mardi 2 avril 2013

Loic 2? un ange passe...


Je répondais dès la lecture du message et décidais de lui envoyer des photos… j’avais celle prise dans un photomaton que j’appréciais particulièrement. Je souriais l’air béat et mes cheveux alors éclaircis en blond me tombaient dans un carré ondulant qui amincissait quelque peu la rondeur de mon visage. Du moins à mon humble avis car les commentaires de Ronan furent plus acerbes: je ressemblais à une pauvre fille sur cette image, avec ce sourire benêt qui ne me quittait jamais -à son grand dam- lorsqu’on me prenait en photo: » le sourire Casimir » de l’île aux enfants. Bref, une erreur de choix grossière. Mes autres amis trouvaient aussi que, sur cette photo, je faisais jeune fille bien sage et qu’il aurait un choc le jour où il me rencontrerait et découvrirait mes excentricités.



Heureusement ce ne fut pas le cas de Loïc qui me couvrit d’éloges dans sa réponse: je ressemblais à un ange (hum…) et mes yeux semblaient tellement doux et innocents qu’il lui tardait de les contempler de visu.

En réponse je reçus aussi une photo de ce monsieur. Ce fut un choc, j’avais sous mes yeux, un charmant jeune homme et j’en devenais toute fébrile en répétant une centaine de fois au moins devant l’écran « putain, qu’est-ce qu’il est mignon, la vache!!! ». Mon cerveau semblait avoir buguer sous la découverte… Son visage légèrement halé avec des lèvres pleines, charnues…et un torse mon Dieu! On devinait sous le pull un torse musclé et dessiné…mmm… j’en salive encore!!! C’était vraiment un de mes fantasmes ambulants, me rappelant encore mon copain d’enfance avec qui j’avais flirté, des années auparavant et pour qui je conservais encore de douces inclinations et des regrets cuisants de ce qui avait été fait et surtout de ce qui ne l’avait pas été !



Bref, 10 jours plus tard, après plusieurs messages de plus en plus chaleureux voire tendres, où nous discutions de tout et rien mais surtout de notre plaisir futur à se rencontrer, il me proposa de passer la nuit chez lui. Je refusais catégoriquement, expliquant que je préférais le retrouver d’abord dans un café et surtout je voulais que la première fois se passe chez moi. Je me sentais bien plus à l’aise dans mon antre, avec la familiarité de mes meubles, bien plus protégée que dans un espace inconnu, avec surtout…un inconnu! Et puis en banlieue, à 25 km de Paris… Je m’imaginais errer dans le décor de « Buffet froid »…Impensable!

Heureusement, il ne s’en formalisa pas! Au contraire j’eus un délicieux message du genre: « Mon ange,

Bon, ok, je ne suis pas surpris que tu ne sois pas emballée par ma proposition, mais je me devais d’essayer de t’avoir tout contre moi, rien que l’idée me plaisait.

Appelle-moi maintenant si tu veux ou quand tu jugeras le moment venu au 01.XX.XX.XX.XX, je ne sais pas ce qui m’arrive, je ne donne jamais mon numéro de téléphone comme cela en temps normal, mais avec toi j’ai la sensation de devenir un garçon facile… voilà qui est étrange 
».

Je regardais ce mail assez hébété, que devais-je faire? L’appeler c’était évident mais j’avais peur. Cet homme me plaisait définitivement beaucoup mais si j’étais de plus en plus à l’aise pour lui écrire, l’appeler me paraissait impossible, j’avais le trac. Je ne suis pas particulièrement connue pour la clarté de mes propos, j’ai une tendance certaine à la bafouille et rares sont ceux qui ont le décodeur permettant de traduire en langage compréhensible mes propos. Mon manque de confiance en moi alimenté par un esprit alambiqué forment un cocktail détonnant rarement à mon avantage.

Et s’il avait une voix affreuse de fausset, un accent horrible… saurais-je passer outre?

En même temps je n’avais pas le choix, si je voulais enfin rencontrer quelqu’un, je devais arrêter de buter à la simple idée de lui parler!


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