samedi 6 avril 2013

C'est la saint Claude ou Est-ce que sucer c'est tromper 4



Les photos arrivaient et défilaient sur l’écran mais lui ne fit, hélas, pas le moindre geste vers moi. Pire, il retourna s’asseoir à la même place, sur le canapé, en relevant d’un petit mouvement sec son pantalon. Et là, il m’expliqua qu’il pensait ne pas pouvoir franchir le pas parce que, certes, je lui plaisais ; mais il était marié depuis 3 ans et venait d’avoir une petite fille, voilà six mois.

Sa femme était charmante mais depuis sa grossesse, il avait le net sentiment de passer après l’enfant et cela l’étouffait. Néanmoins, il aimait sa femme, il l’adorait même mais il avait besoin de se sentir désiré (alors là, il était mal tombé), qu’on s’occupe de lui. C’est pourquoi il avait décidé de la tromper, pour voir s’il pouvait transgresser ce tabou mais maintenant qu’il était là, cela suffisait peut être et il n’osait franchir le pas. 

Peut être n’était-il pas prêt, certes je lui plaisais mais il se sentait très mal à l’aise (ça j’avais vu, merci !) et à vrai dire, même si je me mettais nue, il n’était pas sûr de réussir à bander. Je dois dire qu’à ce moment-là, je le trouvais profondément pathétique voire pitoyable. Je n’avais plus peur, mais m’avoir parlé de sa femme et son enfant pendant une heure avait complètement éteint le peu de pulsions libidinales que j’avais. J’étais sûre d’une chose : je ne voulais pas coucher avec cet homme, qui pour cacher sa timidité et son inconfort brandissait comme pare-feu sa femme et sa fille. 



Alors, je lui dis qu’il avait raison, qu’il devait bien réfléchir au geste qu’il commettait. Que s’il commençait à tromper sa femme, cela voudrait dire qu’ensuite il continuerait à la tromper, tout simplement parce que ou il y prendrait goût et verrait ainsi un échappatoire à tous ces problèmes ; ou pour enrayer sa culpabilité, il multiplierait les rencontres. Paradoxalement, le fait de multiplier un évènement que sa morale réprouve le banalise, le transforme en anecdote… Si on trompe souvent sa femme, c’est beaucoup moins dramatique qu’une seule fois, non ?

Je sentais que Benoît était ravi que j’abonde dans son sens, il se décontracta rapidement tandis que nous palabrions comme de vieilles connaissances. Maintenant que la tension sexuelle avait disparu se créait une certaine convivialité, certes assez factice mais apaisante pour nous deux. Nous plaisantions gentiment tandis qu’il sirotait le soda que je lui avait proposé un peu plus tôt. Cela faisait déjà une heure et demi qu’il était chez moi et je commençais à trouver le temps long. Je n’osais pas le mettre à la porte mais me demandais qu’est-ce qu’il attendait pour partir. Je n’avais pas encore compris que dans sa tête, commençait à germer une certaine envie maintenant que je ne lui faisais plus peur, d’autant qu’il avait traversé tout Paris, avait roulé vainement pendant une heure… S’étant justifié de son manque d’assurance virile par ses principes moraux, le monsieur avait maintenant envie d’une récompense. Aussi, un peu abruptement, au moment où je répétais un « bon… » afin de l’inciter à déguerpir, il me demanda avec un sourire « si, peut-être une fellation ? ».


Aucun commentaire: