mardi 14 mai 2013

Embrasse moi idiot ou en toute amitié 2

La rencontre devait se faire un dimanche soir dans le quartier d'Oberkampf que je prisais et au Charbon, café assez branché mais cool qui faisait partie de mes lieux de débauche favoris.
En attendant nous nous échangions moult mails coquins, surtout de son côté car je restais toujours un brin empotée et oie blanche question fantasmes... à part les récurrents de monsieur lambda:train, dehors dans la forêt, sous un porche je restais sur ce terrain en jachère avec un sol particulièrement peu fertile.
Lui semblait bien plus à l'aise dans cet exercice épistolaire malgré une orthographe particulièrement aléatoire. Je prenais plaisir à badiner ainsi tout en discutant art, architecture et cinéma
Ses mails étaient bien plus hot que ceux que j'avais reçu précédemment et je  rougissais souvent en lisant ses propos tout en savourant les compliments plus axés sur mes lèvres que les habituelles réflexions sur mes yeux gris et la taille de mes seins. Un obsédé intelligent et cultivé. Cela changeait!

le grand soir arrivant , j'avais depuis 2 jours préparée une tenue "spontanée" assez sexy tout en étant relativement confortable si je devais grimper comme je le craignais la côte de Menilmontant particulièrement abrupte.
je choisis donc une jupe courte droite avec des bas et porte jarretelles noires mais chaussures  assez plates et un décolleté très marqué...le seul hic venait de mon idée de génie la veille d'aller chez le coiffeur et si j'essayais de faire pousser un peu mes cheveux courts pour un mi long un peu plus féminin sous les conseils de Roland, j'avais cédé à mes vieux démons de toujours et Mon fantasme absolu: la Permanente!
Bien sur n'ayant pas la bourse pour me payer une telle fantaisie, j'avais fauté dans un lieu de débauche à petits prix , une enseigne Tchip m'étant apparu tel le buisson ardent de mes envies et les tablettes de la Loi permettant dans ce lieu sacré d'enfin pénétrer en terre sainte...Ma  faiblesse me perdit car évidemment aucun démon du lieu ne me dit qu'entreprendre sur des cheveux déjà courts une permanente risquait de se révélait une erreur fatale et impardonnable d'autant que le produit avait joyeusement cramé mes beaux cheveux soyeux et je me voyais au bout d'une heure dans ce lieu de perdition comme une démone, à vrai dire une gorgone au vu la pieuvre séchée qui pendait lamentablement sur ma tête...
C était affreux!

Le coiffeur très fier de ce massacre à la chauffeuse me conseilla d'attendre surtout 48 heures que le produit me brûle entièrement...conseil que je m'étais empressée de ne pas suivre mais malgré tout, j'allais porter longtemps mon ami invertébré sur le haut de mon crâne. Je n'osais imaginer ce que dirait Roland et son fou rire surtout après avoir croiser une de mes amies intimes, Jeanne, connue de tous pour sa gentillesse et sa douceur qui me voyant avait failli fondre en larme et s'était spontanément écriée: ah non! là c'est horrible!

Donc c'est avec d'horribles crampes d'estomac et un intestin particulièrement léger que je me rendis au Charbon...après tout n'était-ce pas le médicament habituellement préconisé pour ce genre de maux...
Il était 19h et la salle relativement bondé et là je le vis, sur le moment il me rappela un peu Perec du fait d'une petite barbiche lisant...un livre de Baudrillard! Ouf! je respirais! et souri! enfin une publicité non mensongère qui se confirma car il leva la tête...J'avais devant moi un trentenaire fringant, présentant le peau et l'attitude cool et élégante d'un Caetano Veloso.



Bonne entente, rapide, même références culturelles, je me sentis rapidement l'esprit en éveil et même si je le trouvais un brin volubile, le trouvais on ne peut plus sympathique...lorsque soudain, il se leva et me prenant au dépourvue m'embrassa dans le café..

Curieuse impression mitigée à la fois de gène car malgré un exhibitionnisme évident lorsque sur des images, je n'étais pas aussi distanciée avec mon corps qu'avec mon image et venant d'une éducation trônant la pudeur et le maintien en société, le moindre contact physique me paraissait incongru voire terriblement gênant  En revanche, d'un autre côté j'étais surprise, stupéfaite et touchée, moi qui n'avais été que la proie aux moqueries lors de mon adolescence quelque peu boutonneuse et n'avais jamais connu le moindre succès, qui en vieillissant farouche et timorée ne ressentais de certains hommes dans la rue qu' un regard toujours très peu bienveillant quoique consommateur et qui me savais incarner un désir caché , celle de celle qu'on saute mais ne montre pas, je demeurée hébétée qu'un très bel homme, jeune, cultivé, architecte m'embrasse ainsi spontanément sans tenir compte le moindre du monde du regard (sûrement d'ailleurs indifférents) de nos voisins. C'était un vacillement dans toutes mes croyances les plus ancestrales.


Prochain épisode: Busty mes couilles ou en toute amitié 3

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