samedi 8 juin 2013

En toute amitié ou des couilles plus grosses que le ventre!!!

Mes rencontres avec Felipe s'espaçaient de plus en plus au fil des semaines. Le non coup de foudre du début se confirmait par un certain blasement dans nos jeux de galipettes où malgré quelques moments forts sympathiques, j'avais un peu le sentiment d'un bis repetita dans nos positions du kamasutra et je commençais à être un peu lasse de n'avoir de ses nouvelles que lorsqu'il avait besoin d'une relecture d'un de ses travaux ou surtout que son pic hormonal menaçait d'exploser ...alors, certains soirs sans prévenir, il sonnait à ma porte à des heures indues pour me baiser le plus souvent sans autre forme de procès et repartait pour m'annonçait le soir ou le lendemain par mails ou textos qu'il avait eu tort et nous ne pouvions demeurer amants plus longtemps mais surtout,  que nous resterions amis.

Ce à quoi, avec une totale placidité, je répondais invariablement un: "bien sur, aucun soucis, je comprends..."

Je commençais néanmoins à perdre avec le temps mon amusement et je me lassais de ces moments épisodiques assez stériles d'autant que même nos échanges intellectuels m'ennuyaient désormais...si nous partagions bien des références communes, je me rendis vite compte que la qualité de Felipe était son écoute et le "ravissement" des bribes de discussions ou  ses lectures de magazines et de dépêches du net, mais qu'au delà de ce vernis culturel, il n'y avait aucune véritable réflexion, jamais aucune prise de risque...tout était parfaitement policé. Au lieu d'une mer dont j'avais cru effleurer la surface, je n'avais devant moi qu'un joli miroir réfléchissant, oscillant constamment entre complexe de supériorité car après tout ses camarades l'appelaient "petit génie" et l'admiraient et un complexe d'infériorité et une énorme culpabilité sachant combien tout cela n'était qu'un gigantesque bluff.



Felipe avait besoin qu'on l'admire pour se détacher des autres mais était attirer tel un a(i)mant dès qu'on manifestait indifférence et distanciation afin de  quémander inconsciemment un aval ou un compliment qui pourrait lui permettre de reprendre contrôle de la situation et de rompre ...bloqué dans un remix  de je t'aime, moi non plus lors d'une journée sans fin qui recommençait à épisodes réguliers, d'abord quasi tous les jours, puis semaines, voire mois.

Un soir, il m'appela vers les 23h alors que je regardais joyeusement une émission à la télévision confortablement installée dans mon canapé en pyjama sirotant mon coca light, goûtant à ma quiétude et solitude..."hello, je suis en bas de chez toi...euh... je eux monter, en toute amitié évidemment, j'avais envie de discuter et comme je passais par là?"
Argh! c'est vrai que du 15e arrondissement où il habitait au 20e où je demeurais, il n'y avait que tout Paris à traverser...quel heureux hasard...
J'étais particulièrement lasse ce soir là de notre petit jeu qui durait depuis trop longtemps et je n'avais aucune envie pour une fois de lui faciliter la tâche d'autant qu'il me gâchait la fin de mon émission...j'étais encore dans ces pensées, que la sonnette sonna déjà...il avait tenu 1mn 30 afin de faire croire qu'il avait effectivement monté les escaliers jusqu'au 4e étage, quel fougue en mon speedy gonzalez.
J'ouvris la porte et au lieu du baiser tumultueux dont nous avions l'usage , je lui flanquais goguenarde deux énormes bises bien claquantes sur les joues...en bonne amie.
Un peu désorienté me sembla t'il,  il s'assit sur le canapé.
Je lui proposais gentiment et innocemment un verre de coca light, il acquissa un peu troublé...il faut dire que j'avais laissé la tv allumée dans une cuistrerie bien étudiée et tout en étant fort civile et que je ne faisais surtout aucun geste ambigu qui lui permettait le moindre alibi ...
"-alors, comment vas-tu? c'est sympa d'être venu me faire un petit coucou, tu passais par là?
- euh oui, je me suis dit que tu dormais pas encore!
-non! tu as de la chance, je regardais cette émission...quelle nouvelles?
-euh... ca va...
-ah c'est bien.
-euh...
-oui?"
je le sentis rougir tandis que je découvrais chez moi une certaine jubilation sadique devant son malaise, attendant impatiemment de voir comment il allait se dépêtrer de cette situation où il s'était plongé lorsqu'il bredouilla ces mots désormais culte:
"euh, mais euh...est-ce que...en toute amitié...est ce que je pourrais te lécher les seins?"
j'explosais de rire n'y pouvant plus et taquine lui répondit en offrant mon corsage " bien sur Felipe, entre amis c'est chose courante, ça se fait bien sur"


j'étais également lasse de ces rencontres car je venais de rencontrer peu de temps auparavant un nouvel amant, lui régulier et qui pour la première fois allait vraiment compter dans ma vie: Frédéric
J'avais choisi Frédéric suite aux conseils avisés de mes amis sur un critère bien particulier : il était kiné et proposait des massages.

"Un kiné, tu te rends compte, ça doit être génial, en plus si ça marche pas il propose juste des massages relaxants et sensuels, c'est le pied!!!
-oui Roland, mais y a aucun descriptif sauf qu'il est kiné et motard, je crains le pire!
-mais non, tu t'en fous, pour te faire masser que demandes-tu de plus?"

Oui et puis j'allais peut être hurler sur mon lit un "born to be wiiiilde" tandis qu'il guiderait de ses mains expertes ma mécanique, aussi je lui proposais rapidement un rdv chez moi.

Le jour venu, je vis sonner un homme, au sourire timide et au physique quelque peu disgracieux....en fait, pour être honnête, il me semblait vraiment affreux et pour la première fois, je me demandais comment avec politesse l'éconduire...car là, non, vraiment je ne pouvais pas...j'avais devant moi un homme d'une bonne  quarantaine d'année, très gros avec des cuisses et un ventre énorme, quasi chauve malgré quelques épis, que dis_je quelques touffes se battant en duel suite certainement à l'usage régulier de son casque de moto, habillé de manière peu sexy, avec une sorte de kawé de moto, sans la moindre recherche apparente, prognathe, les dents se chevauchants très fortement et des énormes lunettes avec cul de bouteilles: dents atroces, gros, chauve et bigleux ca faisait beaucoup, merde!

Sauf que, sauf que suite à un soucis au lieu d'être dans un café, nous discourions sur mon canapé et que je ne trouvais pas sans être grossière une manière de dire: "non tu me plais vraiment pas, là  j'peux pas!"

Alors que je me préparais à lui annoncer cette nouvelle, il parlait avec une voix peu harmonieuse, m'expliquant qu'il aimait dans la vie la plongée sous marine et le vol en planeur....oui...oui...oui... Derrida, Proust, euh j'allais avoir du mal à échanger en plus, aucun goût en commun...bon fallait que je lui dise...car ça devenait de plus en plus difficile d'autant qu'il me disait qu'en me voyant il s'était dit " wow, mon fantasme ambulant" pourvu qu'il me demande pas "et toi? qu'as-tu pensé?"
"j'ai pensé: aie!"mais alors que j'allais m'élancer pour lui dire "désolée ca n' ira pas", je le vis me prendre la mais avec gaucherie, timidité, presque gêné et je fondis littéralement, pensant "oooooooh qu'il a l air tout embarrassé  c'est si mignon, je vais l'embrasser!" et je me penchais pour goûter à ses lèvres et pour la première fois, alors que le baiser devint de plus en plus profond, je découvris combien certains baisers sont sensuels et terriblement excitants.

Je sentis alors ses mains me caresser et sus qu'être kiné etait effectivement un critère de choix imparable...j'avais enfin quelqu'un d’aussi sensuel et tactile que moi mais lui avec un jeu du toucher qui m'embrasa rapidement pendant que moi aussi je parcourais, la libido cette fois-ci totalement éveillée,  ce corps qui m'avait tant déplu visuellement et pourtant si agréable à parcourir tactilement.

Quelle étrange  dichotomie entre mon rejet physique et mon attirance tactile pour lui . En fait, effectivement, au lit, sauf peut être pour les hommes dans certaines positions (le plaisir de la levrette fonctionne aussi surement par la vision du corps et le visuel joue également beaucoup), la vue avait parfois bien moins d'importance que d'autres sens, ainsi je découvris que si  en tant que critère esthéthique absolu, j'aimais les silhouettes élastiques, maigres, tactilement, il y avait un plaisir de la chair que je ne connaissais pas et appréciais particulièrement, de même que collé à lui, j'avais une vision excitante d'un corps morcelé que j'apréhendais plus facilement, j'allais bientôt découvrir que j'aimais son torse, la douceur de son corps, son odeur etc...

Puis, ce jour là, dans le canapé, n'étant pas adepte de certains faux semblants,  ma trajectoire dériva évidemment vers son entrejambe et là au ressenti du "paquet" que je percevais je pensais un wow! ça a l'air énoooorme... ce monsieur à d'autres surprises à me révéler ..

en effet! quelques minutes plus tard, je découvrirai fascinée que je n'avais jamais vu quelqu'un avec d'aussi grosses couilles et une aussi petite bite!

C'est ainsi que débuta  et de manière exclusive très rapidement , une complicité et une relation affective et sensuelle de plus de trois ans.


2 commentaires:

vijef a dit…

C'est trop de la (euh les plutôt ) balle ton roman!
:) :)

Anonyme a dit…

rires, merci m'sieur

busty