jeudi 18 avril 2013

Gérontophile bienvenu ou Xavier 1






Cet épisode avec David alias monsieur Paul-loup Sulitzer m’avait terriblement mis mal à l’aise. Je me sentais comme une petite fille qui avait commis une grosse bêtise.
 A vrai dire, ce qui me perturbait n’était pas d'avoir couché avec lui alors qu’il ne me plaisait absolument pas et que, contrairement à lui, je savais déjà que notre relation n’irait pas plus loin. Non, ma blessure était d’ordre narcissique. Je n’avais pas songé que ce début de règle allait être si choquant.
Je m’en voulais de cette mauvaise stratégie et j’étais aussi vexée que se soit lui qui me dédaigne en premier.



C’était finalement une leçon remarquable et Roland, ma conscience acerbe, n’avait pas hésité à me répéter combien ma vexation était mal placée et peu glorieuse. Je dois dire que cela me rendit d'humeur encore plus minable sachant pertinemment qu’il avait raison.
Je devais surtout malgré ce malaise ne pas me déconcentrer par la conclusion plus que médiocre de ma dernière rencontre et continuer mon apprentissage...
Je regardais donc les nombreuses réponses à mon annonce, sur le site de rencontre.
 Un jeune homme de 19 ans m’avait écrit et j’étais un peu déstabilisée…Son annonce et ses désirs étaient clairs :
« bonjour, je vais commencer par me présenter un peu. Je m’appelle Xavier, j’ai 19 ans, je suis étudiant.
Ton annonce m’intéresse beaucoup. J’adore les femmes plus âgées, avec des formes. C’est tellement excitant.
J’aimerais vraiment te rencontrer. Je suis sur qu’on pourrait passer des moments très agréables tous les deux.
Je ferai tout pour que tu prennes le plus de plaisir possible.
Je suis un grand adepte des cunnilingus et de plein d’autres choses encore. J’en salive d’avance.
A bientôt j’espère. Bisous partout »
Sur son profil se trouvait une annonce, un homme grand, longiligne ; assez mignon mais jeune même si sur la photographie, il s’agissait bien d’un adulte, d’un homme que je dévisageais.
 Roland qui connaissait  mon goût prononcé pour les jeux linguaux, me conseilla de goûter à ce jeune damoiseau si fortement disposé à combler mes moindres désirs.. En outre, dixit mon ami, l’élément essentiel était qu’à « 19 ans on bande sans se poser de question, on ne débande jamais » pour le moindre sein dévoilé ce charmant jeune homme serait prêt à réitérer nos futurs ébats encore et encore. Je devais tester cette jeunesse avant d’être moi-même si décrépie que j’en puisse plus convenablement jouer avec elle.
Ce dernier élément me convainquit, étant un peu lente même sexuellement, je commençais à m’émoustiller, à m’éveiller généralement lorsque le monsieur avait déjà terminé… Dépitée, je devais alors attendre au mieux  les quelques moments que sa physiologie exigeait, mais le plus souvent un prochain rendez-vous puisque le monsieur (en l’occurrence Stéphane R.) avait comblé ces exigences.
Nous convînmes rapidement d’un rendez-vous.
Il était visiblement très excité de cette rencontre, et je partais dix jours plus tard chez moi, à Toulouse pour les fêtes de Noël voir mes parents et mes amis.


J’allais pouvoir oublier la mésaventure avec David et combler mon goût des chiffres, trois amants cela sonnait parfaitement… Ce n’était plus ridicule… Je pourrais même m’arrêter là… C'était comme les fleurs, le chiffre impair me convenait parfaitement.
Curieusement, je ne réalisais pas que je pourrais continuer à avoir des amants tout le long de ma vie voire même des compagnons.
 J’avais l’impression de devoir faire au plus vite comme si la manne du jour au lendemain allait s’arrêter, mes complexes, mes peurs me reviendraient alors comme un boomerang.
 Je voyais ces trois rencontres comme une parenthèse dans ma vie et non comme un changement profond. C’était un peu comme un CDD au même titre que mes vacations dans les différents ministères qui avaient duré quelques mois. Un entre-deux, dans ce cas-ci fort agréable et instructif même si stérile tant je me sentais distanciée par rapports à ces micro-événements. Je ressentais une poussée d’adrénaline mais rien ne venait troubler ma « mer gelée »
Nous nous retrouvâmes dans mon café de prédilection, en début d’après-midi. J’avais passé ma matinée à sacrifier à mon rite de prédilection (WC, douche, habits, WC etc.). Mon cérémonial était scrupuleusement respecté et je pouvais enfin savourer cette rencontre.

Il était à une table en face de moi, buvant un café, lorsque j’entrai dans le bar.
 Dès qu’il me vit, un grand sourire radieux illumina son visage juvénile.
 Je me sentais immédiatement quelque peu décalée par son apparence : à peine sorti de l’adolescence avec ce charme dégingandé qu’on les hommes trop grands, trop minces. On les dirait portés par des échasses, des sortes de roseaux courbés par le vent.
 Tandis que je m’asseyais, je m’aperçus que j’étais malgré tout moins nerveuse, moins troublée que d’habitude. Son physique ne m’intimidait pas et je concevais une fausse sécurité due à la différence d’âge. Il me rappelait mes élèves lorsque j’étais assistante de français dans un lycée en Angleterre quelques années auparavant.


Au bout de deux minutes nous discutions de tout et rien comme de vieux copains, tandis que la chanson « il venait d’avoir 18 ans me trottait en tête...

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