jeudi 25 avril 2013

la banalité du mâle ou la Sainte thérésa du cul 2

Etrange sensation d'avoir le sentiment de draps froissés en caressant Vincent, par ce surplus de peau, son omniprésence je pouvais pour la première fois tactilement la dissocier du corps.
J'étais stupéfaite tandis que Vincent continuait à m'embrasser goulûment pour mon plus grand déplaisir.
Je me concentrais sur son cou qui semblait-il le faisait vibrer tel un vibromasseur et ronronner d'aise. mon émotion était légèrement moindre et  je restais assez détachée, trop étonnée pour ressentir un vrai déplaisir mais bien loin de m'abandonner lascivement.

Dans ma fougue un brin factice à ce moment là, prise d'une grande inspiration, je décidai -revanche oblige à mon ancien tigre dégarni informaticien - de lui planter ,avec jubilation, mes ongles dans son dos quand j'eus une deuxième révélation...mon jeune ami avait une spécificité tout à fait unique, une face obscure... et surtout terriblement poilue.



Etrange sensation de découvrir une vraie fourrure le couvrant intégralement de la nuque aux fesses.
J'avais l'impression de me retrouver dans une expérience de type SF genre Paul Muad'Dib dans Dune, devant mettre la main dans l'orifice d'un cube mystérieux, Flash gordon également, moi en tant que rondeurwoman je testais la forêt ou moumoute dorsale de mon mystérieux amant...forêt qui devenait tropicale, car l'excitation de Vincent provocait une mousson des plus...c 'était dégoutant.

Peut être un problème d'hirsutisme du à un dérèglement hormonale comme cela peut arriver parfois chez des individus en obésité morbide, mais la sensation était on ne peut plus étrange et visuellement cela paraissait absurde tant son torse était clairsemé comparé à son dos et où ne perçait aucun pan de peau dans cette forêt primaire.

J'avais beau espérer cette fois-ci que le préservatif le fasse défaillir ou sa crise de tétanie arrêter cette troublante expérience, rien n y fit et je devrais attendre quelques minutes supplémentaires ne sachant plus où mettre mains et lèvres...quoiqu'un seul endroit paraissait salvateur me dis-je tandis que je m'agenouillais.

Peu de temps plus tard, nous discourions sur mon canapé, tandis que mon nouvel amant éphémère avait un sourire bloqué de playmobile sous extasy et entre deux babillages, je lui demandais de me montrer ses travaux artistiques qui m'intriguaient tant.
Très fier, il défit sa chemise A4 (j'avais naïvement plus imaginé un format aigle ou grand format que celui des feuilles de mon imprimante) et me montra trois dessins, au feutre, criard, géométrique jouant sur le regard...non pas de l'op art mais un peu ces jeux que l'on retrouve dans les magazines TV de "retrouver le chapeau de madame pimprenelle " ou à force de scruter on retrouve une forme dans un amalgame de jeux géométriques.



J'avais un peu de mal et ne voyais que la récréation d'un élève ingénieur (ce qu'il était ô surprise) lors de ces moments d'évasion en cours plus qu'un travail artistique...j émis donc un "mmoui c'est interressant" avec un sourire coquille Saint Jacques, priant pour que mon bluff tienne tout en lui annonçant la visite prochaine de ma soeur afin de le faire quitter mes pénates, 3 heures en tête en tête m'ayant littéralement épuisé!

Il sourit,et me dit avec un sourire rayonnant "on se revoie la semaine prochaine, hein?"...
Arf comment lui dire non, alors qu'il venait de m'expliquer son manque de confiance en lui, qu'il avait tendance encore de se voir comme un homme atteint d'obésité morbide et combien  sa lutte était difficile.
Comment lui dire non quand on sait combien c'est souvent lié à des carences affectives et qu'on est autocentrée et se dit dans son orgueil que lui répondre non va le faire rechuter dans son addiction...comment lui dire non quand on est faux cul et qu'on a face à soi le regard d'un jeune chiot espérant sa ballade ou promenade ici érotique?
Je souris donc à mon tour et avec toute l'élégance d'une vieille anglaise ayant délicatement dégusté pour son tea break son thé à l'anis, je hochais la tête en répondant un "avec plaisir "que je regrettais tout aussitôt.

Lorsque je racontais cela à Roland, il hurla de rire, en me disant que j'étais bien sotte à jincarner la sainte Thérésa du cul, que ces annonces étaient du cul et pas un rdv galant où je devais ménager la suceptibilité de mes rencontres...et après qu'allais-je faire? m'installer avec lui si il me le demandait pour ne pas le peiner? C'était malsain et terriblement prétentieux de ma part !
Piteuse, je savais qu il avait raison et qu'il essayait sous son ton caustique,avec affection, de bousculer ma passivité et un certain engoncement vieille France hors de propos pourtant dans cette aventure.

Evidemment, je ne sus pas comment me dédire et revu un Vincent une seconde fois déjà bien plus confiant; moi je n'avais même pas le suspens de la surprise et subis avec déplaisir cette fois le 2e round d'un spectacle encore bien trop présent...si la première fois l'étonnement m'avait distanciée de toute émotion positive comme négative, ce deuxième rencard fut si lourd à supporter qu'il me décida enfin à faire fi de ma culpabilité légendaire.
Lorsque Vincent m'appela quelques jours plus tard, à 2 heures du matin sans la moindre gène et me reveilla des bras de Morphée pour m'annoncer conquérant qu'il était libre le lendemain, je lui annonçais avec une hypocrisie bienveillante (tout ne ruminant d'avoir été extirpée de mon Avallon onirique) que je ne pouvais hélas plus car avec mon ancien compagnon nous avions décidé de nous donner une nouvelle chance.

"-ah tu m'avais pas parlé de cet ancien compagnon <et pour cause>
- oui la plaie était encore vive tu sais comment c'est...
- je comprends, sois heureuse alors! c'est dommage!
- toi aussi , surtout prends bien soin de toi! oui cela aurait été dans d'autres circonstances..."

je n'étais pas fière de ces mensonges mais comment annoncer sans cruauté à quelqu'un, pour qui je n'avais après tout que bienveillance, combien je détestais ses baisers, son toucher et ne ressentais aucun plaisir à être dans ces bras... piètre Thérèsa qui même en missionnaire ne ressentait aucune élévation...il était  donc temps de clore le livre des seins... jusqu'à la prochaine rencontre...

Prochain chapitre: Rembousez! Il y a une arrête dans mon plan cul!

mardi 23 avril 2013

Vincent ou la Sainte Thérésa du Cul!



Après avoir connu bibliquement ce fauve informaticien une 2e fois, cette fois-ci préparée, aux joies des viennoiseries, je focalisais rapidement mon attention sur les deux photos d’un jeune homme : Vincent.
Un physique peu attrayant je dois avouer, assez mou et peu ouvert mais je lui trouvais de jolies lèvres et un air triste qui ne me laissait point. Indifférente. Bien sûr, le fait qu’il s’agisse d’un jeune homme de vingt trois ans, me rappelait douloureusement ma mésaventure avec le gérontophile allergique au latex et désormais traumatisée par les barbies xxl.


Je me laissais malgré tout convaincre d’un rendez-vous car ce jeune homme semblait sur de lui, sympathique, aimant dessiner et peindre et m’avait proposé de me montrer ses travaux.
Je dois dire que ma curiosité envers ses peintures emporta mes réticences et mes principes déjà bien vacillants et j acceptai de le rencontrer dans un café de mon quartier.

Selon notre discussion il souhaitait prochainement exposer et espérais mon avis pour savoir si comme il le présupposait son travail était montrable. Eh bien, si nous ne baisions pas, au moins aurions-nous une discussion passionnante sur l’art, mon sujet de prédilection.

Nous nous retrouvâmes donc un beau matin, ou plutôt un après-midi dans un café et je découvris alors un grand jeune homme timide et peu à l aise malgré son faux air décontracté. Cela m’émut évidemment  et avec avidité, je dégustais et savourais cette flagrance excitante de cette légère pudeur et cette inquiétude de rencontrer l’autre, cet inconnu, teintée de désir. Dans mon quotidien terne cela me semblait fort rafraîchissant et agréable : une petite bulle romanesque hors du temps où la découverte du corps de l autre  nous sert de catharsis affectif et sensuel .

Le café étant particulièrement bruyant nous convînmes rapidement de monter chez moi.
Là je lui offrais un thé tandis que je l’écouter discourir… il semblait avoir besoin de confier son aventure, comment il avait toujours souffert d’être obèse et qu’il avait fait un régime draconien , perdu cinquante kilos…que c était sa plus grande victoire même si toujours fragile, qu’il avait tout changer pour cela, son mode de vie, ses rares amis qui se moquaient de lui et sa petite amie qui l’avait abandonné… c’était très émouvant même si profondément pathétique et je commençais à me sentir mal à l'aise de servir de réceptacle à tous ces souvenirs si cruels.

Entre la différence d’âge et cette confession intime je me donnais l’impression de lui servir de rose du net et cet afflux de pathos me submergeais quelque peu.
Je décidais donc de l’embrasser pour passer sur un registre plus ludique et peut être aussi plus léger, il avait de très jolies lèvres charnues et l’embrasser me paraissait être une expérience prometteuse.

On dit souvent que les bouches charnues sont plus agréables à embrasser et c’est vrai qu’il y a dans un plaisir savoureux et très doux de goûter des lèvres rebondies et voluptueuses. Ce ne fut pourtant pas le cas là car si je ressentais un réel plaisir au contact de ses lèvres, il était néanmoins et rapidement gâché par l afflux incroyable de salive qui déferlait dans ma bouche… J’avais déjà ressentis cela avec mon deuxième rdv David, mon publicitaire hémophobe, je réexpérimentais cela dans un revival peu reluisant.

Je  me levais donc, pour me diriger vers le lit, suivie par mon jeune artiste chancelant et tremblant de manière étrange. je défis son col de chemise qui laissa entr'apercevoir, une torse relativement velu du plus bel effet. Au moins il ne faisais pas adolescent physiquement et retrouvais vite un regain d'intérêt en défaisant sa chemise et lui ôtant son pantalon tandis que son désir m'apparaissait on ne peut plus clairement.
Vincent tremblait de plus en plus et je craignais qu'il fasse une crise de tétanie, ne sachant comment réagir afin de le mettre plus à l'aise, je décidais d'ignorer ses tremblements et vint le caresser...je caressais son membre qui pointais durement avec toute la vigueur -enfin- de sa jeunesse et remontais délicatement vers son torse totalement désarconée par la surprise tactile de toucher ce corps un peu rond mais totalement flasque. Vincent me rappelait le piano éléphant de Beuys qui siège à Beaubourg...

Il y a un tigre dans le moteur

Je revins donc précipitamment quelques jours avant le réveillon du nouvel an à Paris retrouver Roland, et mon antre qui m’avait tant manqué.

J’évoquais une vague excuse à mes amis dont le jugement et l’ironie mordante m’étouffaient. Je crois que je les déçus encore plus tant mon mensonge était évident...et je m'enfonçais inexorablement avec tristesse dans un chemin de non retour de symbiose idéologique avec mes amis...l'affection demeurait, la complicité s'amoindrissait...

Mentir nous parait toujours une profonde agression voire trahison envers le lien qui nous unit au menteur, mais ce dernier est souvent étouffé par sa honte de ne pas être celui qu’on voudrait qu’il soit et mentir une fois acculé à ce sentiment de ne pas pouvoir être à la hauteur parait soudain le seul échappatoire, la seule respiration encore possible même si les conséquences sont parfois la dernière bouffée de cigarette du condamnée… en l’occurrence je ne pouvais pas dire à mes amis que leur propos étaient trop brûlants et me renvoyait à ma vieille compagne quelque peu étouffante la culpabilité et que je ne pouvais pas supporter un réveillon qui aurait résonner comme une mascarade grinçante… d'autant que l'alcool aidant, les langues se déliaient plus facilement.

je ne voulais les peiner et n’arrivais pas non plus à les affronter… je suivais le vieille adage « courage, fuyons ! » avant d’être trop blessée. puisqu’ils me pensaient en pleine crise d’adolescence (peut être avec raison), eh bien soit je me devais de l assumer et assouvir complètement cette soudaine libération sexuelle et cette découverte des sens. ..

Heureusement Roland était là, toujours présent à m’aider à prendre du recul, devant ses évènements, à me soutenir quelque soit mes choix, ou blocages avec sa patience inouïe devant mes inlassables doutes, peurs, angoisses etc.
Etre moi même et non plus faire plaisir aux gens et assumer mes choix...voilà mes résolutions de cette nouvelle année.

Une fois à Paris, loin, je repris effectivement confiance en moi et relativisa les propos et puisque à défaut d’étalon, j’étais tombée de cheval il était temps que je remette le pied à l’étrier… comme un défi peut être sur mes propres doutes.

Je trouvais donc un homme qui révélait une photo dévoilant en partie son sexe…l’entente était assez correcte sauf que le monsieur, marié, n’était libre qu’à 8h du matin.

8h du matin, ouch moi qui était la reine de la grasse matinée! 8h pour forniquer avec un inconnu!

Cela me paraissait quelque peu juste mais cette fois-ci j’étais pressée de lutter conter l avis des parents/amis intimes comme effectivement une ado en révolte … j’allais donc rencontrer ce Yannick, qui avait le même âge que moi et qui apporterait les viennoiseries du petit déjeuner.


J'étais un peu anxieuse et ne dormis que peu la veille de cette rencontre, je me demandais si je réagissais telle une assoiffée de sexe pour être partante pour un rdv à 8h du matin avec un inconnu dont je n avais pour unique description que le tiers de son sexe et la braguette de son jean qu’avait exhibait sa photo.

Au petit matin après m être pomponnée à 7h du matin je sortis affronter le froid hivernal pour retrouver le monsieur devant le parvis de l'église de la station Jourdain , mon arrêt de métro…

Là dans la grisaille je découvris un monsieur d’une trentaine d’année, dans un imperméable sans forme couleur mastic que Colombo aurait prisé, un homme assez voûté, chauve, me regardant timidement, un sac de viennoiserie à la main et de l'autre portant un attaché caisse… il ressemblait à une caricature de comptable et je sentis que ma libido n’allait pas être en hausse boursière ce matin là. Je souris néanmoins amicalement et l’invitai gentiment à déjeuner chez moi.
Sur le trajet, pas un seul mot, il ne semblait pas pétrifié par la peur pourtant ni particulièrement timide mais économe de son discours.
Arrivé chez moi, il se cala dans le canapé de manière frontale, sans même se tourner un peu vers moi assise à coté et commença à grignoter nerveusement un croissant tandis que je lui offrais généreusement un verre d’eau.


Je sentais avec une empathie virtuose que la rencontre n’allait pas donner lieu à des galipettes et soubresauts endiablés… en fait, je n’avais qu’une envie dormir et dormir seule !


Après 10 minutes de silence, il m avoua n’être pas lui même très chaud et cela m enleva soudain l énorme boule qui bloquait mon estomac, plus légère je lui avouais soulagée que moi non plus, il était vraiment un peu trop tôt selon mes us et coutumes.
Lui-même plus détendu me parla de son métier - il était informaticien - et de ses rares rencontres.

A cette époque où chez les hétéros internet ne sévissait pas pour la majorité, il était étonnant de se rendre compte que quasiment tous les adeptes masculins étaient des informaticiens ou scientifiques. Les littéraires semblaient boudés ce moyen de communication trop froid et clinique pour préférer les rencontres de bar nettement plus subtiles et arrosées.

C'est cela d'être arty!!!
L’heure se passa avec Yannick en causette insignifiante et je regardais avec avidité mon lit pensant au sommeil réparateur que me procurerait son départ. Mais tandis qu’il venait de terminer d’engloutir la dernière chocolatine que je convoitais, et que je prenais mon courage pour lui annoncer qu’il était peut être temps de se séparer lorsqu’il me coupa les premiers mots bredouillés pour me demander comment  aller ma libido.
 Diantre ! Elle était au plus bas mais comment exprimer cela avec tact…un eeeeeuh était un bon début lorsque souriant, monsieur passe partout me sourit et me dit car moi, ca y est je suis prêt!
Que dire, que faire lorsqu’on est faux cul et on en sait pas dire non de peur de blesser? et après tout, il était là et je voulais une quatrième rencontre comme une revanche sur les propos durs et injustes me semblaient-ils de mes vieux amis.
 Cela serait un petit interlude sensuel et pas bien méchant visiblement avant de retrouver Roland à la piscine . Je souris donc et répondis un « ah chouette », et il m embrassa…


Son baiser était fougueux, étonnamment, que dire... il se faisait passionné... non vorace était le mot !
Soudain, sans même comprendre ce qui se passait, je me retrouva basculée sur mon lit, vêtements quasi arrachés.
Il se mit alors à me mordre, me labourer le dos de griffes, m'embrasser de plus en plus voracement…je perdais pied décontenancée de cette métamorphose

Il se déshabilla, découvrit un phallus énorme!!!!! mis un préservatif et m'empala dessus…



l’objet fantasmatique par excellence sauf qu’à 9h du matin avec un homme inconnu qui vous laboure le dos en guise de préliminaire, j’étais plus stupéfaite qu’excitée et cette gourmandise là était bien au-delà de mon appétit. J’avais l’impression d’etre une girouette avec un pieu planté me transperçant les tréfonds de mon anatomie et avais du mal à récupérer mon souffle entre deux coups de butoirs!

Je crois que j'étais tellement stupéfaite de cette métamorphose et de ce déchaînement des sens que je demeurais un peu passive et distanciée de ce qui m’arrivait, ce n’était ni désagréable ni véritablement excitant ; juste étonnant…

Deux heures après je retrouvais Roland à la piscine, et avant même de lui prononcer le moindre mot de cette rencontre, il se mit à s’esclamer en me demandant ce que j avais fait, mon dos était zébré de griffures… "tu t’est fait bouffé par un tigre ou quoi ? "
Ben oui ! ce jour là je découvris que même monsieur tout le monde peut avoir un tigre dans le moteur une fois digéré sa chocolatine!!!

lundi 22 avril 2013

Joyeux Noël ...interlude non festif


      

Sur ces entrefaits arrivaient les vacances de Noël, j avais hâte de raconter à mes amis d’enfance mes turpitudes et, telle un enfant ayant bien fait ses devoirs, savourais déjà leurs exclamations joyeuses et leurs rires lorsque je leur narrerais avec moult détails incongrus ces trois rencontres.

Je me sentais joyeuse et apaisée, après tout j'avais lu dans un livre de sociologie sur la vie sexuelle des français que la moyenne nationale de partenaire de la gente féminine de ce pays était quatre. J'approchais donc du but et, tel le saint commandement pour les fleurs, ce chiffre impair me paraissait correct, élégant, ou du moins justifiable sans trop de ridicule.
Telle ne fut donc ma stupeur lorsqu’après mes retrouvailles avec un couple d’ami qui m’avait depuis toujours abreuvée de détails intimes de leur vie de couple, et sans le moindre tabou, je ne vis que visages fermés et réprobateurs à la fin de mon récit.

Je sentais mes amis inquiets, catastrophés et outrés.

Le fait que je puisse avoir des relations sexuelles, sans le moindre sentiment pour mes amants les troublaient profondément. Avoir traumatisé ce gamin de 19 ans aussi. Surtout, le fait d’utiliser internet leur paraissait extrêmement dangereux et pervers. Internet apparaissait encore comme un lieu de vice et de débauche où naviguaient sérials killers et/ou au mieux homme mariés (ce qui n'était pas complétement faux pour ce dernier point).

J’associais au pathétique des annonces du chasseur français ou annonces matrimoniales d’antan le vice de la modernité, de l’anonymat, des grandes villes etc.
Je faisais donc catalogue, pas loin de me prostituer et étais donc à mille lieues de l’image figée de la célibataire gauche et peu libidinale d’antan.

700 km pour ces moues dépitées et consternées, j’étais loin du bon point ou de l’image d’Epinal que j avais tant convoitée.
Je ne sus que dire et bafouillais lamentablement, amoindrissant de plus en plus les expériences.

Moi qui, des années durant, avais été hantée par la notion de péché et de culpabilité, j’avais un « revival » de cette émancipation récente et encore fragile. Idéologiquement je ne comprenais plus, c’était les mêmes amis avec qui je parlais souvent des expériences d’autres avec amusement et légèreté, qui avaient tous lu le Deuxième Sexe avec avidité, et pour qui la bagatelle se voulait ludique…Or, une semblait offusquée que je puisse rencontrer des inconnus chez moi dans mon lit sans idée de procréation…Je bafouillais, expliquant combien justement être dans mon univers, mon antre, était essentiel et que se le théâtre de mes ébats soit mon lit était un élément rassurant… Un autre, dans un ton sentencieux, me demandait où je comptais arrêter ce catalogage et comment j avais pu créer une intimité avec des inconnus pour qui je ne ressentais aucun attachement…





Ce soir là, je rentrai tôt, honteuse, chez mes parents, tôt, en maugréant sur l’incompréhension de mes proches, et pris comme seule compagnie mon livre de chevet. Comme l’apparition d’un Deus Ex Machina, ce même soir tandis que je partais me soulager des quelques ondées symboliques avant de retrouver l’étreinte de Morphée, j'eus le déplaisir de ressentir soudain une brulure assez vive.

En bonne hypocondriaque j’oscillais immédiatement entre deux scénarios, une coupure de rasoir mal placée lors de l'élagage de mon jardin plus trop secret, ou la terrible chaude-pisse.
Ce ne fut ni cette dernière, ni la syphilis, mais une banale infection urinaire qui revêtit pour moi une sorte de punition divine venant entailler mes parties génitales comme une sorte de blessure infamante de mes péchés véniels… Pourtant, je n’avais rencontré que trois personnes mais j'avais soudain un sentiment dantesque de visiter les cycles infernaux et, visiblement, certains de mes amis intimes à qui je venais d'avouer mon inconfort hivernal, ressentaient la même répulsion et dégoût.

Ainsi, après la souillure, le châtiment divin et au lieu des rires et amusements, mes amis d’enfance furent meurtris d’avoir osé brûlé ma belle icône de Jeanne la Pucelle pour me revêtir des robes d’une vulgaire catin…Comment pouvais-je ainsi m’abandonner dans le stupre et la fornication sans la moindre culpabilité ; c’était honteux…

D’en rire ? Choquant! Résonnaient à mes oreilles telle une prophétie, voire une damnation, la sentence d'une de mes meilleures amies : « à vingt ans, tu étais nonne, à trente tu es pute, à quarante tu seras une bourgeoise mariée ».
J’étais pétrie de honte cet hiver-là et je remontais plus tôt à Paris meurtrie et peinée de cette incompréhension, et, surtout, de ce mur qui venait de s’ériger….Non pas - quoique - le mur de la honte mais celui du silence, où même à ses proches amis, on découvre que certaines choses ne peuvent plus être dites…Etait-ce cela devenir adulte ?

Soudain je m aperçus que je ne pourrais plus tout leur dire, tout leur confier et fus bannie du jardin d’éden pour avoir à mon tour croqué la pomme.

dimanche 21 avril 2013

Responsable mais non coupable ou Gérontophile bienvenu 2


Il était en première année de faculté de médecine, aimait les femmes rondes et surtout plus âgées, avec une certaine expérience. Les demoiselles de son âge lui semblaient fades et trop lisses. D’ailleurs je correspondais parfaitement à ses critères (cela voulait-il dire que j’étais assez vieille, je n’étais pas sûre que se soit si plaisant à entendre). Il écoutait comme musique du rap mais je ne devais pas connaître, c’était pas de mon temps. Ses adjectifs me heurtaient à chaque fois. Voir ce jeune homme si innocemment m’expliquer combien il fantasmait sur les vieilles alors que je me sentais jeune, et non cette femme mure qu’il contemplait, étaient désagréable.

Cela me rappelait un épisode gênant que j’avais vécu quelques années auparavant.
Dans ce fameux lycée où j’avais travaillé comme assistante, je m’étais liée d’amitié avec quelques professeurs dont un qui finissait sa dernière année d’enseignement avant sa retraite. C’était pour moi un vieil homme, fatigué et fané par le deuil de sa femme une dizaine d’années plus tôt. Nous discourions souvent de Beckett, mon écrivain préféré, sur qui il avait longuement travaillé, et de la France car il était un francophile convaincu - notamment par la nourriture et le vin.
Lorsque je quittais l’Angleterre nous eûmes une longue et passionnante correspondance sur ces sujets. Il avait visité Paris à l’âge de 25 ans et, quarante années plus tard, il décida de revoir cette ville et m’y trouvant, il m’invita au restaurant. 
Je ne l’avais pas vu depuis plusieurs années et les retrouvailles, certes formelles, furent très chaleureuse. Nous discutâmes de l’école, des différences entre français et anglais, de la nourriture…Dans un bon petit restaurant du centre et fîmes honneur à la gastronomie française ainsi qu’à une bonne bouteille de Brouilly.
Le ramenant à l’hôtel, nous convînmes de nous retrouver le lendemain afin que je lui fasse visiter Montmartre. C’était un moment savoureux jusqu’à l'instant du départ où, faisant fi de la coutume anglaise pour celle française je m’approchais et l’embrassais sur les joues. A ce moment là il me regarda et souriant me dit « Come on Valerie, give me a proper kiss », un peu surprise, je pensais à mon père qui se plaignait toujours de mes « baisers de nonne ».
En fait, au lieu d’apposer mes lèvres sur les joues, je me contente seulement de poser ma joue... D'où la dénomination agacée de baisers de nonne par mon géniteur.

Je crus qu’il me disait cela et, un peu surprise, bafouillais un « No ! Never ! I can't!  My father said…Nun kisses »…C’était incompréhensible ; mon vieil ami me tordait les mains tandis que, d’un ton penaud, il m’expliquait qu’il avait voulu que je l’embrasse langoureusement. Sidérée, je ne pus que bafouiller un « Ah…Euh …Ah » et je reculai inconsciemment avant de lui souhaiter une bonne nuit.
J’étais mortifiée de ma réaction et très anxieuse à l’idée de le revoir le lendemain.
Je pensais qu’il avait du me prendre pour une folle qui invoquait son père, ou encore les religieuses, pour repousser sa requête.


J’appelais une de mes amies et ancienne collègue de l’école qui me rassura en me disant de ne pas m’inquiéter, qu’il était anglais, et serait encore plus mortifié et gêné que je ne l’étais.
Effectivement, nos retrouvailles du lendemain furent on ne peut plus formelles : ni bises, ni « hug », ni même aucune poignée de mains, mais un simple « Hello, I’m ready ! » comme accueil.
 Le malaise fut persistant au point qu’arrivés en haut de la butte de Montmartre, John (c’était son nom) me demanda, vacillant, s’il pouvait se tenir à mon bras car souffrant du vertige, il commençait à avoir un malaise. Stupéfaite, je répondis par l’affirmative mais pensant que tenir mon bras était trop osé, suite à l’incident de la veille, il tint un petit bout de ma chemise, le plus éloigné possible. C’était hélas profondément triste et pathétique.
Lorsque je racontai cette histoire à ma tante, elle me répondit que même si cet homme a physiquement 70 ans, cela ne signifie pas que son coeur bat moins vite, ni ses émotions, ni sentiments.

Avec Xavier, je me retrouvais soudain dans la peau de mon vieil ami à la nuance près que lui, ce jeunot de 19 ans, contrairement à moi, était gérontophile, aimait les fameuses MILF et, avec toute son innocence, me le clamait joyeusement au visage à chaque phrase. Effectivement, je me sentis lasse et bien vite beaucoup plus âgée.
Dans la conversation, il m’expliqua condescendant qu’il aimait le rap et tenta de m’expliquer ce qu’était cette musique pour les jeunes qui différait tellement de celle que je devais écouter, comme la musique classique.




J’aurais dû être vexée, mais je crois que j’étais tellement ébahie que je ne fis rien.


Nous allâmes même chez moi…J’étais passive et tellement choquée de voir à quel point que j’avais vieilli, que mes années de faculté étaient si loin derrière moi, que la bagatelle devenait le cadet de mes soucis.
Lui semblait ravi… Il était enfin sur le point d’assouvir un fantasme « coucher avec une femme mûre » et savourait l’instant.

Sur le canapé, il me prit le bras, et commença à délicatement l'effleurer par de doux baisers, je trouvais cela curieusement désuet mais totalement délicieux.
 Tel un Don Juan confirmé, il ponctuait ses baisers par des soupirs et des réflexions tels « Mmh, tu sens délicieusement bon » rondement amenées. 
Je commençais sérieusement à me détendre et à apprécier le moment lorsqu’il m’embrassa…


Horreur, j’avais l’impression cette fois d’embrasser une mâchoire de pitt-bull en acier. Je ressentais sa bouche comme un étau qui allait ferrer la mienne, et guillotiner ma malheureuse langue. Décidément, le baiser n’était pas mon truc.

 Parlez-moi de ces baisers enivrants voire chavirants…Pff, des promesses oui!
 Ceci dit, après les baisers « crapauds baveux » de Sulitzer,ceux ci semblaient plus attrayants…Quoique… Le second fut plus rude encore : j’avais l’étau, puis j’atteignais le ressac d’une mer tiède peu ragoûtante… Je me demandais comment les miens étaient ressentis, mais la prospection de ma main sur son jean me renseigna sur son inconfort spéculé… Visiblement ou il prisait les miens ou il savait en faire abstraction.

Tant mieux ! Malgré la montée toute relative de ma libido, calculée à l’échelle infinitésimale, je ne voulais surtout pas arrêter là. Dans une logique toute masochiste, je me disais que cela faisait une heure que j’avais subi les commentaires de ce jeune homme sur mon jeune âge, qu’en plus ces baisers m’indisposaient de plus en plus. Aussi, je n’allais pas m’arrêter à si bon compte. Je voulais mon prix de consolation, je méritais mon bon point : une image d’Epinal où serait inscrite « bon de reçu pour un troisième amant ». Curieusement je craignais moins la pénétration que les baisers. Après tout cela n’était que mécanique… Un tour de manège où je ne toucherais pas le pompon afin de ne pas gagner un deuxième tour.


Nous nous déshabillâmes, avant de nous diriger vers le lit pour nous caresser. Cela ne me mit pas particulièrement à l’aise. Peut être était-ce dû à sa maigreur mais je voyais et surtout touchais un corps qui à mon goût n’était pas suffisamment formé, pas celui d’un adulte.
 La leçon était cruelle, pire que ses réflexions précédentes : j’avais devant moi un corps qui ne me correspondait plus. 
Cela faisait bien longtemps que je n’étais plus adolescente et sans m’en rendre compte mes goûts en tant que corps avaient vieilli en même temps que moi.
 Je voulais dans mon lit le corps solide et mâle d’un adulte de 30 ans, et non celui efflanqué et androgyne d’un garçon de 20 ans. 

Mon état différait sensiblement de mon camarade de jeu, qui étalait sous mes yeux un désir irréfutable avec toute sa superbe.
 Son sexe grand et large semblait prêt à exploser, tandis que Xavier rayonnait avec un sourire béat mangeant tout son visage.
 Je lui tendis alors le préservatif afin de gagner mon dérisoire trophée, incapable de refuser son désir à cet instant là. Plus moyen de reculer. 
Il défit son préservatif le posa sur le côté, tandis qu’il caressait mon corps de plus en plus intimement puis le prit et commença à le mettre. Sa technique était on ne peu plus maladroite et je ne pouvais le secourir.


 Il me regarda et dans un soupir me dit que cela serrait, puis vint se pencher vers moi afin de pénétrer tout de go mais... Le désarroi de son visage m’indiqua que cela ne serait pas pour cette fois.
 Je crus qu’il allait se mettre à pleurer,  et je le consolai, lui disant que ce n’était pas grave, que j’allais arranger cela. Hélas pour lui, aucune de mes stimulations eurent l’effet escompté.
 Au contraire, son sexe paraissait de plus en plus rabougri, comme si chaque à chaque stimulation, je lui versais des seaux glacés. 

Plus de braquemart, mais un petit escargot et un visage effondré. Il m’expliqua qu’il ne supportait pas bien le préservatif et ne comprenait pas bien pourquoi son corps était à ce point inerte. Il paraissait réellement traumatisé de l’événement ou du non-événement qui venait de se passer. Je l’entourais de mes bras et le consolais… pendant deux heures !!!

J’eus le droit à des plaintes, de la colère, des récriminations et des plates excuses durant tout ce laps de temps. J’avais beau lui expliquer que ce n’était pas grave, que ces choses arrivaient, qu’il s’était enfermé dans un cercle vicieux et qu'il était angoissé à l’idée de remettre le préservatif, il ne m’écoutait pas et répétait inlassablement d’un ton âpre : « Comment vais-je y arriver la prochaine fois, je ne ferai plus que penser à cela… Il va me falloir du temps avant de me remettre de cette mésaventure ». Je me sentais assez coupable de ce traumatisme et essayais tant bien que mal de le consoler. Malheureusement, c’était de pire en pire, je ne pouvais plus le toucher sans qu’il sursaute comme si j’étais une pestiférée. Au bout de deux heures, alors qu’il se rhabillait enfin pour partir, je lui proposais par politesse de nous revoir, me sentant terriblement coupable ; il eut un rictus et sans oser me regarder dans les yeux murmura un « Je crois pas, non ! Je ne veux plus me rappeler de ce cauchemar », prit son sac et partit sans se retourner… Ni bises ni au revoir : juste un dos voûté… Mon amant de vingt ans était devenu grabataire en une après midi.

Piteuse, je me sentis pendant plusieurs jours mal à l’aise ; responsable mais pas coupable selon l’ expression consacrée !

jeudi 18 avril 2013

Gérontophile bienvenu ou Xavier 1






Cet épisode avec David alias monsieur Paul-loup Sulitzer m’avait terriblement mis mal à l’aise. Je me sentais comme une petite fille qui avait commis une grosse bêtise.
 A vrai dire, ce qui me perturbait n’était pas d'avoir couché avec lui alors qu’il ne me plaisait absolument pas et que, contrairement à lui, je savais déjà que notre relation n’irait pas plus loin. Non, ma blessure était d’ordre narcissique. Je n’avais pas songé que ce début de règle allait être si choquant.
Je m’en voulais de cette mauvaise stratégie et j’étais aussi vexée que se soit lui qui me dédaigne en premier.



C’était finalement une leçon remarquable et Roland, ma conscience acerbe, n’avait pas hésité à me répéter combien ma vexation était mal placée et peu glorieuse. Je dois dire que cela me rendit d'humeur encore plus minable sachant pertinemment qu’il avait raison.
Je devais surtout malgré ce malaise ne pas me déconcentrer par la conclusion plus que médiocre de ma dernière rencontre et continuer mon apprentissage...
Je regardais donc les nombreuses réponses à mon annonce, sur le site de rencontre.
 Un jeune homme de 19 ans m’avait écrit et j’étais un peu déstabilisée…Son annonce et ses désirs étaient clairs :
« bonjour, je vais commencer par me présenter un peu. Je m’appelle Xavier, j’ai 19 ans, je suis étudiant.
Ton annonce m’intéresse beaucoup. J’adore les femmes plus âgées, avec des formes. C’est tellement excitant.
J’aimerais vraiment te rencontrer. Je suis sur qu’on pourrait passer des moments très agréables tous les deux.
Je ferai tout pour que tu prennes le plus de plaisir possible.
Je suis un grand adepte des cunnilingus et de plein d’autres choses encore. J’en salive d’avance.
A bientôt j’espère. Bisous partout »
Sur son profil se trouvait une annonce, un homme grand, longiligne ; assez mignon mais jeune même si sur la photographie, il s’agissait bien d’un adulte, d’un homme que je dévisageais.
 Roland qui connaissait  mon goût prononcé pour les jeux linguaux, me conseilla de goûter à ce jeune damoiseau si fortement disposé à combler mes moindres désirs.. En outre, dixit mon ami, l’élément essentiel était qu’à « 19 ans on bande sans se poser de question, on ne débande jamais » pour le moindre sein dévoilé ce charmant jeune homme serait prêt à réitérer nos futurs ébats encore et encore. Je devais tester cette jeunesse avant d’être moi-même si décrépie que j’en puisse plus convenablement jouer avec elle.
Ce dernier élément me convainquit, étant un peu lente même sexuellement, je commençais à m’émoustiller, à m’éveiller généralement lorsque le monsieur avait déjà terminé… Dépitée, je devais alors attendre au mieux  les quelques moments que sa physiologie exigeait, mais le plus souvent un prochain rendez-vous puisque le monsieur (en l’occurrence Stéphane R.) avait comblé ces exigences.
Nous convînmes rapidement d’un rendez-vous.
Il était visiblement très excité de cette rencontre, et je partais dix jours plus tard chez moi, à Toulouse pour les fêtes de Noël voir mes parents et mes amis.


J’allais pouvoir oublier la mésaventure avec David et combler mon goût des chiffres, trois amants cela sonnait parfaitement… Ce n’était plus ridicule… Je pourrais même m’arrêter là… C'était comme les fleurs, le chiffre impair me convenait parfaitement.
Curieusement, je ne réalisais pas que je pourrais continuer à avoir des amants tout le long de ma vie voire même des compagnons.
 J’avais l’impression de devoir faire au plus vite comme si la manne du jour au lendemain allait s’arrêter, mes complexes, mes peurs me reviendraient alors comme un boomerang.
 Je voyais ces trois rencontres comme une parenthèse dans ma vie et non comme un changement profond. C’était un peu comme un CDD au même titre que mes vacations dans les différents ministères qui avaient duré quelques mois. Un entre-deux, dans ce cas-ci fort agréable et instructif même si stérile tant je me sentais distanciée par rapports à ces micro-événements. Je ressentais une poussée d’adrénaline mais rien ne venait troubler ma « mer gelée »
Nous nous retrouvâmes dans mon café de prédilection, en début d’après-midi. J’avais passé ma matinée à sacrifier à mon rite de prédilection (WC, douche, habits, WC etc.). Mon cérémonial était scrupuleusement respecté et je pouvais enfin savourer cette rencontre.

Il était à une table en face de moi, buvant un café, lorsque j’entrai dans le bar.
 Dès qu’il me vit, un grand sourire radieux illumina son visage juvénile.
 Je me sentais immédiatement quelque peu décalée par son apparence : à peine sorti de l’adolescence avec ce charme dégingandé qu’on les hommes trop grands, trop minces. On les dirait portés par des échasses, des sortes de roseaux courbés par le vent.
 Tandis que je m’asseyais, je m’aperçus que j’étais malgré tout moins nerveuse, moins troublée que d’habitude. Son physique ne m’intimidait pas et je concevais une fausse sécurité due à la différence d’âge. Il me rappelait mes élèves lorsque j’étais assistante de français dans un lycée en Angleterre quelques années auparavant.


Au bout de deux minutes nous discutions de tout et rien comme de vieux copains, tandis que la chanson « il venait d’avoir 18 ans me trottait en tête...

mardi 16 avril 2013

Vous prendriez bien un verre de bave? ou Paul loup Sulitzer 3

Je commençais à déchanter grandement lorsque assis sur mon canapé il m’embrassa.
Horreur, si j’étais restée indifférente face aux baisers de mon précédent amant, là je tressaillis de dégoût. J’avais l’impression de me noyer dans un verre de bave. Un tsunami envahissait de plus en plus ma bouche. L’excès de salive était tel que je ne sentais même plus la langue. Je me dépêchais de mettre fin à ce supplice en embrassant son cou et en dégrafant sa chemise.

J’étais incapable à ce stade de lui signifier de stopper notre flirt, comment lui annoncer que ses baisers me répugnaient trop pour aller plus loin ? Mieux valait justement tester le reste en essayant de le faire disparaître de n’importe quel moyen de ma bouche.

Je découvris soudain son torse, noir tant il était velu, j’étais fascinée et commençais en me calmant à jouer avec ces poils.



Longtemps, la pilosité des hommes avait été l’objet de mes sarcasmes. Un beau torse se devait d’être imberbe.
 En vieillissant et en connaissant Roland, j’avais commencé à relativiser malgré des doutes encore très présents.
Il y a quelque chose d’obscène chez les bears, ces hommes particulièrement velus. C’est un peu comme l’excès de poids, la chair qui déborde, le corps qui sort du moule esthétique et qu’on intellectualise plus facilement, qu’on banalise paradoxalement en le plaçant sous son piédestal. Le corps velu ou celui obèse ne peut intégrer ses cadres, il ne peut se formater. La chair devient omniprésente, nous ramenant à une animalité inquiétante.

En l’occurrence, je trouvais cela très agréable et lorsqu’il se déshabilla, ne gardant que son boxer short tendu par une magnifique érection, je commençais à me sentir quelque peu excitée. Exit le fantôme de Paul-Loup Sulitzer et le verre de bave… J’étais soudain concentrée et émoustillée par son désir oblong. Très rapidement en petite tenue avec comme seul pare-feu ma culotte charleston, qui décidément n’amenait pas les compliments imaginés, je commençais à ressentir une énorme frustration à être obligée de seulement flirter avec ce monsieur... D'autant que flirter sans l'embrasser me paraissait un saut d'obstacle infranchissable.

Il était seulement 21 heures et, tandis que nous étions allongés sur mon lit, j’eus soudain une illumination : finalement mes règles n’étaient apparues que 3 heures auparavant et au début, les saignements sont ridicules d’autant qu’il paraît que la pénétration bloque l’écoulement… Après tout, pourquoi pas… Cela pouvait paraître imprudent, mais s’il mettait le préservatif rapidement et que j’évitais avant cela de me frotter à lui, cela  pourrait convenir.
Je me levais afin d’enlever mon tampon aux toilettes, effectivement il était quasi immaculé, puis je pris une douche afin d’avoir le sexe propre autant que frais, et me recouchais près de lui, posant des préservatifs sur ma table de nuit.


David comprit tout de suite et se dépêcha d’en enfiler un pour me pénétrer. Le coït ne me procura guère de plaisir ni de désagrément tant j’étais occupée à l’observer gémir et soupirer, à analyser la sensation de mes mains sur son torse et dos velus. A la fin, il m’adressa un sourire très tendre et il me fallu 10 secondes pour comprendre qu’il venait de jouir.


Avec une très bonne amie nous avons souvent discouru et nous nous sommes - il est vrai, honte et anathème sur nous - souvent gaussées de ce moment intense de l'orgasme masculin où le"temps suspend son vol" et je dois dire que bien de mes partenaires mâles semblent également perdre à ce moment là leur activité cérébrale au vu de leur visage... Rupture d'anévrisme momentanée... Un mythe s'écroule en même temps que la verge se dégonfle... Et que nous avons observé cette petite mort qui vous (nous?) donne cet air si peu subtils.
Quoiqu'il en soit; ce moment charmant et son sourire ne durèrent qu’un temps car je le vis subitement se figer puis partir dans ma salle de bain, la capote toujours sur son sexe qui débandait… Cela me parut affreusement ridicule et pathétique.

Tandis qu’il quittait ma salle de bains pour les toilettes, je me demandais comment j’avais pu coucher avec cet homme qui ne me plaisait même pas. Cette interrogation cessa soudainement lorsque je le vis, le visage crispé. Il semblait enfermer dans un mutisme glaçant et tandis que je lui caressais les épaules, il me dit qu’il devait partir, ne se sentant pas bien. Il s’habilla rapidement et me salua avec un « à bientôt » sec.

Je compris alors la raison de cet étrange comportement en me lavant. J’avais un peu saigné et une goutte s’était posé sur le préservatif.
Est-ce la vue du sang en tant que tel ou bien la peur d’un risque de contagion irraisonnée.. Les conséquences me simplifièrent en fait les choses, puisque le lendemain, avant même que je sois obligée à le faire, il me laissa un message en disant que nous nous reverrions plus car la seconde moitié de soirée ne s’était pas bien passé et du coup il ne pouvait concevoir d’entretenir une relation suivie avec moi.

J’avoue avoir été un peu vexée et mortifiée de cette gouttelette qui nous séparait, en même temps je dois reconnaître qu’il avait eu le courage et la franchise de m’appeler pour stopper ce début de relation.

Dix mois plus tard, je reçus un mail me rappelant à son souvenir : « Bonjour, je suis David, le jeune publicitaire. Nous nous étions rencontré un soir de novembre…je serais ravi de te revoir. Bises. »
Je rejetais cette aimable invitation, lui expliquant que si notre rencontre n’avait pas fonctionné dix mois plus tôt, je ne voyais pas pourquoi se serait le cas maintenant.

Dix mois pour oublier cet incident tragique ou bien ses recherches et rencontres avaient été si infructueuses que, désespéré, il avait décidé de passer outre cet outrage ?


Prochain chapitre: Gérontophile bienvenue !

lundi 15 avril 2013

Moi et mon double ou Paul loup Sulitzer 2

A partir de ce moment, incapable de boire mon soda, je contemplais la porte et spéculais sur toute la gent masculine qui rentrait, de plus en plus anxieuse.

Soudain, un homme rentra, brun, le visage joufflu aux cheveux gominés, portant un manteau mille fois trop grand pour lui et comble de l’horreur, tenant à la main une rose immense qu’il portait comme un étendard.

Il me rappelait vaguement quelqu’un, non ce n’était pas Mitterrand mais Paul Loup Sullitzer, le négrier que je détestais le plus. J’avais une aversion pour Sullitzer depuis des années pour « son » écriture, ce qu’il revendiquait, ce qu’il représentait, tout en cet homme me dégoûtait, et le fait d’avoir fait un jour un rêve érotique à son sujet n’avait guère amélioré mon attitude vis-à-vis de lui.


Pourvu que son sosie ne soit pas mon fameux contact ! Malheureusement, il s’avançait vers moi avec un sourire de plus en plus éclatant. C’était évidemment David. Un peu hébétée, le sourire coquille Saint Jacques aux lèvres, je l’observais me tendre la rose puis s’asseoir devant moi. Tout le monde semblait nous observer, d'un air moqueur. J’étais mortifiée.

Avec un doux rictus, il me déclara tout de go qu’il était soulagé de me voir ainsi, telle que sur mes photos. Son dernier rendez-vous, une soit disant pulpeuse blonde de trente ans, portait en fait difficilement une soixantaine bien entamée. Les photos, selon lui, étaient souvent très différentes ou fort datées. J’avoue que je n’y avais pas pensé… J’aurais dû mettre une photo où j’avais vingt ans et une quinzaine de kilogrammes en moins.

Nous eûmes, un petit silence, puis je lui demandais s’il était coutumier de ce genre de rencontres.
J’étais persuadée que non tant sa gaucherie était évidente.
Effectivement, j’étais son troisième rendez-vous ; les deux autres n’avaient guère abouti du fait de la mauvaise surprise citée précédemment.
De toute façon, lui ce qui lui importait c’était une rencontre sérieuse (aïe), quelqu’un qui puisse partager ses goûts et tout particulièrement ses escapades culinaires. En effet, ce monsieur était fanatique des week-end « relais et châteaux » et espérait rapidement m’y amener.




Son enthousiasme était charmant mais non communicatif. J’avais l’impression d’un jeune yuppie jovial et rondouillard qui déversait à mes pieds en 10 mn toutes ses richesses et tous ses espoirs. Après m’avoir parlé de la bonne chère, il s’attaqua à la vie quotidienne…Qu’est ce que je faisais dans la vie ? Ah…J’étais au chômage ? Mais peut être pourrait-il m’employer dans son agence ? Sous mes yeux, tandis qu’il ne cessait de parler, défilait le vieux fantasme de la secrétaire sautée par son patron et détestée par tous les autres employés…

Pour être honnête, il était absolument charmant et très empressé mais je me sentais à des lieux de ses aspirations. Aller manger et dormir dans un relais et château, pourquoi pas mais avec lui… Je nous voyais en couple petits bourgeois, vulgaires, goulus, se cachant sous des discours de faux gourmets franchouillards.

Il me proposa de m’inviter au restaurant et j’acceptai son aimable proposition. Il n’était pas particulièrement amateur de gastronomie autre que française, ce qui ne me surprit guère. Heureusement, à quelques minutes de chez moi se trouvait une bonne brasserie auvergnate qui proposait notamment un excellent aligot.
En attendant les plats, il me raconta qu’il adorait lire.
J’étais soudain ravie et lui demandais qu’elle était ses goûts, s’il avait un écrivain préféré ou un livre fétiche ?
Ma désillusion fut immédiate : j’entendis le nom de son sosie : Paul-Loup Sulitzer !!! Je crus que j’allais m’étouffer et recracher le Casanis que j’étais en train de siroter. Il m’expliqua qu’il adorait cet auteur, qu’il était même devenu une sorte de modèle pour lui.

Le sourire craquelé, incapable du moindre son, les yeux sortant des orbites comme un pékinois étranglé, je le contemplais décrire avec enthousiasme « Hannah », son livre préféré.
Je pensais à mon ancienne prof de cinéma, fanatique de la nouvelle vague et des livres théoriques de Deleuze ou André Bazin, qu'un élève peu psychologue avait interrogée sur Lelouch. Le temps s’était alors suspendu tandis que son visage s'était déformé tel un manga japonais ou un remake de l’exorciste, avant qu’elle ne réponde à l’infortuné étudiant « Parlons de cinéma, voulez-vous ? » avec toute l’indignation imaginable.

Indéniablement, je suis snob et prétentieuse dans mes goûts artistiques, mais j’apprécie néanmoins de lire ou voir des séries Z ou des livres kleenex de science fiction avec cependant (du moins j’espère) une distance critique quant à ces derniers. C’est comme regarder Xéna la guerrière à la TV, cela m’amuse et j’adore mais, objectivement, je suis aussi du fait que ce soit à chier !

Visiblement, ce n’était pas son cas. Sortir avec quelqu’un qui aime Sullitzer c’est déjà dur mais un fan ! Non ! C’était terrifiant. Il semblait si ému en me parlant de lui qu’il aurait pu être attendrissant s’il avait cité toute autre personne, j’aurais même accepté (avec grande difficulté certes) Troyat ou Hervé Bazin mais Paul-Loup était mon ennemi intime, L’incube qui était venu hanter mes rêves, ma pollution nocturne onirique… Ca, je ne pouvais lui pardonner !

Du coup, le repas arrivant, j’aillais généreusement mon aligot! on a la vengeance qu’on peut, la mienne était vile et basse, parfait écho de mes pensées cachées derrière mon sourire statufié.
Cela ne semblait pas le décontenancer, car de son sourire éclatant, il fit de même en m’expliquant que lui aussi il adorait l’ail.
Bon, ou il était vraiment perfide, ou il ne semblait pas connaître les lois incontournables d’un bon premier rendez vous : ne pas manger de salade (car le sourire géant vert est du plus mauvais aloi), pas d’ail ou d’oignons (l’haleine ne s’en remet pas pendant deux jours), pas de crustacés (les doigts qui sentent la crevette c’est déjà moyen, mais manger cela de manière sensuelle est un exercice réservé aux initiés, aux professionnels dont je ne fais pas partie ! Chez moi cela devient un cirque où les écrevisses, gambas ou autres, font des pirouettes avant d’exploser chez mes malheureux voisins).

A la fin du repas, David paya généreusement l’addition tandis que je me demandais que faire. Finalement, malgré le peu d’attirance pour ce jeune homme, je lui proposais de boire un dernier café chez moi. Il accepta sans aucune hésitation et son sourire s'accentua - si cela était encore possible… Il ressemblait à ce moment-là au chat de Cheshire d’Alice aux pays des merveilles, ses dents resplendissaient au point qu'elles paraissaient phosphorescentes dans la nuit.

J’avoue que mon idée alors était de découvrir un nouveau corps, qu’il ne me plaise pas a priori m'importait peu. Après tout, j’avais apprécié mes jeux de jambes avec Stéphane R. malgré sa fadeur intellectuelle.
Cela devrait se passer de la même façon avec lui.

Hélas, à nouvel homme, nouvelle expérience et mes petits repères allaient être profondément bouleversés !

Paul Loup Sulitzer 1

Après les deux rencontres avec le sosie de Jean Marc Barr, et mon agréable découverte des amusements charnels, je ne pouvais rester sur ma faim. Je n’avais eu qu’un seul amant et je devais combler rapidement ce déficit.

J’étais curieusement pressée. Après avoir attendu trente ans, patienter quelques semaines avant de rejouer à ces jeux me paraissaient démesuré… Comme si mon temps était compté et que je voulais rejoindre une norme rassurante : les statistiques parlaient de quatre aventures pour les femmes dans leur vie, avec deux amants à mon actif je me sentirais plus sereine quant à ma vie sexuelle.
Cela tombait particulièrement bien car je venais de m’inscrire sur un site où, soudainement, au lieu d’un ou deux messages par semaine, j’en recevais une centaine par jour !

Mon pseudo plus ma photo (cette fois-ci, une faite par Roland plus glamour et pailletée que précédemment) faisait décidément merveille sur ce site. J’étais totalement submergée par ces messages et passais quasiment une heure par jour juste à les lire.

Qu'elle était amusante, la séduction qui pouvait s’exercer dans ces messages… En quelques lignes, il fallait convaincre et en l’occurrence me convaincre. J’avais presque l’impression de me trouver dans la place d’un employeur qui –je l’avoue- usais de toutes les discriminations possibles afin d’écrémer cette liste interminable de « candidatures spontanées ».
Je ne pouvais répondre à toutes, il me fallait choisir au mieux une ou deux personnes seulement. L’orthographe allait être a priori un des critères, mais aussi la photo, la description, parfois la profession mais surtout la tournure du message et ma montée libidinale du moment.

Rédhibitoires étaient les messages salaces ou les « Kikoo, k ve tu en fet ? » issus des sms des téléphones portables qui m’exaspéraient et que je trouvais ridicules voire mièvres.


Je choisis David, un jeune publicitaire de 27 ans, épicurien, aimant les rondeurs des femmes et recherchant une relation empreinte de tendresse et de complicité.
Il n’y avait pas de photo sur sa fiche ni beaucoup de description d’éléments physiques : juste le fait qu’il était brun et de taille moyenne.

J’avoue que le côté publicitaire me plaisait, sa description en tant qu’épicurien aussi même si la non-précision du poids m’inquiétait un peu.
Etre opulente ne signifie pas forcément qu’on aime les individus enveloppés !
Consciemment ou non, et bien que cela puisse nous déranger moralement, nous avons souvent les même a priori que l’on reproche aux autres d'autant qu’il y a cette dichotomie entre notre corps pensé intrinsèquement (mince pour ma part) et accepté et celui extérieur, social avec lequel notre relation est plus conflictuelle voire problématique.

Je décidai néanmoins de passer outre mes spéculations sur son physique et attendre.
 Nous eûmes une correspondance restreinte à quasi deux mails. J’étais pressée et excitée, au point de donner rapidement mon numéro de téléphone portable plus un rendez-vous dans un bar près de chez moi, toujours celui au bout de la rue, « Les Rigoles ».


Il ne me téléphona pas mais, quelques heures avant notre rencontre, me laissa un message charmant sur mon portable. Un de ces fameux sms, mais écrit tout à fait correctement, avec l’orthographe académique que je prisais tant: « Hello, préfères-tu que je sois en tenue chic ou sportive ce soir ? bises. David ».

Comment ne pas craquer devant une telle attention ? Je sentais que cette fois, j’allais vivre LA rencontre de ma vie.


Bien sur, le reste de l’après-midi se déroula entre chercher la tenue la plus sexy possible et mes passages obligatoires aux toilettes. Une heure avant notre rendez-vous, justement lors de ma centième visite dans ce lieu incontournable, je me rendis compte qu’une désagréable surprise m’avait chu : mes saintes règles avaient avancé leur visite de plusieurs jours.

Zut ! Si j’avais été ravie de leur présence pour ma rencontre avec Stéphane R., je n'appréciais guère ce comique de répétition.



Je me rappelais qu’une humoriste avait déclaré un jour, dans un sketch, que la première fois qu’elle avait porté un tampon, elle avait eu l’impression de tromper son mari toute la journée. Cela m’avait beaucoup amusée mais à cet instant fatidique, je trouvais beaucoup moins cocasse cette manière de tromper mon époux inexistant. Pour le coup, je préférais une façon plus conventionnelle !

Il était trop tard pour décommander et à vrai dire, j’étais trop excitée pour retarder notre rencontre. Tant pis ! Je pouvais toujours invoquer ce principe vieillot et de mauvaise foi du « Pas de sexe le premier soir ». Cela devait être mon mektoub!

Je partis ensuite pour le café, m’assis à une place un peu en retrait, au fond de la salle mais où l’encadrement de la porte était tout à fait visible. Nerveusement, j'attendais David. Au bout d’une dizaine de minutes, je reçus un appel: il se garait et arrivait...

dimanche 14 avril 2013

Pour vous mesdames (5) ou...

Quand Stéphane sonna chez moi la semaine d'après, il était habillé assez smart, rasé de prêt...Et sentant bon le savon (visiblement sous son air blasé et débonnaire, il avait retenu la leçon de se présenter frais chez moi)

Il me fit la bise en bon camarade (de chambrée ?) et s’assit sur mon canapé, évidemment du mauvais côté mais cela n’avait plus d’importance, et, tout en me sortant les quelques banalités d’usage, s’empressa de rouler son joint.

Ca y est nous avions déjà des rites, des habitudes…

Il est toujours curieux de constater à quel point nous avons besoin de reproduire certains même gestes, certaines même actions pour nous rasséréner… Des sortes de rituels magiques inconscients. A chaque fois que vint cet homme chez moi, peut être une dizaine de fois, il s’assit à la même place, m’embrassa à chaque fois de manière identique pour me saluer, prononça souvent les même mots, fuma au même moment de la rencontre un pétard en utilisant le même livre, emprunté à ma bibliothèque, pour l’utiliser comme support à son mélange tabac-cannabis… Finalement nous n’étions vraiment pas loin des jeux magiques où nous devons marcher sur les jointures du trottoir sinon quelque chose de désagréable se produirait.


Lors de cette deuxième rencontre, déjà plus décontractée, je décidai de mettre en pratique les leçons de la première session : lorsque nous fûmes nus, je me laissai aller afin de respirer un peu plus fort, de gémir plus bruyamment même si je me sentais assez ridicule et un peu honteuse, ayant – avec raison – la nette sensation de surjouer.


J’étais plus inquiète quant à la pose du préservatif. Bien sûr, je m’étais exercée moult fois sur des bananes, concombres ou objets contondants, mais je m’aperçus très vite que ce n’était pas la même histoire ! Ma maladresse était certes touchante, sauf que j’étais la seule à pouvoir comprendre ma nervosité voire fébrilité.


Déjà j'avais bloqué toute la semaine sur le moment de la pose: à quel moment le mettait-on, fallait-il se précipiter dès que son sexe bandait ? Et là; malheureusement ou heureusement; cela faisait déjà un bon moment, par bonheur mon compagnon était visiblement rodé à cet exercice ; mais lorsqu’il me demanda de lui mettre la capote, tout en me répétant les leçons théoriques apprises, je me sentais un peu déroutée. D’abord prendre le petit sachet et le déchirer en faisant attention avec mes ongles… Déjà là, ça clochait parce qu’avec mon pic d’anxiété, je n’arrivais pas à déchirer l’étui… Si ça y était – ouf ! Ensuite, pincer délicatement le réservoir pour éviter qu’il y ait de l’air et mettre la capote sur la bite en érection … Là, ça n’allait plus du tout, je n’y arrivais tout bonnement pas.

D’ailleurs, je n’y arrive toujours pas… On a beau se dire que c’est une question d’habitude et ben non ! Y a des gens doués, et d’autres maladroits et empotés qui n’y arriveront jamais.

Devinez où je me situe ?

C’est comme rouler des cigarettes… J’ai fumé deux ans du tabac roulé et je me suis escrimée à essayer de rouler manuellement mes clopes, je n’y suis jamais parvenue... Inutile de vous dire que je faisais piètre figure parmi mes copains babas avec ma petite rouleuse.

C’est d’ailleurs la principale raison… Pour laquelle je n’ai jamais été une fumeuse régulière de substances illégales. Mettre environ quatre heures pour rouler un cône où tout est tombé ne risquait pas de me plonger dans les abysses de la drogue.


Heureusement, avec un petit soupir, Stéphane saisit le préservatif et d’un geste expert l’enfila sur son sexe, avant de se pencher sur moi et de me re-caresser, puis de m’embrasser.

Lorsqu’il me pénétra, ma pensée fut d’un grand romanesque débridée du genre : « Enfin, nous y voilà, ça y est, c’est fait !»

Je trouvais cela assez agréable mais malgré les talents d’écoute indiscutables de mon partenaire, j’étais loin du brasier ou feu d’artifice rêvé.

Ce ne serait certes pas cette fois que je découvrirai ce qu’était le fameux orgasme.

En fait, bien qu’agréable, j’étais à la fois surprise de la simplicité de l’acte et trop spectatrice de ma propre performance pour pouvoir vraiment la savourer.

A ce moment là, je compris aussi « le » paradoxe : cela n’aurait eu, en fait, aucune importance si je n’avais jamais connu de coït car ma sexualité avait évolué, grandi en même temps que moi.

Malgré mon inexpérience de l’acte à deux, je n’avais certes plus les blocages, gênes que j’avais pu concevoir adolescente.

J’avais découvert mon corps depuis bien longtemps, déflorée par mes rêveries solitaires agrémentées d’outils contondants dont les catalogues de vêtements se plaisent à vanter les vertus de tenseur au niveau des rides du visage.

En revanche, si libidinalement on était loin de l’apothéose, je savais que la vraie découverte était le plaisir du contact du corps de l’autre, sa tiédeur, sa douceur, cette tendresse ou réconfort physique que je n’avais jamais soupçonnée: Je n’avais jamais pu imaginer auparavant à quel point j’avais pu être seule dans tous les pores de mon épiderme. Instinctivement, je comprenais que cette dépendance immédiate à cette chaleur animale serait irrémédiable. Une fois goûtée, le poison se distillait joyeusement dans tout mon organisme.




De cette rencontre, perdue déjà dans les méandres de mes souvenirs, il reste l’étrangeté produite par le décalage entre le moment où nous couchions ensemble, moment savoureux où il fut toujours très doux, très pédagogue et même amusant, puis cette phase de l’avant ou après coït où nous n’avions strictement rien à nous raconter et où, honnêtement et certainement dans une grande réciprocité, je le trouvais antipathique et insipide.

Pourtant, comme amant, il arrivait toujours à me surprendre et à m’exciter presque indépendamment de ma volonté. Très rapidement d’ailleurs, je vis la différence entre un plaisir quasi automatique clitoridien (surtout lorsque titillé labialement) et celui plus fantasmé de la pénétration. J’appréciais l’idée d’être pénétrée vaginalement comme, peut-être, une revanche vis-à-vis de moi-même, comme un besoin impérieux d’union mais paradoxalement le plaisir physique était moindre que celui clitoridien déferlant ou d'autres au chemin plus détourné...


Je le vis de manière très épisodique pendant plusieurs mois et je dois reconnaître que je tirais une grande satiété de nos jeux érotiques.


Un jour, Roland m’appela tout excité et j’appris que « Pour vous mesdames » ne se contentait pas de ses rencontres extra conjugales avec la gente féminine mais était également inscrit dans un site homo où il proposait ses services buccaux à des messieurs si possible d’âge mur.


Cette découverte m’amusa particulièrement et me convint que ses dons incroyables érotiques, sa patience, sa diversité dans la concrétisation de fantasmes ont été enrichis par ses rencontres homosexuelles… En bref, avec toute ma partialité, mes a priori, je le trouvais bien trop doué et attentif à mon plaisir et à la manière dont mon corps réagissait pour être représentatif d’un étalon hétéro lambda.

Et je n'ai pas changé d'avis!




Prochain épisode : Paul loup Sulitzer

samedi 13 avril 2013

le bruit et l'odeur ou Pour vous Mesdames 4


Les choses s’enchaînèrent facilement et nous nous retrouvâmes rapidement nus sur le lit...

Je conservais seulement ma culotte en guise d'ultime écran pour des raisons de cycle et non pas - à vrai dire - de pudeur. Lui enleva son caleçon et s’étendit. J’allais enfin toucher LA chose, l’objet de tous mes désirs et préoccupations. 
Combien de fois m’étais je demandé comment c'était dans la main, si la sensation était douce, ou chaude..
Je restais très perplexe par des notions de décalottage de gland, de taille du pénis et de son érection…J’allais enfin avoir les réponses de tant de questions. 

Erf! Quelle ne fut pas ma déception ! L’objet de tant de convoitise était au creux de ma main dure, tiède mais si dérisoire. J’étais loin des phallus géants plastifiés vu dans les vitrines des sex-shops ou des bites imposantes des films x regardés… De près cela me semblait si naturel, banal… J’étais à mille lieues d’une scène de bacchantes avec des faunes sauvages aux braquemarts monstrueux… Non là c’était si évident, si familier que je me demandais si je n’avais pas déjà vécu cela et l’avais oublié après des soirées particulièrement alcoolisées.
 Ce n’est que bien plus tard que je compris que ce monsieur avait un sexe des plus convenables. 



Ce qui me parut le plus bizarre dans cette aventure c’est à quel point tout était si simple. Je m’étais pris la tête durant des années alors que tout s’enchaînait, s’emboîtait naturellement.
 J’avais par mes craintes saccadé le temps à la manière d’un Zénon d’Elée avec sa tortue. 
C'est-à-dire qu’au lieu de penser dans une continuité du moment, mes peurs avait créé un gigantesque trombinoscope où je cherchais à rassembler les puzzles de l’acte fantasmé : A quel moment devais-je l’embrasser, toucher son sexe, le sucer, le branler, lui lécher l’oreille ?... Mais la réalité était tellement plus simple, je ne réfléchissais plus mais réagissais aux stimulus, à mes envies et aux siennes… Anticipais ses gestes…

Tandis que mon cerveau vaquait à des considérations oiseuses sur la banalité du coït, telle un vétéran blasé, il me demanda à ce moment-là, si j’avais réellement mes règles et cette fois-ci bien dépitée je lui confirmais. 

Aparté et chose amusante, lui qui m’apparaissait si antipathique et insipide, à l’horizontal devenait amusant, plein d’esprit et d’écoute:  les choses demeuraient simples et ludiques.

Après un moment de caresses et de baisers je m’apprêtais à tester mes talents buccaux et descendis par un chemin de baisers sur son torse musclé et poilu vers son sexe en érection. J’eus à ce moment là une mauvaise surprise et restais perplexe...

Je sentais comme une odeur… Je restée partagée par la répulsion quant à l’odeur légère -il est vrai- de crevette et l’envie de débuter ma première fellation. 
Je me maudissais d’avoir un odorat si fin et pensais soudain à Roland qui m’avait dit la veille en plaisantant : Attention si c’est bleu, avec des pustules et que ça pue, tu suces pas !!!

Cruel cas de conscience !!!

Que faire ? Sa bite avait l’air saine et  je ne savais pas si cette odeur était naturelle ou si le monsieur n’avait tout simplement pas daigné se laver avant de m’honorer de sa visite.

 Je m’approchais un peu plus et dans un excès de grand courage en retenant tant bien que mal ma respiration je prenais son sexe dans ma bouche, titillais son gland avec ma langue mais très rapidement cette odeur fétide me submergea. 
Moi qui avais une sainte phobie des germes et détestais les odeurs corporelles, je me regardais léchouiller un phallus d’un inconnu au goût crevette. Non décidément, je ne pouvais pas !

D’un air débonnaire, afin de ne pas désobliger le monsieur , je remontais donc vers son visage mais à mon grand désappointement, il me demanda de continuer. Aïe ! Que faire ! Que dire ! cruel Dilemme entre mon odorat quelque peu traumatisé et mes bonnes manières... Quoique là j'étais en train de lui sucer la queue, les bonnes manières sont peut être pas forcément de la partie....Bon autant être franche, je lui souris donc et lui susurra à l’oreille que cela sentais un peu trop fort à mon goût.


 J’essayais d’être la plus douce possible me disant que si quelqu’un m’annonçait cela, dans de telles circonstances, je serais totalement mortifiée.
Je m’inquiétais pour peu car il me regarda incrédule tout en m’expliquant qu’il s’était lavé la veille au soir et n’avait pu le faire ce matin et que j’aurais dû lui dire plus tôt, il serait allé se rincer. Oh le con!

Nous nous embrassâmes encore tandis que je le caressais puis il me dit abruptement qu’il allait se finir. Je restais perplexe en le regardant jouir, me demandant si j’avais fait quelque chose de mal. Il prit enfin une douce, nous nous rhabillâmes et en 5 mn chrono, nous convînmes d’un rdv pour la semaine suivante, et il m’énonça doctement que je ne devais pas être complexée qu’il se moquait de mes rondeurs et que les hommes aimaient entendre leurs compagnes réagir un peu plus bruyamment que je ne l’avais fait...Ah ça y est nous étions en position verticale et je me rappelais subitement combien cet individu était cuistre et finalement fort peu sympathique. Il me fit la bise sur la joue en me souhaitant une bonne semaine, ce que je trouvais un tantinet ridicule après les longs baisers peu innocents pratiqués 10 mn plus tôt et partit.

Whaouh ! Je n’en revenais pas de ce flirt poussé que je venais de tester.
J’avais hâte de raconter ces péripéties à Roland et, après avoir fait un brin de toilette, je partis le rejoindre afin de lui raconter ces dernières heures.
 A ma grande déconfiture, quand il me vit, avant même que je parle, il explosa de rire, me demandant ce que j’avais bien pu faire, j’avais la peau rouge comme après une grosse allergie et ma bouche déjà charnue avait, selon lui, doublé de volume. Bref, ma mission matinale avait dû être couronné de succès. Effectivement et je m’empressais de lui narrer toute mon aventure mais lorsque vint l’évocation de la légère odeur de crustacés émanant de la verge de M. Grand bleu bis. Roland se mit à se tordre de rire en me disant de ne plus jamais l’approcher, que c’était absolument répugnant. Qu’il était hors de question que je l’embrasse de nouveau… Que pour une première, je m’enlisais déjà dans les tréfonds du vice et de la perversité…

Je savais qu’il me taquinait, mais j'avais un peu honte et étais profondément vexée du tour que prenait notre conversation. Je m’étais attendue à quelques louages pour avoir su passer outre mes peurs viscérales et voilà que même en édulcorant de plus en plus le propos, Roland restait fixée sur cet incident. 
Pour conclure, il me dit qu’il espérait que je ne reverrais plus ce malotru qui n’avait pas été capable de faire l’effort d’une toilette matinale, ce sur quoi je ne pus que le contredire en lui expliquant que je lui avais déjà donné rdv pour la semaine prochaine. Malgré tout j’avais la ferme intention de le revoir afin de mener à bien ma mission : bref, je voulais conclure !

En revanche, il me rassura sur le fait que Stéphane R. à la fin, s’était branlé, seul, afin de jouir pleinement. Beaucoup d’hommes d’après mon docteur Ruth personnel, finissaient ainsi eux-même cela lui arrivait souvent indépendamment de la qualité de la prestation donnée par ses amants occasionnels.

Cela me soulagea beaucoup car j’y avais vu l’indice de ma maladresse. J’étais donc prête pour le second round !

La semaine d’après, directement chez moi cette fois-ci. Mes intestins furent évidemment tout émus, encore une fois, à la perspective de le revoir et d’ « approfondir » notre relation ! J’avais acheté des préservatifs, m’étais habillée après diverses hésitations, le plus sexy possible. Je me demandais si j’allais apprécier ma première pénétration. Les baisers ne m’avaient pas paru très excitants, la semaine précédente. J’avais plus l’impression d’une curieuse humidité et de lécher un mollusque quelconque, genre escargot.
Cela ne m’avait pas non plus écœuré, j’étais juste restais perplexe et assez désappointée. En outre, Roland m’avait dit que le baiser c’était certainement le meilleur de la bagatelle. Et bien si c’était exact, cela promettait!!!