dimanche 14 juillet 2013

Silence! on tourne!

Après la déconvenue de Christian, mon zombie embaumé aux herbes de provence qui font rires, je restais dubitative sur mes rencontres sur le net, à chaque fois plus déconcertantes les unes que les autres.
Parallèlement, ma recherche d’emploi devenait difficile, la conjonction économique ne favorisait pas mes laborieuses recherches, mon profil artistique encore moins et mon physique débonnaire décourageait les plus résistants...il ne faisait pas bon d'être ronde dans un secteur où le paraître à ses lettres de noblesse, où le bouche à oreille prime souvent sur la formation académique.
Or, voici que sur ces entrefaites, une annonce titilla mon intérêt: il s'agissait d"un homme bien plus âgé que moi, Dominique, 48 ans qui était producteur à la tv et cherchait absolument à donner du plaisir à sa partenaire éphémère.

Qu'à cela ne tienne, je ne pouvais qu'encourager les âmes de bonnes volonté à relever leur karma afin d'éviter un cycle de réincarnation les transformant en cafard...j'allais apporter quelques degrés hiérarchiques à ce brave homme et l'élever à coup sur au moins au rang de mammifère et puis, peut être que cette rencontre amicale me permettrait d'avoir de précieux conseils dans l'univers des médias que je souhaitais intégrer à défaut de celui de l' édition.

Je me refusais de me qualifier de vénale, pour moi le gros mot absolue,  néanmoins cette indication détermina ma réponse autant que la félicité linguale énoncée et étouffa mes scrupules sur la différence d'âge.

Scrupule qui revint tambours battants lorsque je vis un homme grisonnant et déjà d'un âge certain à l'heure de mon RDV, face à l'église Jourdain, tandis que le glas sonnait la fin de l'innocence de la pureté de mon âme et  mon désintéressement.

C'était un bel homme, portant bien son âge, très BCBG old style avec son petit polo vert Lacoste bien repassé qui tranchait avec ma tenue un peu plus négligée même si pour l'occasion je portais talons, bas résilles et jupes droite, ainsi qu'un chemisier dont les boutons menaçaient d'exploser à chaque respiration...une épée de Damoclès vu que mon souffle semblait altéré par l'appréhension, accentuée par cette différence d'âge  de plus d'une quinzaine d'année qui me donnait l'impression de rencontrer mon proviseur ou patron.

"-Salut! Busty, je présume, Dominique" ...

Je commençais à ronronner ravie qu' il m'est reconnu malgré mes photos en plongée hautement flatteuses que je lui avais donné quand je vis que son regard semblait se focaliser sans aucune ambiguïté sur le territoire le plus vallonné de mon anatomie, celui-là même menaçant d'entrer en éruption quand le dernier bouton céderait devant la poussée de magma de dentelles de ma lingerie ce qui  ne devait tarder.
je souriais un peu embarrassée lorsqu' il continua, le regard toujours fixé effrontément "ouah ai acheté un pain au chocolat dans cette boulangerie, c'est dégueulasse comme ce quartier, j'ai failli tout jeter"

C'était quoi ce gros con?
 la boulangerie en question était la pâtisserie de l'église réputée à Paris et que signifiait le " dégueulasse comme ce quartier?"
je sentais poindre une animosité profonde et mon sourire en tôle ondulé se crispait d'avantage, tandis que nous cheminions vers la terrasse du café et qu' il jetait sa chocolatine dans une poubelle publique à mon grand désappointement.
 J'allumais ma clope et l'écoutait déblatérer sur ce quartier que j'aimais et sur lequel monsieur n'avais plus mis les pieds depuis plusieurs années et qui ne s'étaient pas améliorer et si loin du boulevard exelmans dans le 16e où il vivait...pensait-il m impressionner avec son boulevard exelmans? qui était un des endroits les plus mortellement ennuyeux que je connaissais de la capitale?
Oui visiblement, je devais paraître pour ce monsieur comme une charmante plouc de province avec l'accent chantant et avec mon petit pot de beurre j'allais voir mère grand et venait de rencontrer le vieux beau loup de producteur qui voulait tourner un remake xxl du dernier tango à Paris.

Je ressentais une profonde antipathie et me détestai littéralement quand lâchement j'opinais alors  lorsqu'il m'interpellait grossièrement  "bon, alors on est loin de chez toi, on y va" avec un sourire conquérant.

Merde, je voulais pas de ce gros con dans mon lit pourquoi avais-je dit oui? peut être que comme pour mon premier amant, Stéphane, la complicité naîtrait à l horizontal mais j'en doutais sérieusement tandis que je le voyais sans la moindre gène, se défaire dans mon entrée de ses vêtement pour s'allonger sur mon lit... au moins je savais pourquoi il était venu!

Je fis de même et commençait à l'embrasser et le caresser dans une relative indifférence. Il avait un sexe énorme qui m impressionnait autant que ses poils pubiens gris et la différence d'âge contribuait à mon malaise...il me poussa la tête vers son braquemart et je compris que si monsieur songeait à mon désir je devais d'abord m occuper de lui mais comme au bout d'un moment, je le sentais se durcir et se tendre dans ma gorge, je me retirai en l'avertissant de mon désir qu'il se contrôle et que cela ne reste que des préliminaires...

il me regarda moqueur et me demanda pourquoi.
"-parce que je veux pas recevoir ton foutre dans ma gueule, connard" me semblait une réponse claire mais peut être pas adaptée aux circonstances et qui refroidirait pour le coup certains élans, du coup je la modulais tandis que je le sentis soupirer et qu' il me dit de revenir vers le devant du lit...j'obéissais docilement et à son tour il descendit vers  mon sexe , m'immobilisa mes cuisses et se mit avec soin voire délectation à valider al véracité des propos de son annonce, je m'abandonnais au bout d'un assez long moment au plaisir presque mécanique clitoridien pour jouir sans grande conviction.




je fis un mouvement pour me défaire de ses bras sur mes jambes mais à ce moment là il me maintenait et continua à me lécher, cela devenait douloureux tant j'étais encore crispée de ma jouissance et j avais beau dire non il continua ainsi son ouvrage, je ressentis cela comme une vraie agression mentale alors que j'essayais de me détendre...cet inconnu soudain me faisait peur, ses bars immobilisant mes jambes avec force encore quelques minutes...voyant que j étais inerte et ne faisait aucune démonstration de faux semblant, il abandonna avec sourire, pour me caresser les seins...il m'expliqua qu' il en voulait pas jouir car profiter de moi encore quelques heures...et merde! je m étais foutu dans de sales draps avec ce con!

je souriais dans un mauvais bluff en lui disant que c était dommage car ma sœur venait me retrouver dans une heure, que nous pourrions réitérer l'expérience... il se caressa alors, usa de mon corps comme réceptacle et partit ensuite sous la douche sans un mot, d'un pas félin.

je me sentais souillée et salie pour la première fois dans ce genre de rencontre et profondément mal à l'aise.
Tellement soulagée de son départ. Si certaines rencontres s'étaient auparavant pas très bien passées, celle-ci fut celle qui me fit le plus peur.

J'avais honte de ne pas avoir dit non malgré mon antipathie, de ne pas avoir non plus su faire respecter mon non dans nos ébats après ma jouissance ...ces quelques minutes en trop où il refusa de m'écouter m'avait tellement déstabilisée, j'avais ressentie la violence de sa totale non écoute, de sa domination physique, de m'user au final juste comme une poupée inerte et impuissante comme une quasi agression...il ne me donna jamais plus signe de vie à mon grand soulagement...silence on tourne peut être mais sûrement pas on y retourne car il y avait absolument rien à voir dans ce bromure émotionnel et physique de monsieur Exelmans.



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