dimanche 31 mars 2013

Prélude à l'après-midi d'un faune 1



"-Alors, raconte Busty! Tu avais promis, comment tout cela a commencé?"

Voilà une bien bonne question, cela fait si longtemps et pourtant certaines bribes restent fraîches, je crois que nous étions à la fin de l’été 1999, Il faisait très chaud et Ronan et moi sirotions un coca light tandis que notre sempiternelle discussion recommençait: il était temps que je me bouge le cul, je devrais vraiment dépasser mes appréhensions et rencontrer quelqu’un afin d'enfin avoir des relations sexuelles.
J’étais bien d’accord mais comment faire? 
J’avais 30 ans et en tout et pour tout dans ma longue existence je n’avais eu qu’un flirt avec un ami d’enfance à l’âge de 23 ans, saoule!
Faut bien avouer que j'étais pas très bien partie au starter de la course de ma vie charnelle, un faux départ qui traînait en longueur...j'étais embourbée, tétanisée d'appréhension et je savais que je ne pourrais pas y arriver.

D’autant que mes complexes s’étaient encore accentués l’année précédente lorsque Ronan avait décidé de faire une vidéo artistique sur le baiser, à Londres avec des amis.
L’idée était toute simple, filmer une ronde de baisers de 4 secondes de gros plans où nous nous embrassions à la chaîne, moi avec ma vieille amie B., puis avec son mari, puis avec Ronan etc.
Ce qui paraissait fort simple devint un calvaire.
Crucifiée au Golgotha du bisou; je me rappelais pourtant ces baisers que j’avais échangé avec mon vieux copain d’enfance Cyril...Arf, il  était resté à mes yeux très doux et assez sensuel même s’il ne m’avait pas particulièrement excitée.Ce ne fut pas le cas ce jour-là,  avec mes larrons, devant le parvis de la Tate Modern. Je ne sais pas vraiment comment définir cette expérience si ce n’est l’entrechoc de dents, de la salive partout…Bref quelque chose d’horrible!!!



Le pire, ô honte suprême, fut évidemment lorsque nous avons regardé la vidéo. J’avais tout fait louper et au lieu de ces gros plans très excitants que l’on voit dans les films, je voyais une masse certaine si j’en juge mon embonpoint ; masse qui picorait une seconde dans la bouche de mes amis, puis reculait avec un air dégoûté, ce qui, entre-nous, participait moyennement à une imagerie érotique.


Alors, que faire?

J'étais même allée voir un psychiatre afin de lever ces blocages mais nous avions parlé de tout sauf de cela et après 4 mois de psychothérapie puis de psychanalyse, et à raison de deux séances par semaine, je n’avais compris qu’une chose : en dépit de mon enthousiasme pour cette discipline, la psychanalyse ne me convenait pas. Elle alimentait seulement ma paranoïa : je payais 40 Euros par séance pour me demander tout le long à quoi pouvait bien penser mon psy que j’entendais seulement respirer derrière-moi.
Rien à faire! Impossible d’y voir une échappatoire ; lorsque je lui disais que cela m’angoissait et me tétanisait de seulement l’entendre respirer sans autre dialogue, la seule chose que j’entendais alors derrière-moi c’était un "hum hum" étouffé et guère rassurant ;
Sinon le vide :
"- à quoi penser à vous ?
-  Ben à rien!"


Bref, cela ne semblait pas la solution et au vu de ma progression, il me faudrait au moins attendre 20 ans pour aborder la question, puis en étant optimiste dix pour y répondre. Je ne voulais pas attendre la soixantaine pour débuter mes expériences sexuelles…
Donc je devais agir! Bien sur j’étais complexée car gironde mais je savais que je pouvais plaire, j’avais un atout imparable ou plutôt deux atouts qui ne passaient guère inaperçus: Mes seins!
Sans fausse modestie ni vantardise malséante, je suis dotée d’une poitrine exceptionnelle par sa taille, des attributs énormes, un petit 110 H (pour les amateurs éclairés de lingerie) qui faisaient sensation dans la rue d’autant qu’après une longue période de col roulé qu’il pleuve, vente ou fasse une chaleur insoutenable qui avait marqué la décennie de vingt à trente ans, j’étais passée enfin à celle des décolletés.
Au bout de dix ans j’avais effectivement compris qu’il ne servait à rien de tenter de cacher ma poitrine avec cette ruse très subtile du col roulé, cela ne faisait qu’accentuer ces regards car tout naturellement les gens se demandaient quelle était cette folle qui se couvrait en plein été. Du coup, après maintes hésitations j’avais opté pour le confort et plutôt que de passer pour une pauvre fille complexée je préférais donner l’impression d’assumer totalement la sensualité débridée.

Ceci dit, malgré mon apparente confiance en moi, ces regards ou réflexions quasi journalières des hommes dans la rue me troublaient, me flattaient souvent, mais étaient un peu trop directs ou cash pour que je puisse y répondre. Je pensais: " pourquoi pas? Laisse toi aller à boire un verre avec tel ou tel inconnu" mais lorsque je répondais plus ou moins aimablement, je déniais toutes les invitations et ne pouvais malgré mes regrets et mes fantasmes concilier mes désirs et ma peur qui me dictait ma conduite. J’avais peur!

Après quelques années je comprenais que je ne ferais rien ainsi et dans les soirées peu nombreuses auxquelles je participais les invitations ne fleurissaient guère et de toute façon cela me paraissait inconvenant d’y répondre: j’étais venue voir mes amis et non tenter ma chance pour trouver l’heureux ou l’infortuné élu qui m’initierait aux joies de la galipette acrobatique.




3 commentaires:

Ricky a dit…

Plaisant à lire et j'ai bien aimé l'image "Personne n'aime mon blog Dr..." LOL ;-)

lovesex autel a dit…

De façon le cul c'est surfait. Sert à rien.

ciryon galador a dit…

Je ne dirais pas que c'est surfait ou que cela ne sert à rien mais cela n'apporte pas toujours ce que l'on veut...