dimanche 28 juillet 2013

le phallus photographique

Cela faisait un an que je portais le deuil de ma relation avec mon compagnon.

Nous nous étions rencontrés peu de temps après le départ géographique du kiné. Tout nous opposait et il était aux antipodes du compagnon dont je rêvais: bien plus jeune que moi de plus d'une décennie, une situation relativement précaire et une franchise ou un  manque total de tact total que compensait en partie sa grande gentillesse..
.
D'un rdv se voulant éphémère nous vécurent deux ans de grande plénitude et complicité...mais notre amour se traduisant par une grande tendresse quotidienne et notre omniprésence journalière (très rapidement nous fûmes tous les deux momentanément sans activité salariale et cloitrés ensemble dans 29m2) tua rapidement notre désir...

On ne désire que ce qui nous semble fragile, lointain, inaccessible...pas ce que nous avons à portée de mains or nous étions gorgés de tendresse, repus et devenus l'un pour l'autre des objets transitionnels -des doudous- dans une relation pérenne mais devenue infantile de bien être où l'érotisme demeurait cruellement absent.

Ceci plus quelques soucis plus existentiels, nous découvrîmes avec tristesse que parfois l'amour ne suffit pas et que le quotidien érode les plus jolies relations et nous séparâmes alors d'un commun accord... en tant que couple car géographiquement c était un tout autre problème et nous devinrent de curieux colocataires dormant dans le même lit et finalement à quelques coïts près vivant le même quotidien...quoique... quelque temps plus tard il rencontrait une jeune femme et vécu une passion charnelle dévorante avec elle.

Notre promiscuité et complicité fit que je ne ratais aucun détails de ce soap opéra qui déchirait silencieusement chaque jour un peu plus mon moral et ma confiance en moi déjà particulièrement fragilisée de cette rupture et de ma métamorphose due à un élargissement conséquent de ma silhouette provoquée par l'arrêt du tabac!

25kgs! ouch! faut dire que travaillant à ce moment là dans un grenier du centre des monuments historiques, à archiver sans enthousiaste...je compensais joyeusement mes soucis et mes compulsions orales par des montagnes de bonbons.
Je ressentais l'arrêt du tabac comme certaines femmes leurs grossesses...étant ronde je me surveillais depuis longtemps plus ou moins bien, du fait d' une culpabilité sur mes élans de gourmandise intense, de grignotage pour palier à mes angoisses mais là soudain, ô miracle, tout le monde semblait excuser cette boulimie de sucre du fait de mon tout nouvel état...
Arrêter du jour au lendemain 2 paquets de cigarettes par jour paraissait une raison suffisante, une justification à toutes mes envies de sucre...du coup je n'opposais plus de barrière, de verrou et me laissais entraîner dans une orgie de guimauves et fraises tagada!
Bien sur, un an après, d'être passée pour le quidam de personne ronde à gros seins à une obèse à seins énormes essoufflée, séparée de son compagnon, ne m'aidait pas particulièrement dans la foi de ma séduction naturelle... ni de mes atouts anatomiques quelque peu hors normes

L'expression que j'avais toujours trouvé ridicule de cœur brisé avait pris tous son sens et je pensais ne jamais plus être capable d'aimer ni ne le voulais, c'était trop douloureux et je me refusais à toute rencontre d'autant que ma libido semblait s'être aventurée dans les rivages de l’antarctique.. pourtant profitant d'un retour de vacances et d'un regain d'énergie, je retrouvais progressivement mon équilibre, la quiétude avait fait place aux larmes et mon ancien compagnon partant désormais tous les week end rejoindre sa belle, je me retrouvais enfin...

un jour, je tombai sur une annonce dans le site de size acceptance où je servais comme putching ball euh modéraricee essayant de tenir les rênes du site suite à la défection de ses légitimes propriétaires.  L'annonce était celle d'un homme cherchant des modèles pour les photographier...curieuse , je cliquai sur le lien donnant accès à son site et découvrit avec enthousiasme des photos un peu surannées qui me plurent instantanément ...j écrivis sous un coup de tête à cet homme, patrice, lui proposant mon humble personne pour servir à ses photos. Il me répondit immédiatement et me proposa un rdv dès le week end suivant.
Comble de chance, il habitait à 100 m de chez moi. Je n'avais en dehors de ma peur aucune raison de refuser et acceptais avec plaisir.
Revoyant ses photos 5 minutes plus tard,  je cherchais ce que j avais aimé en elles, mais décidai malgré tout de continuer l'aventure, enfin un micro événement dans mon quotidien assez morne.

J'avais adoré poser pour Roland ainsi que pour Velvet une copine de size acceptance modèle et photographe qui m'avait un jour demandé si je voulais poser pour elle car elle cherchait des modèles fortement bustés pourquoi ne pas réitérer cette expérience et avoir ainsi de nouvelles photos si je me remettais à avoir quelques aventures?



Le samedi suivant je me rendis donc chez Patrice x. J'étais on ne peut plus anxieuse et effarouchée, excitée néanmoins de participer à un projet artistique, j'avais fait le deuil de mes photos, écritures et projets plastiques peu soutenu à ce sujet par mon ancien compagnon et en souffrait toujours autant.
Je sonnais à la porte d'un bel immeuble haussmanien, et un homme assez âgé, marqué, dans une tenue assez sophistiqué, de dandy m'ouvrit.
 Il me sourit, me proposa d'un ton lent et sûr de lui un verre et mon antipathie fut immédiate...
Réflexe animal ou a priori je l'écoutais avec méfiance discourir,  me rappelant dans sa confiance en lui, son âge mûr Dominique et mon expérience désastreuse avec ce producteur du 16e quelques années auparavant.

-"tu comprends je veux que tu sois naturelle sur le canapé, sensuelle, mais...je n'ai aucun doute que tu le seras"

ah bon? pourquoi parce que je suis grosse donc sensuelle? j'ai des gros seins et cheveux longs donc très féminine? mmh autant de clichés qui m’agaçaient...être sensuelle? ça voulait dire quoi, être sensuelle?
Bon je voulais partir et filer à grande vitesse de ce bonhomme fat et mondain m'expliquant qu'il était directeur technique de tel théâtre, que l'appartement immense appartenait à sa femme etc etc

"-on y va?
-ok!"

j'ai toujours trouvé mille fois plus intime de me déshabiller devant quelqu'un que d'être nu...être nu est seulement un état tandis que se déshabiller pour moi revet une connotation toute particulière, une impudeur intîme et à mon grand désarroi il n'y avait pas de salle ou de chambre où je pouvais déposer mes habits. Aussi sans faire de simagrée et cachant avec une impassibilité purement de façade mon désarroi, je me déshabillais pour prendre place sur sa méridienne, nue!

il me rejoignit deux minutes après avec un appareil, alluma les projecteurs impressionnnats et avec un verre de vin à la main (quel cliché), son appareil de l'autre, me demanda de redemanda de me décontracter et d'être sensuelle...

Voilà, voilà, voilà! être sensuelle! bon...je pris alors des poses ridicules, les plus glamours stéréotypés que j imaginais et après 2-3 clics, j'entendis un "non, non, il faut que tu sois sensuelle dans tes mouvements ne t’arrête pas de te mouvoir, oublie que je suis là (bien sur!!!) ferme les yeux si ça peux t'aider"

Mouais...Alors je me mis gauchement à bouger, à faire bouger mes cheveux, a prendre mes seins, a me retourner, a jouer avec le plaid en velours, et fermais les yeux, essayant de m abandonner sous cet objectif...rapidement je compris que lorsque ma main se portait sur mes seins ou mon sexe, j'entendais un oui! oui! qui devenait de plus en plus altéré...il semblerait que le monsieur prenait son pied à travers son phallus photographique...bon qu'est ce que je faisais? où je me levais et disais: "ok! ca suffit les conneries , je me tire"...ou je me laissai aller à un abandon dont je n'avais plus l habitude et au vu de l' humidité de ma zone génitale, il aurait été bien hypocrite de dire que cette voix altérée par le désir et mon exhibition me laissait indifférente...j en voulais plus et d'ailleurs je l'entendais de plus en plus rauque, prendre avec frénésie moult photographies et je me sentais de plus en plus ivre de ce pouvoir sur l'autre due à exhibition...je savais que je découvrais chez moi une capacité et une impudeur que je ne soupçonnais pas mais qui me procurait une plénitude savoureuse...

J'accentuais de plus en plus mes mouvements... ils étaient presque masturbatoire et à chaque effleurement, j'entendais sa voix se briser d'avantage, jusqu'au moment où il ne put plus parler, alors cambrée, offerte, je le sentis arrivé près de moi, et poser son phallus photographique pour de sa main avec délicatesse presque timidité effleuré mon sein comme une prière silencieuse.
Il n'avait guère d'inquiétude à avoir car de ma transe je ne désirais plus qu'une chose son sexe et d'ailleurs,  j'effleurais sa jambe, sa cuisse remontant,  tandis que sa main se fit plus assurée malaxant soudain mon sein, je le débraguettais alors pour découvrir avec désarroi en érection...un micro pénis...erf, je comprenais mieux son jeu intime avec son appareil sorte de substitut me dis-je ironiquement même si je me savais injuste, avant de le prendre en pleine bouche...il soupira d'aise et au bout d'à peine deux trois mouvements sans crier gare j'eus la surprise de goûter à l'amertume de sa petite mort...mince alors, j ouvris les yeux et le vis me sourire gentiment avec gratitude avant de m'apporter un verre d'eau...je me rhabillais sans mot dire un peu stupéfaite de mon attitude, de cette éjaculation microdosée et amuse qu'il me parle comme si absolument rien ne s'était produit mais me donnant RDV dans deux ou trois semaines quand il aurait les photos pour venir les chercher ou me les apporter.
Bien!
Nous nous vîmes deux trois fois intimement et fus amusée de son culot, il venait chez moi empli d'un désir énorme et très véloce (hélas) et une fois la bagatelle finie, partait avec sa phrase récurrente "désolée je dois me dépêcher, à bientôt"...oh chéri, oui tu te dépêchais très ou plutôt trop souvent, la 3e fois il vint, sans les photos mais en m'expliquant qu'il avait des grands projets pour nous, de soumission qu il m'expliquerait une autre fois...je n'allais pas être la soumise d'un homme que je ne désirais pas ni n'admirais...je lui dis que je ne pensais pas cela chose possible...et j'abandonnais mes photos mais à défaut d'une belle complicité ou d'une jolie histoire, je fus vraiment  reconnaissante envers lui et son désir d'avoir su me faire enfin tourner une page, redécouvrir mon corps et les plaisirs charnels.



dimanche 14 juillet 2013

Silence! on tourne!

Après la déconvenue de Christian, mon zombie embaumé aux herbes de provence qui font rires, je restais dubitative sur mes rencontres sur le net, à chaque fois plus déconcertantes les unes que les autres.
Parallèlement, ma recherche d’emploi devenait difficile, la conjonction économique ne favorisait pas mes laborieuses recherches, mon profil artistique encore moins et mon physique débonnaire décourageait les plus résistants...il ne faisait pas bon d'être ronde dans un secteur où le paraître à ses lettres de noblesse, où le bouche à oreille prime souvent sur la formation académique.
Or, voici que sur ces entrefaites, une annonce titilla mon intérêt: il s'agissait d"un homme bien plus âgé que moi, Dominique, 48 ans qui était producteur à la tv et cherchait absolument à donner du plaisir à sa partenaire éphémère.

Qu'à cela ne tienne, je ne pouvais qu'encourager les âmes de bonnes volonté à relever leur karma afin d'éviter un cycle de réincarnation les transformant en cafard...j'allais apporter quelques degrés hiérarchiques à ce brave homme et l'élever à coup sur au moins au rang de mammifère et puis, peut être que cette rencontre amicale me permettrait d'avoir de précieux conseils dans l'univers des médias que je souhaitais intégrer à défaut de celui de l' édition.

Je me refusais de me qualifier de vénale, pour moi le gros mot absolue,  néanmoins cette indication détermina ma réponse autant que la félicité linguale énoncée et étouffa mes scrupules sur la différence d'âge.

Scrupule qui revint tambours battants lorsque je vis un homme grisonnant et déjà d'un âge certain à l'heure de mon RDV, face à l'église Jourdain, tandis que le glas sonnait la fin de l'innocence de la pureté de mon âme et  mon désintéressement.

C'était un bel homme, portant bien son âge, très BCBG old style avec son petit polo vert Lacoste bien repassé qui tranchait avec ma tenue un peu plus négligée même si pour l'occasion je portais talons, bas résilles et jupes droite, ainsi qu'un chemisier dont les boutons menaçaient d'exploser à chaque respiration...une épée de Damoclès vu que mon souffle semblait altéré par l'appréhension, accentuée par cette différence d'âge  de plus d'une quinzaine d'année qui me donnait l'impression de rencontrer mon proviseur ou patron.

"-Salut! Busty, je présume, Dominique" ...

Je commençais à ronronner ravie qu' il m'est reconnu malgré mes photos en plongée hautement flatteuses que je lui avais donné quand je vis que son regard semblait se focaliser sans aucune ambiguïté sur le territoire le plus vallonné de mon anatomie, celui-là même menaçant d'entrer en éruption quand le dernier bouton céderait devant la poussée de magma de dentelles de ma lingerie ce qui  ne devait tarder.
je souriais un peu embarrassée lorsqu' il continua, le regard toujours fixé effrontément "ouah ai acheté un pain au chocolat dans cette boulangerie, c'est dégueulasse comme ce quartier, j'ai failli tout jeter"

C'était quoi ce gros con?
 la boulangerie en question était la pâtisserie de l'église réputée à Paris et que signifiait le " dégueulasse comme ce quartier?"
je sentais poindre une animosité profonde et mon sourire en tôle ondulé se crispait d'avantage, tandis que nous cheminions vers la terrasse du café et qu' il jetait sa chocolatine dans une poubelle publique à mon grand désappointement.
 J'allumais ma clope et l'écoutait déblatérer sur ce quartier que j'aimais et sur lequel monsieur n'avais plus mis les pieds depuis plusieurs années et qui ne s'étaient pas améliorer et si loin du boulevard exelmans dans le 16e où il vivait...pensait-il m impressionner avec son boulevard exelmans? qui était un des endroits les plus mortellement ennuyeux que je connaissais de la capitale?
Oui visiblement, je devais paraître pour ce monsieur comme une charmante plouc de province avec l'accent chantant et avec mon petit pot de beurre j'allais voir mère grand et venait de rencontrer le vieux beau loup de producteur qui voulait tourner un remake xxl du dernier tango à Paris.

Je ressentais une profonde antipathie et me détestai littéralement quand lâchement j'opinais alors  lorsqu'il m'interpellait grossièrement  "bon, alors on est loin de chez toi, on y va" avec un sourire conquérant.

Merde, je voulais pas de ce gros con dans mon lit pourquoi avais-je dit oui? peut être que comme pour mon premier amant, Stéphane, la complicité naîtrait à l horizontal mais j'en doutais sérieusement tandis que je le voyais sans la moindre gène, se défaire dans mon entrée de ses vêtement pour s'allonger sur mon lit... au moins je savais pourquoi il était venu!

Je fis de même et commençait à l'embrasser et le caresser dans une relative indifférence. Il avait un sexe énorme qui m impressionnait autant que ses poils pubiens gris et la différence d'âge contribuait à mon malaise...il me poussa la tête vers son braquemart et je compris que si monsieur songeait à mon désir je devais d'abord m occuper de lui mais comme au bout d'un moment, je le sentais se durcir et se tendre dans ma gorge, je me retirai en l'avertissant de mon désir qu'il se contrôle et que cela ne reste que des préliminaires...

il me regarda moqueur et me demanda pourquoi.
"-parce que je veux pas recevoir ton foutre dans ma gueule, connard" me semblait une réponse claire mais peut être pas adaptée aux circonstances et qui refroidirait pour le coup certains élans, du coup je la modulais tandis que je le sentis soupirer et qu' il me dit de revenir vers le devant du lit...j'obéissais docilement et à son tour il descendit vers  mon sexe , m'immobilisa mes cuisses et se mit avec soin voire délectation à valider al véracité des propos de son annonce, je m'abandonnais au bout d'un assez long moment au plaisir presque mécanique clitoridien pour jouir sans grande conviction.




je fis un mouvement pour me défaire de ses bras sur mes jambes mais à ce moment là il me maintenait et continua à me lécher, cela devenait douloureux tant j'étais encore crispée de ma jouissance et j avais beau dire non il continua ainsi son ouvrage, je ressentis cela comme une vraie agression mentale alors que j'essayais de me détendre...cet inconnu soudain me faisait peur, ses bars immobilisant mes jambes avec force encore quelques minutes...voyant que j étais inerte et ne faisait aucune démonstration de faux semblant, il abandonna avec sourire, pour me caresser les seins...il m'expliqua qu' il en voulait pas jouir car profiter de moi encore quelques heures...et merde! je m étais foutu dans de sales draps avec ce con!

je souriais dans un mauvais bluff en lui disant que c était dommage car ma sœur venait me retrouver dans une heure, que nous pourrions réitérer l'expérience... il se caressa alors, usa de mon corps comme réceptacle et partit ensuite sous la douche sans un mot, d'un pas félin.

je me sentais souillée et salie pour la première fois dans ce genre de rencontre et profondément mal à l'aise.
Tellement soulagée de son départ. Si certaines rencontres s'étaient auparavant pas très bien passées, celle-ci fut celle qui me fit le plus peur.

J'avais honte de ne pas avoir dit non malgré mon antipathie, de ne pas avoir non plus su faire respecter mon non dans nos ébats après ma jouissance ...ces quelques minutes en trop où il refusa de m'écouter m'avait tellement déstabilisée, j'avais ressentie la violence de sa totale non écoute, de sa domination physique, de m'user au final juste comme une poupée inerte et impuissante comme une quasi agression...il ne me donna jamais plus signe de vie à mon grand soulagement...silence on tourne peut être mais sûrement pas on y retourne car il y avait absolument rien à voir dans ce bromure émotionnel et physique de monsieur Exelmans.