dimanche 16 novembre 2014

L'effet impulse!

Devant le SMS de séparation je demeurais hébétée...voici que je revivais trois années plus tard le même échec ressenti à celui insidieux qui s'était insinué en moi  après la perte du cocon de mon couple. Cette fois-ci  disparaissait à son tour la part de romanesque dans ma morne existence! deux jours avant les vacances et mon enfer brûlait et réchauffait les braises de la chaleur suffocante estivale ... j'étais au bord de la crise de nerf et faisant fi de mon célèbre orgueil je l'appelais et pleurais sans retenue sur son répondeur refusant cette séparation, demandant sa grâce, promettant de faire mille et un efforts...et voulant surtout une réelle discussion...le sms était un médium si minable. Il n'y a certes pas de belle séparation et mon amant était un maître des faux fuyants...mais un texto me paraissait si glacial, je ne pouvais le concevoir après deux ans de relation intense... tandis que je déversais mon ru de larmes, le téléphone se mit enfin à sonner, juste un autre texto: "Ça va amour? peux pas parler là mais j'ai une surprise qui va bien vous amuser".
Typique...laisser mijoter la petite Busty aux lardons et mangez-là andante, vous verrez combien sa chair sera tendre!

J'attendais donc son appel rassurée et un brin gromellante in sotto m'obligeant à ne pas devenir hystérique quand il téléphona enfin...avec un ton débonnaire, comme si nous n'avions pas failli nous séparer ce jour là , il m'annonça avoir une amie enfin une ancienne maîtresse qui rêvait de vivre une expérience avec une femme...il lui avait alors montré mes photos et elle voulait absolument me rencontrer.
Ça me rappelait vaguement quelque chose et je ne débordais pas d’enthousiasme à réitérer mon expérience avec encore une fois "une dame si bien", grande spécialiste de la pipe.
Mon amant jubilait : " mais non , je sais , je n'allais pas vous faire ré-endurer cela chérie, non ,non...rassurez-vous,  je lui ai dit que vous étiez une maîtresse BDSM!"

Comment? moi qui étais confondue de culpabilité et tétanisée à la peur de blesser quelqu'un je devais jouer le rôle d'une dominatrice et avec une femme qui plus est. Oh j'avais bien quelques amis libertins et spécialistes du genre mais je me voyais mal leur demander des conseils pour à jamais me décrédibiliser.
Milieu passionnant mais où l'auto dérision ne fait pas forcément des pré requis, je préférais éviter la susceptibilité de mes amis ne souhaitant pas qu'ils sachent que j aller endosser un rôle de mascarade, de tartuffe pas forcément glorieux mais...comment résister lorsque le grand tentateur sous les traits de mon amant désirait profondément quelque chose. Bien sûr, il avait su encore une fois me convaincre sans que je comprenne véritablement comment...quand à notre dispute d'un ton léger il me déclara "oh c'était juste un bluff, je savais que cela allait vous faire un électrochoc et que vous seriez ensuite dévorée de culpabilité, mais amour ces derniers jours vous avez été quand même un peu pénible"

Bref, la dame s'appelait Véronique et avait entretenu avec "Stéphane" (la énième identité choisie par mon amant ) une relation épisodique et amicale, bien sure bien avant que je le rencontre, et comme un hasard providentiel quelques jours auparavant ils avaient discuté sur le net, l'idée avait alors germer dans son esprit lorsqu'elle lui avait confié être tentée par une expérience saphique et du coup, il avait alors arrangé le RDV, me sachant en congé dans le but fantasmé de la filmer sans qu'elle en prenne véritablement conscience pour laisser une trace de ce glorieux moment. Bien sur elle était d'accord m'assura t-il et cela ajouterai un épisode à sa grande collection de films amateurs x ...j'appris ainsi à cet instant que j'étais déjà l'objet d'un film hélas de très mauvaise qualité (mais bien sur j étais d'accord?)

Nous mîmes donc des caméras dans la chambre et je m'habillais le jour J avec fébrilité d'une guêpière rouge et noir du plus bel effet, peignait les ongles et ma bouche de rouge vermillon et ma crinière dans une chignon strict, des bas résilles et des chaussures à talons aiguilles rouges venaient compléter "mon déguisement", je paradais enfin allongée sur mon lit tenant à la main un martinet en cuir et attendant ainsi la gueuse.


Maîtresse Busty était née! Adieu mes tendances nettes à la soumission, puisque je n'avais pas trouvé de dominateur ni de maître, j'allais pouvoir incarner un moment mes fantasmes et les tester sur Véronique.

Celle-ci était en retard : mon amant reçu ,en effet, un SMS lui annonçant un peu de retard et une forte angoisse et excitation. J'appris alors que "Stéphane"  lui avait annoncé que : "Maîtresse Busty" était une femme très dure et sévère qui avait beaucoup d'expériences en ce domaine et avait accepté de Stéphane sa requête par amitié pour lui s'il servait de maître de cérémonie. Il lui répondit d'ailleurs par texto que j'étais fort marrie de ce contretemps et la punirait comme il se doit pour son outrecuidance.

Ben voyons on était dans le BDSM comme deux gosses jouant à Dracula le jour d'halloween... si elle avait deux sous de jugeote elle exploserait immédiatement de rire et nous serions totalement humiliés.

Heureusement ce ne fut pas le cas!


1 commentaire:

abdelhamid a dit…

Ça chauffe de plus en plus. La plume est parfaite. Le personnage est bien construit. Ne cesse jamais d'écrire