samedi 9 août 2014

Une dame si bien ou les triplettes de Belleville

(attention certaines scènes imaginées par l'auteur sont susceptibles de heurter la sensibilité d'esprits chastes...ce blog se veut interdit aux moins de 18 ans...)

Je ne comprenais pas comment avais-je pu me retrouver dans cette affaire tandis que fébrile je m’habillais pour le rdv que je DJ m’avait concocté au fessart, en ce mois de septembre.

DJ était mon amant depuis un an suite à une longue correspondance sur le site de size acceptance que je modérais bénévolement. J’étais très amoureuse de lui et également très reconnaissante car après la douloureuse séparation d’avec mon compagnon, dans une période peu réjouissante professionnellement et très anxiogène, il avait été ma bulle d’oxygène pour ne pas couler corps et âme.

Je pensais ne plus jamais aimer. C’était trop douloureux, trop absolu et  bien peu en accord avec mon stoïcisme face à la douleur qui atteignait le remarquable record du zéro absolu.



J’étais douillette et n’avais pas du tout apprécié ce sentiment de vide que procurait la séparation d’un couple…je me sentais vampirisée sentimentalement et marchais comme un zombie jusqu’au jour où je reçus les lettres amusantes, spirituelles, valorisantes d’un certain DJ. 

Je me laissais alors aller au jeu de cette correspondance et de cette rapide complicité épistolaire sans me rendre compte que je me mis de plus en plus rapidement à consulter mes mails messages du site à chaque réveil et ceci plusieurs fois par jour tel un toc, de plus en plus fébrilement, dégustant pour la première fois, la chaleur de cette valse des mots doux et de sa vertu hautement romanesque.

C’est ainsi que quelque mois plus tard, apeurée, et effrayée je vis sonner chez moi cet homme, dont on m’avait pourtant fortement déconseillée la fréquentation car il aimait soi-disant à détruire ses conquêtes  et les collectionnait tant et plus.

Rencontre étonnante de deux solitudes. Je vis apparaître un homme à l’aspect peu significatif malgré sa grandeur, qui observait bien plus mon habitat que mon apparence et ne parlait pas. Tandis qu’il s’asseyait je ressentis alors la curieuse impression de me retrouver dans un épisode de Maya l’abeille et de boire le thé avec Mme la mante religieuse… J’hésitai entre un saurien ou un insecte en sirotant dans un silence oppressant mon coca light quand cet homme soudain se tourna enfin vers moi et sans un sourire m’embrassa  passionnément en m’attrapant la tête avant de me culbuter dans des grognements bestiaux que je n’avais jamais entendu et qui ne me laissèrent pas indifférente.


S’ensuivit une relation et un amour croissant mutuel tandis que je fermais joyeusement les yeux sur ses (éventuelles) frasques, maîtresse oblige et je découvrais souvent le sentiment peu glorieux de jalousie du fait de son excellence à manipuler l’art courtois et de la superbe de sa verve mêlée à une fausse componction sucrée … 

Un an après nos premiers ébats, mon don juan vétéran me déclara un jour connaître la reine de la Pipe. Une femme extraordinaire qui excellait dans l’art de feller, comme aucune personne rencontrée et cela en dépit de  sa très grande expérience. 

C’était une de ses amies de vieille date, un brin plus âgée, très élégante qui suite à un veuvage précoce était devenue gouvernante dans les hautes sphères.

Tandis que je grimaçais déjà à l’amertume de ressentir l’enthousiasme de mon amant pour cette grande dame, celui-ci, grand seigneur me proposa alors de la rencontrer car elle pourrait ainsi m’enseigner son art et de surcroît en splendide cadeau d’amour me permettait de combler un de mes fantasmes le trio !
Je crois que mon amant avait curieusement négligé le fait que mon fantasme de trio était plutôt avec deux hommes que l’idée de le partager surtout avec une si grande experte de l’art oratoire.
Je n’étais pas en outre particulièrement excitée par la gente féminine. Mon ancien psychiatre avait beau un jour avoir parlé de ma bisexualité psychique, le mot psychique était loin d’être négligeable et prenait toute son importance car si embrasser la gente féminine ne me dérangeait a priori pas, je me voyais guère rendre hommage à son autel de vénus…mais, à bien y penser, elle pouvait elle a contrario –si elle le souhaitait – venir déguster les manifestations de mon plaisir, d’autant que j’appréciais particulièrement ce genre de caresses linguales en revanche il était hors de question que je fasse de même ! 

Pour être claire je fantasmais sur les bites, non sur les cons !

Bien sur, après avoir égrainer moult réticences, j'avais fini par céder, dévorée par la curiosité envers cette femme qui provoquait chez mon amant un tel sentiment d'admiration. J’étais donc ce jour-là assez angoissée de cette première expérience, manquant singulièrement de confiance en moi tandis que je cherchais, en retard à m’habiller le plus sexy et classe possible…pour une fois  je serai en talons hauts, bas Yves St Laurent et une robe sexy assez sobre en dentelle noire avec des dessous sexy de la même couleur…je finissais mon maquillage lorsque le téléphone sonna et DJ m’avertit qu’il était arrivé et était à m’attendre, dans l’appartement de ses parents (évidemment absents) avec « Michelle ». 



Il me fallût un certain temps pour ne pas dire un temps certain avant de terminer mon maquillage que je voulais assez poussée, mon amant aimant les femmes féminines (doux euphémisme pour dire fardées lourdement). Après avoir tenté une dizaine de fois de poser mon eye liner et ressemblant de plus en plus à un raton laveur,  je me dirigeais vers son appartement, la démarche aussi élégante que celle d’un camionneur transsexuel de l’ex Allemagne de l’est…décidément le talon et l’escarpin n’était mon ami. Arrivée tant bien que mal devant la porte de l’appartement, je sonnais le cœur battant et me demandant pourquoi j’avais accepté une telle rencontre...Quelle curiosité stupide de ma part! Je pouvais peut être encore faire demi-tour?


Hélas, la porte s’ouvrit et mon amant m’ouvrit avec le plus doux sourire que je ne lui avais jamais vu et dans ce vestibule m’embrassa longuement dans une étreinte d’une rare tendresse qui m’aurait laissé bouche bée si celle-ci n’avait pas été occupée par un baiser passionné. Non de Dieu, disparu mon lézard à sang froid, habituellement si flegmatique …j’étais abasourdie DJ venait de m’offrir…un câlin ? Aussi inconcevable que mister Spock chantant la sérénade dans un gondolier à Venise. Je me sentais chavirée par son sourire si doux lorsqu’il me susurra : « Prête ? »

« Euh…Prête à quoi ? Au champagne avec un anneau dans le verre ? Une rose entre les dents ? Ah non…ca y est…je me rappelais…prête à rencontrer la reine de la pipe ! »

Main dans la main, nous traversâmes ce palier pour entrer dans le salon et si je m’attendais à découvrir une fanny ardent à la sensualité troublante , c’est celui de sa camériste que mon regard rencontra …en fait une vielle dame souriante, en tee shirt décathlon défraîchi et legging du même acabit, me souriait, enfoncée dans un fauteuil, buvant un grand verre de mauvais mousseux quasiment fini…Mais que faisait le sosie de Rose, l’ancienne bonne de ma grand-mère chez DJ ?

Je compris alors avec désarroi mais un certain soulagement que cette dame au visage marquée et à l’air avenant qui me tapait la bise en se présentant, très à l’aise, était la fameuse Michelle. 

Du fait de l’encombrement de la pièce, nous étions face à face engoncées chacune dans un fauteuil de cuir tandis qu’au milieu trônait le mâle sur un canapé. Il me regardait indécis, se demandant comment j’allais réagir d’autant que madame turlutte venait déjà de lui posait la main sur la cuisse. Il la réprimanda gentiment, lui disant que nous avions tout le temps et que nous n’étions pas des animaux l’air un peu gêné (et si charmant) tandis que j’observai la scène un brin tétanisée … je me sentais comme souvent très étrangère à la scène comme visualisant une scène de cinéma, en hologramme. Ce remake de la "Maman et la putain" d'Eustache ne me semblait pas très bon malgré la séduisante doublure de Jean-Pierre Léaud...impossible de zapper si ce n'était dans la vie des bêtes.

Conscient de mon mal à l’aise et connaissant également ma timidité, DJ me prit alors la main et pour une fois me tutoya en murmurant doucement : « viens », j’obéissais et nous commençâmes par nous embrasser passionnément sur ce canapé, allongés, quand l’autre présence vint nous rejoindre, elle me caressa à son tour le visage et me détourna de celui de mon amant pour à son tour m’embrasser avec avidité…son baiser, à défaut de véritablement m’exciter, ne me laissa point indifférente… elle embrassait bien la bougresse…vraiment bien car malgré une odeur âcre de transpiration, je commençais à m’ abandonner, d’autant qu’à deux ils avaient déjà ôter ma robe et dégrafer mon soutien-gorge, ils palpaient et commentaient ensemble mes seins tels les bouvard et Pécuchet de l’échangisme… « Ils sont drôlement lourds  dis-donc», « elle fait du 115h, tu sais » « ohlala, j’ai jamais lécher de tels seins » « superbe » « elle les a super sensible ! Regarde ! » « ça doit lui faire mal au dos »


La madame à gros nichons aurait bien protesté qu’elle était présente parmi eux mais le fait d’être ainsi téter par deux bouches m’avait mis en émoi et l’érection de mon amant venait d’attirer mon regard et attiser mon désir…tandis que Michelle sortait tel un magicien un godemiché aux dimensions irréalistes de je ne sais où pour honorer mon humble personne, je préférai fuir mon regard pour goûter avec délice à la virilité turgescente de mon amant…si la dame - si bien - si élégante - avait une odeur quelque peu défraîchie, je fus étonnée de découvrir que l’intimité de mon amant, lui, sentait étonnamment l’amande ! En fait, le savon à l’amande ! c’était curieux vu que ca faisait au moins deux heures qu’il avait quitté son antre… tandis que j’ahanais sous les coups un brin brutal de cette bonne dame et de son jouet magique en m’acquittant d’un devoir linguale, je compris soudain qu’on ne m’avait peut-être pas tout à fait attendu pour jouer et que la reine de la pipe avait déjà avidement démontré ses prouesses à mon amant tandis que, auparavant, je me fardais et me préparais pour les retrouver…ma demi-heure de retard n’avait pas été perdue pour tout le monde. 

Je me sentais un peu vexée et n’appréciais guère cette découverte car j’avais l’amer sentiment d’être flouée, si à 3 je ne me sentais point jalouse puisqu’incluse dans le jeu, et l'intrus, le sex toy à pattes était censé être la dame si comme il faut or le fait que mister yeux si doux ait balancé sa purée à cette bouchère qui était en train de transformer à grand coup de massue  mon vagin en gare internationale m’exaspérais… merde ! Ils avaient été donc incapables d’attendre 10 mn sans que l’autre harpie lui ait déjà sauté dessus ! J'étais non pas jalouse mais particulièrement agacée, nous avions décidé une certaine fidélité malgré notre relation adultérine et dans cet apéritif à deux qu'ils avaient dégusté je ne goutais qu'à l'amertume de la lie...Michelle aurait du être la pièce rapportée pour épicer notre couple et dans cette dégustation andante, je m'apercevais que même si au centre de leur attention, dans ce jeu c'était finalement moi qui incarner la poupée gonflable.

Je pestais intérieurement, restant coi, trop tard ou trop tôt pour émettre le moindre grognement et maudissait la pompière. Cette dernière venait enfin d’arrêter de m’écarteler après avoir déclaré tout de go, avec une satisfaction évidente et un certain étonnement  « oh, mais c’est qu’elle prend tout hein, quand même, elle prend tout… » …cri du cœur qui venait d'achever de me mortifier, mon côté vieille france se rebiffant devant cette familiarité obscène quand subitement, avec un appétit jamais connu, elle se mit à me lécher…il y avait quelque chose d’écœurant dans cette caresse tant cette ogresse y mettait du cœur à l’ouvrage mais…ce n’était pas désagréable…en toute honnêteté cela commençait même à me faire grogner bien autrement que précédemment toujours sous l’œil enamouré et excité de mon amant félon …j’allais jouir quand elle s'arrêta d’un coup…ah ! Non !  Pas maintenant ! Ô frustration ultime ….décidément je la détestais cette ograsse tout cela pour me remplacer à l’art de la pipe et remettre devant moi cette fois-ci  le couvert avec mon bien aimé…ma foi…j’observai avec intérêt cette infatigable travailleuse qui effectivement y mettait une rare énergie quand elle me dit avec autorité voire sévérité  « eh bien ? Qu’attends-tu ? Rejoins-moi ! Aide-moi ! »

Bof ! Non, je n’aimais pas son ton dominateur  et je commençais en avoir assez ne me sentant pas à ma place et  je préférais regarder avec distanciation, visualisant après 30 millions d'amis (enfin 3 suffisait amplemen) un programme crypté de canal +:  c’est avec un réel amusement que  j’observais ces caresses et le service impeccable de la goulue même en tant que calice lorsque abreuvée du plaisir de mon amant…

Celui-ci, repus, avec un sourire ironique me regarda, et en me caressant gentiment le sein  me dit « vous savez que Michelle a une autre spécificité…c’est une femme fontaine…voulez-vous découvrir ce spectacle très chère ? »
Certes, j’avais toujours été curieuse de ce phénomène et un brin dubitative, tant qu’à être voyeuse, bien sûr que je voulais découvrir cela. Tandis que j’opinai silencieusement, il sourit et me dit « après tout, elle s’est démenée pour notre plaisir, il me parait de bon ton de lui offrir une récompense »


Nous nous dirigeâmes alors dans la salle de bain et dans une lueur un brin saumâtre, je contemplais cette dame âgée, au physique pour moi si déjà marquée par le temps, recevoir debout dans la baignoire, sans ménagement, avec la main de mon amant, des caresses jusqu’à ce que dans un long râle jaillisse sa source…à l’odeur pensais-je fascinée et un brin écœurée, sa fontaine n’était pas uniquement composée d’eau ferrugineuse…et le champagne bu auparavant abondait dans sa jouissance mortifère.

De retour dans le salon, je me sentais vidée de cette expérience… ne sachant pas encore si je devais la considérer comme amusante ou déplaisante… non déplaisante n’était pas le mot mais je n’avais pas su composer réellement une complicité de trio …je m’étais laissée faire, soumise comme souvent, avais su apprécier certains moments mais pas pu créer une complicité avec cette femme pourtant aimable… je me sentais un peu déçue d’être si engoncée malgré les caresses et sourires aimants de mon cher et tendre lorsque Michelle revint de la salle de bains. Habillée, elle finit son verre de mousseux, puis sans autre forme la bouteille et elle me demanda alors si mon poids n’était pas trop handicapant et si je n’avais pas songé à un régime…que je devrais peut être faire plus attention à ma manière de m’alimenter et combien il était important de manger sainement…charmant ! Madame vieille peau avec qui je venais de baiser et que je ne connaissais pas m’offrait en guise de mignardises des poncifs sur les risques de l’obésité…devrais-je à mon tour lui retourner la politesse en lui parlant des très bons déodorants, crèmes anti rides et évoquait avec elle ses visibles problèmes de fuites urinaires ?

Roland explosa de rire lorsque je lui contais cet épisode et le « elle prend tout ! Quand même ! elle prend tout hein » avec une voix de fausset devint une de nos plaisanteries favorites… je pensais que ce semi fiasco serait mon unique expérience….d’autant que DJ fut un brin désappointé que je ne puisse considérer Michelle comme une dame chic et d’un certain rang et n’y voit qu’une vieille dame affamée …je pensais donc m’endormir sous mes lauriers …c’était sans compter l’esprit inventif de mon amant et ses superbes surprises...car un an plus tard, j’entendis au téléphone la voix de mon tentateur préféré me demander si une expérience comme domina avec une soumise m’intéresserait... il connaissait une dame très bien…