lundi 30 septembre 2013

Du canon à la grosse Bertha!

Mon amie Cassandre, peu de temps après le départ du kiné vers de nouveaux horizons, me téléphona afin de me remonter mon moral en berne et accessoirement de me servir d'entremetteuse. Je connaissais ma grande copine d'un site de size acceptance, le Pulpeclub, où j'avais eu un coup de coeur amical pour cette demoiselle aussi vive d'esprit que drôle et libérée et nous discutions de tout sujet sans aucun tabou en les ponctuant généralement de grands éclats de rire.

De fait, ce jour- là, elle m'appela toute émoustillée pour me concaincre d'aller boire un verre - en toute amitié évidemment -  avec un de ses bons copains du fameux site...un certain Jonathan qui souhaitait pouvoir me rencontrer...  Pas trop méfiante, quoique réticente du fait de ma timidité et de ma tendance à vivre en ermite, goutant à la quiétude de ma solitude pour déroger à ma routine, j'acceptais néanmoins de guerre lasse cette proposition à force de "tu verras, il est super sympa" ponctuée des gloussements de mon amie.

Quelques jours plus tard, je me dirigeais donc, en fin d'après-midi , vers un café au bord du canal de l'Ourc, pour rencontrer ce jeune trentenaire...je découvris en terrasse un  visage débonnaire qui me souriait d'un châleureux sourire et dont la mine me rappelait étrangement Pierre Perret du fait de son nez en trompette, et en dépit de son métissage battave camerounais du plus joli effet.

J'avais devant moi un  bel homme  doté d'un beau sourire,d'un air mutin et gourmand, impression renforcé par sa petite quinzaine de kilos en trop.
 Il sirotait une bière et se leva joyeux pour m'acceuillir. Je commandai à mon tour un casanis afin de l'accompagner à l heure de l'apéritif et me donner du courage. Inutile dopage car nous conversâmes rapidement comme deux bons amis....j'aimais son esprit vif et taquin et son aisance relationnel matiné de don juanisme...le jeune homme était un fieffé dragueur mais si drôle que je ne me formalisais pas de ses tentatives appuyées de séduction.
Je restais sage n'ayant absolument ni le coeur ni la tête à cela et après deux heures de rires et discussions diverses et variées notamment sur nos recherches infructueuses de boulot: lui en tant que journaliste et moi en tant que libraire nous prîmes congés avant de nous promettre de se retrouver quelques jours plus tard à la piscine, afin de se motiver ensemble pour perdre quelques grammes.

Dès mon retour chez moi, le téléphone ne cessait de sonner, Cassandre hilare m'appelait car... j'avais fait forte impression à jonathan...mais surtout en tant qu'alcoolique!

Ouch! Juste après mon départ, il avait appelé mon amie pour lui avouer consterné que j'étais très bien, selon ses critères, mais quel dommage que je sois alcoolique...stupeur de mon amie Cassandre lui demandant les raisons de sa spéculation...la bougresse avait juste oublié de le prévenir de mon petit désordre neurologique qui fait trembler naturellement mes mains telle une parkinsonienne, particulièrement spectaculairement ce jour-là, du fait de ma timidité. Aussi, notre Sherlock Holmes, m'entendant commander mon petit jaune comme un soda et nonobstant mes origines sudistes justifiant ce choix d'apéritif au lieu de l'horrible houblon qu'il ingurgité, avait donc diagnostiqué  chez moi à une grande addiction pour la divine bouteille.


Errare humanum est...je lui ferai  donc payer en le noyant à la piscine.

Ce fut, en fait,  le début d'une jolie complicité amicale et pendant plusieurs semaines, nous nous retrouvions tous les deux jours à la piscine ou au café à rire et discuter de tout. Un soir, son ordinateur en panne, je lui proposai de venir dîner chez moi et visionner ses éventuelles propositions de boulot. Tandis que ces dernières s'imprimaient, il se retourna vers moi avec son sourire éclatant et me demanda l'air de rien de danser avec lui. Mm... je me doutais bien que la proposition n'était guère innocente mais il était mignon, drôle, célibataire comme moi et j'aimais le sexe ludique simple et léger...Jonathan était le candidat idéal pour une amitié matinée de galipette me dis-je en me glissant dans ses bras pour notre slow improvisé...

Je n'eus guère le temps de m inquiéter de ma gaucherie pour la pratique savante de cette danse que j'avais fort peu pratiqué que sans surprise il m'embrassa. C était un baiser doux et sensuel...fort agréable et le deuxième plus impérieux commença à sérieusement m'émmoustiller d'autant que j'entendais la respiration de mon partenaire s'altérer...j'ouvrais les yeux pour voir mon copain avec un visage soudain figé, les yeux durs, me demandant d'une voix rauque, de me déshabiller....
"No soucy! jeune homme, je me déshabille",  lui était déjà nu révélant si je n'avais pas compris sa fébrilité, une évidente érection, je n'eus que le temps de prendre un préservatif qu'il me pénétrait, sans autre préliminaire que me pousser sans délicatesse sur le lit, et me retournait d'un coup de rein me projetant par la même occasion, la tête sur le mur... aie , ca faisait mal! à chaque va et vient d'une cadence de bourrin, je me cognais la tête et découvrais avec empathie ce qu'avait pu être les lancés de nains ou l'homme canon...



Mon taureau besognant soudain se mit à éructer un "tu es à moi, hein, dis-le que tu es à moi"...malencontreusement, l'oreille écrasée sur le mur et ma légère déficience auditive me fit rester silencieuse, ne comprennant pas un traite mot de ses gargarismes...je sentis alors une légère hésitation de mon partenaire qui me demanda plus hésitant: " dis que tu es une bonne salope et que tu es à moi"...
Arf, les hommes...ma foi, si y avait que ça pour lui faire plaisir...j'avoue que son trip dominateur mâtiné de vachette espagnole ne m'excitait pas trop, j'étais trop surprise et étonnée ni pour m'en offusquée ni pour ressentir le moindre émoi de mon mâle en action...aussi vu que j'étais déjà possédée, le malin vint naturellement inspirer ma réponse ...je répondais un "non", réitéré et n'en pouvant plus, j'explosais de rire...
Jonathan ne s'en offusqua pas et rit également. Dans une pause inopinée, il me regarda fassement sévère et protesta  " t'avais dit que oui"..."ben j'ai menti bien sur"..."ah salope, quelle salope tu es si j'avais su je t'aurais abordé bien avant " il m'embrassa, ...joua avec ma poitrine et...  ses yeux redevinrent vitreux...merde! le retour de mister Hyde et j avais pas de casque moto...je sentais que j'allais encore être projetée telle une pâte sur le mur...c'est bon! je restais collée, j'étais bonne à prendre et à manger.

Le lendemain je narrais tout à mon amie Cassandre hilare car elle aussi avait servi de femmes canon, et se rappelait ces fameux coups de reins et l'impression d'être à la fête forraine jouant au rodeo mécanique


Notre amitié ne résista pas très longtemps à nos relations même si épisodiques. Lorsque nous sortions à des soirées organisées par le site, je supportais mal de ne pas être la cible de son attention...narcisse et manque de confiance en moi obligent, j'ai toujours aimé être la préférée à défaut de l'unique ... le voir draguer alors que j'étais là me paraissait une faute de goût et un manque total d'élégance même si nous nous étions pas promis fidelité ni engagés dans une relation sentimentale. Parrallèlement,  nos rodéos s'espaçaient de plus-en-plus car me laissaient un goût profondément amer : malgré mes accointances avec le bouddhisme, je ne  raffolais pas trop du soutra : "t'es une bonne salope, hein? oh que tu es une bonne salope!" répétée systématiquement  une cinquantaine de fois tandis que je jouais aux auto-tamponeuses avec mes neurones contre le mur de mon lit...il m'en restait assez pour déplorer sa monomanie lexicale et me demander pourquoi  donc égrenner de telles évidences?