jeudi 25 avril 2013

la banalité du mâle ou la Sainte thérésa du cul 2

Etrange sensation d'avoir le sentiment de draps froissés en caressant Vincent, par ce surplus de peau, son omniprésence je pouvais pour la première fois tactilement la dissocier du corps.
J'étais stupéfaite tandis que Vincent continuait à m'embrasser goulûment pour mon plus grand déplaisir.
Je me concentrais sur son cou qui semblait-il le faisait vibrer tel un vibromasseur et ronronner d'aise. mon émotion était légèrement moindre et  je restais assez détachée, trop étonnée pour ressentir un vrai déplaisir mais bien loin de m'abandonner lascivement.

Dans ma fougue un brin factice à ce moment là, prise d'une grande inspiration, je décidai -revanche oblige à mon ancien tigre dégarni informaticien - de lui planter ,avec jubilation, mes ongles dans son dos quand j'eus une deuxième révélation...mon jeune ami avait une spécificité tout à fait unique, une face obscure... et surtout terriblement poilue.



Etrange sensation de découvrir une vraie fourrure le couvrant intégralement de la nuque aux fesses.
J'avais l'impression de me retrouver dans une expérience de type SF genre Paul Muad'Dib dans Dune, devant mettre la main dans l'orifice d'un cube mystérieux, Flash gordon également, moi en tant que rondeurwoman je testais la forêt ou moumoute dorsale de mon mystérieux amant...forêt qui devenait tropicale, car l'excitation de Vincent provocait une mousson des plus...c 'était dégoutant.

Peut être un problème d'hirsutisme du à un dérèglement hormonale comme cela peut arriver parfois chez des individus en obésité morbide, mais la sensation était on ne peut plus étrange et visuellement cela paraissait absurde tant son torse était clairsemé comparé à son dos et où ne perçait aucun pan de peau dans cette forêt primaire.

J'avais beau espérer cette fois-ci que le préservatif le fasse défaillir ou sa crise de tétanie arrêter cette troublante expérience, rien n y fit et je devrais attendre quelques minutes supplémentaires ne sachant plus où mettre mains et lèvres...quoiqu'un seul endroit paraissait salvateur me dis-je tandis que je m'agenouillais.

Peu de temps plus tard, nous discourions sur mon canapé, tandis que mon nouvel amant éphémère avait un sourire bloqué de playmobile sous extasy et entre deux babillages, je lui demandais de me montrer ses travaux artistiques qui m'intriguaient tant.
Très fier, il défit sa chemise A4 (j'avais naïvement plus imaginé un format aigle ou grand format que celui des feuilles de mon imprimante) et me montra trois dessins, au feutre, criard, géométrique jouant sur le regard...non pas de l'op art mais un peu ces jeux que l'on retrouve dans les magazines TV de "retrouver le chapeau de madame pimprenelle " ou à force de scruter on retrouve une forme dans un amalgame de jeux géométriques.



J'avais un peu de mal et ne voyais que la récréation d'un élève ingénieur (ce qu'il était ô surprise) lors de ces moments d'évasion en cours plus qu'un travail artistique...j émis donc un "mmoui c'est interressant" avec un sourire coquille Saint Jacques, priant pour que mon bluff tienne tout en lui annonçant la visite prochaine de ma soeur afin de le faire quitter mes pénates, 3 heures en tête en tête m'ayant littéralement épuisé!

Il sourit,et me dit avec un sourire rayonnant "on se revoie la semaine prochaine, hein?"...
Arf comment lui dire non, alors qu'il venait de m'expliquer son manque de confiance en lui, qu'il avait tendance encore de se voir comme un homme atteint d'obésité morbide et combien  sa lutte était difficile.
Comment lui dire non quand on sait combien c'est souvent lié à des carences affectives et qu'on est autocentrée et se dit dans son orgueil que lui répondre non va le faire rechuter dans son addiction...comment lui dire non quand on est faux cul et qu'on a face à soi le regard d'un jeune chiot espérant sa ballade ou promenade ici érotique?
Je souris donc à mon tour et avec toute l'élégance d'une vieille anglaise ayant délicatement dégusté pour son tea break son thé à l'anis, je hochais la tête en répondant un "avec plaisir "que je regrettais tout aussitôt.

Lorsque je racontais cela à Roland, il hurla de rire, en me disant que j'étais bien sotte à jincarner la sainte Thérésa du cul, que ces annonces étaient du cul et pas un rdv galant où je devais ménager la suceptibilité de mes rencontres...et après qu'allais-je faire? m'installer avec lui si il me le demandait pour ne pas le peiner? C'était malsain et terriblement prétentieux de ma part !
Piteuse, je savais qu il avait raison et qu'il essayait sous son ton caustique,avec affection, de bousculer ma passivité et un certain engoncement vieille France hors de propos pourtant dans cette aventure.

Evidemment, je ne sus pas comment me dédire et revu un Vincent une seconde fois déjà bien plus confiant; moi je n'avais même pas le suspens de la surprise et subis avec déplaisir cette fois le 2e round d'un spectacle encore bien trop présent...si la première fois l'étonnement m'avait distanciée de toute émotion positive comme négative, ce deuxième rencard fut si lourd à supporter qu'il me décida enfin à faire fi de ma culpabilité légendaire.
Lorsque Vincent m'appela quelques jours plus tard, à 2 heures du matin sans la moindre gène et me reveilla des bras de Morphée pour m'annoncer conquérant qu'il était libre le lendemain, je lui annonçais avec une hypocrisie bienveillante (tout ne ruminant d'avoir été extirpée de mon Avallon onirique) que je ne pouvais hélas plus car avec mon ancien compagnon nous avions décidé de nous donner une nouvelle chance.

"-ah tu m'avais pas parlé de cet ancien compagnon <et pour cause>
- oui la plaie était encore vive tu sais comment c'est...
- je comprends, sois heureuse alors! c'est dommage!
- toi aussi , surtout prends bien soin de toi! oui cela aurait été dans d'autres circonstances..."

je n'étais pas fière de ces mensonges mais comment annoncer sans cruauté à quelqu'un, pour qui je n'avais après tout que bienveillance, combien je détestais ses baisers, son toucher et ne ressentais aucun plaisir à être dans ces bras... piètre Thérèsa qui même en missionnaire ne ressentait aucune élévation...il était  donc temps de clore le livre des seins... jusqu'à la prochaine rencontre...

Prochain chapitre: Rembousez! Il y a une arrête dans mon plan cul!

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