vendredi 5 avril 2013

Coffee and cigarettes...ou est-ce que sucer c'est tromper 2

J’eus soudain une illumination en regardant autour de moi, mon cendrier plein de mégots et ma canette de coca light indiquaient précisément où je m’étais installée. Je devais faire pareil le lendemain… Par suggestion, en utilisant le vieux principe de l’image subliminale, je devais pouvoir induire son comportement afin de l’installer sur le côté gauche du sofa.


Cela ne pouvait que réussir, à moins d’être rustre et de faire fi de toutes les convenances, qui s’asssiérait devant une canette ouverte et, mieux encore, devant un cendrier où mon mégot fumerait encore ? Sauvée !

Ouf ! La deuxième question était: que devais-je mettre ? Je ne pouvais pas l’accueillir en petite nuisette, car s’il ne me plaisait pas ou que j’avais trop peur, il me paraissait assez ardu de lui dire « non, ça n’ira pas, au revoir ! » mon intimité ainsi exhibée… D’autant que je ne savais déjà pas dire non alors, à moitié nue, cela me semblait inimaginable. Bon, en dessous j’avais un ensemble en dentelles gris assez sexy qui serait parfait : la culotte m’arrivait jusqu’à la taille et cachait (certes selon la politique de l’autruche mais…) mon ventre généreux… Cela faisait à mon goût assez années 30 ou Charleston…
Devrais-je porter une jupe ? Si j’en mettais une, il me faudrait des bas… Javais un vieux porte-jarretelles noir quelque part… Mais des bas ? Mm… pas sûr… Non, décidément je serais mieux en pantalon… Un qui ne soit pas trop serré et facile à enlever ! Oui ! Et les chaussures… Je doutais sérieusement du côté sexy de mes Doc. Martens rouges et montantes. J’avais bien des chaussures à talons aiguilles pour les vidéos et photos de Busty Doll que nous faisions avec Ronan mais, en marchant avec, je ressemblais à un camionneur transexexuel venu de l'est… Bref, j’étais totalement ridicule ! Géniale pour ce projet de roman photo à la John Waters que nous voulions, ressuscitant Divine dans le mauvais goût, le ridicule, le kitsch, mais peu adéquate pour ce rendez-vous.

Bon, j’avais des chaussures plates, assez féminines quelque part… Cela conviendrait ! J’accentuerais mon décolleté… Oui… Il regarderait ainsi mes seins plutôt que mes souliers… D’ailleurs à moins qu’il soit un fétichiste des pieds, s’il regarde ces derniers cela serait plutôt mauvais signe !

Inutile de dire que je ne pensais qu’à ce rendez-vous, inquiète et excitée tout le long de ma soirée, et ma nuit fut quelque peu agitée... J’avais mis mon réveil à 10h me laissant deux heures pour me pomponner… Néanmoins, dès 9h et demi, j’étais installée dans mes toilettes, nauséeuse et les intestins quelque peu dérangés… Dans deux heures, il allait arriver, et ma vie me semblait-il allait basculer, je n’aurais plus cette tare, ce secret lourd à porter, je deviendrais une personne normale, lambda, comme les autres, adulte, loin des Thomas Bernhard ou Paul Préboist, de ces vieilles filles restées vierges un peu honteusement trop vilaines pour être désirées ou se sacrifiant pour la famille… Je savais bien qu’il s’agissait d’a priori , que si je n'avais pas forcément cette intelligence du corps si chère aux messieurs comme il faut, je n'étais pas aussi hideuse que je pouvais le concevoir, et que ma paranoïa me récitait intérieurement, inlassablement, tel un sutra... Non,  je ne pouvais demeurer objective : mes névroses et complexes s’étaient unis pour saborder ma lucidité.


Bref, tandis que je méditais sur ces digressions, scotchée à mes toilettes, je commençais à m’affoler voyant les minutes s’évaporer.


J’eus néanmoins la présence d’esprit de prendre un médicament pour régler ce problème, et pris ma douche longuement avant de me maquiller avec difficulté tant mes mains tremblaient… Ca y est j’étais prête… Il restait 10 minutes… Juste le temps de fumer une cigarette !


Je pensais alors à notre discussion sur Internet, il aurait voulu que je l’accueille nue, les yeux bandés. Son fantasme était émoustillant mais j’avais refusé pour cette première fois : et s’il n’était pas venu seul ou si c’était les voisins qui sonnaient ? S’il repartait parce que je lui déplaisais ? Je devais me rappeler de me préparer à cette éventualité sans que cela devienne une catastrophe… Ne pas lui plaire n’était pas synonyme de ne plaire à personne !!!


J’en étais sure, j’allais lui déplaire !


Soudain, la sonnette retentit !

1 commentaire:

Cassandre a dit…

Rhaaaaaa!!! Le suspense est insoutenable bon sang de bonsoir! (j'adore les images que tu as choisies pour illustrer ton chapitre! mdr!). Encooooore!!!