avais ses liens, son téléphone, tout semblait effectivement concorder. J'avais eu déjà la chance de poser pour des artistes talentueux et dotés d'une notoriété certaine mais une de mes passions que seule ma paresse refrénait était l'anthropologie, cet artiste-là avait voyagé et discuté avec une myriade d'ethnies, côtoyé les plus grands écrivains voyageurs de ce temps, avait une banque d'image incroyable et ce monsieur, si poliment me demandait de  poser pour lui...comment refuser alors que comme la grenouille j étais sur le point d'exploser de satisfaction.
Je l'appelai immédiatement et,de manière très civile, voici qu'il discuta assez longuement avec moi désirant faire des jeux d'ombres et de lumière sur mes courbes si possibles galbées par des bas résilles!

Bien sûr! aucun problème! Quand cela? ce soir? oops!
Très à l'aise au téléphone, je paniquai in sotto: je n'avais rien, aucune résille et devais juste courir du travail pour me laver ma crinière quelque peu défraîchie, me maquiller et trouver des bas.

Une demi heure pour trouver des bas, je n'avais même pas le temps de reproduire mon parcours rituels des toilettes à la douche...je devais trouver des collants et surtout des bas! j'en avais quelque part! des résilles! alors à 10 mn de son arrivée, je testais une combinaison résille...comme gigot ficelé le résultat était assez intéressant et je soufflais enfin .



Mais, un éclair de compréhension vint soudain embué mon calme relatif : mon aimable poitrine me cachait un élément essentiel que je sentis au bout de quelques minutes, un élément troublant et quelque peu embarrassant...la combinaison était aérée!!! Mm certes par les résilles mais aussi par un vilain trou peu gracieux quoique pouvant s'avérer très utile au niveau des parties génitales.

Je ne pouvais garder cette combinaison érotique mais ne rien mettre allait décevoir le grand homme, je la gardai donc en dessous de ma jupe et mon chemisier, puisque c était les jambes qui semblaient l'intéresser, le monsieur ne verrait que du feu... d'ailleurs la sonnette tintait déjà et je n'eus que le temps de mettre mes talons et tituber vers la porte d'entrée pour vous apparaître un Danny Boom ou son sosie, très souriant, très à l'aise presque mondain entrer d'un pas vif dans mon vestibule.

Il ôta son manteau et fonça devant ma bibliothèque surpris et très admiratif de son contenu...je n osais parler de peur de croasser de plaisir et de vanité mais n'explosais pas, non! je diminuais et souhaitais me fondre dans les murs lorsqu'il me demanda d'enlever tous mes vêtements pour ne garder que mes bas...La nudité n'aurait pas un problème mais l’ambiguïté ou la non ambiguïté de ma combinaison m'obligea à avouer ma gène avec une voix de toute petite fille! Mon filet avait un trou et c'était bien le nœud du problème.

Il rit, ce mec était décidément super sympa et me rassura "génial c'est exactement ce que je souhaite" (ah bon?) et nous commençâmes le shooting.

Oh! je n'avais pas besoin de prendre des poses, car il vint à quelques centimètres de moi prendre des photos de ces jeux d'ombre et de lumière...il me montra quelques photos, je vis surtout des monochromes noirs mais lui semblait extrêmement ravi et décidément très très proche de moi...trop proche de moi!

Certes, je comprenais bien que c était des plans serrés mais assise sur mon fauteuil j'avais quand même les seins à 2 cm de sa braguette et tandis qu'il me mitraillait je perçus un changement dans son attitude, son débit de parole également s'accélérait étrangement.

Je fus soulagée de quitter sa proximité et de m'extirper de mon siège lorsqu'il me demanda si nous pouvions faire quelques photos dans la chambre...mais si je respirais lui peut être moins car malgré les 15 degrés résiduels de mon appartement, Paul venait de retirer son pull "pour plus de commodité".