samedi 21 décembre 2013

knack knack on heaven's door

Un an que j'avais découvert les joies du coïtus et pas seulement interrompus. Le bilan était mitigé:  j'étais toujours au chômage et j'avais rencontré une dizaine de personnes sur le net me permettant ainsi de mieux appréhender mon corps et de découvrir ce qu'a priori j'aimais et n'appréciais pas.
J'étais enfin plus ou moins réconciliée avec mon apparence , laissant libre cours à cette sensualité que j'avais longtemps bridée voire refoulée.

Je saisissais également mieux les raisons de cette légère honte que je ressentais silencieusement dans ma volupté de la matière, notamment plus jeune en peignant, dans cet enivrement provoqué par la peinture, l'huile ou l'acrylique, par le toucher ... cette charnellité et danse du corps sublimés par le pinceau...
Ce plaisir, je l'avais longtemps occulté imaginant qu'on ne pouvait se réfugier et se gaver ainsi de matière et posséder également une certaine acuité intellectuelle...
Pensée magique, superstition personnelle; aux confins du ridicule, teinté de mon puritanisme inconscient; un masochisme nécessaire à toute création idéelle...aberrant autant que mon manque volontaire de confort dans mon antre, jusqu'au jour où Roland exaspéré me déclara tout de go : "tu sais, avoir un canapé ne t'empêchera pas de lire ou te fera pas lire moins bien, t'auras juste moins mal au cul"
Ma foi! j'avais beau tourner cela dans tout les sens de ma martyrologie personnelle, je ne trouvais aucune faille dans ces sages mots et il était enfin temps d'enterrer cette opposition binaire infantile entre sensualité et intellect ...pour enfin apprécier le ludisme de la situation et de ces rencontres éphémères.

D'ailleurs maintenant que la vérité m'avait été déclarée, illuminée de ma grande expérience de 12 mois, j'en discutais quotidiennement sur internet, dans un échange plein d'humour avec un admirateur mammophile plein d'allant voulant absolument me rencontrer.

J'étais bien sûr tentée tant son désir semblait impétueux et une complicité épistolaire s'était établit mais rapidement alors que je cédais enfin à ses avances et acceptais de le rencontrer, le bougre semblait de plus en plus hésitant...était-il atteint du complexe d'Albertine et n'aimait que ce qui lui était inaccessible?

Bien des années après, je fus ainsi durant de longs mois titillée par un homme dont les moeurs un brin sauvage m'inquiétait et me faisait hésiter...derrière notre amitié, j'étais couverte d'attentions, de like sur les réseaux sociaux où je l'avais connu, jusqu'au jour où j'acceptais enfin le tête à tête tant attendu...et lui avouais à mon tour ressentir un certain frémissement à son endroit...à ce moment là ...changement radical, un fossé se créa aussitôt: le bougre s'excusa la veille de ne pouvoir honorer notre rdv puis progressivement l'indifférence s'accrut, plus de like, plus de mots, plus d'envie et une simple camaraderie très mondaine remplaça les dialogues hots...faut dire que j'avais repris quasiment mes kilos, que j'étais devenue assez amie avec sa compagne, cela n'engageait visiblement que fort peu à la fornication.

Non, c'était différent chez mon admirateur épistolaire mammophile: il était géné de ses mensonges car plusieurs semaines auparavant il s'était décrit comme un grand homme , la trentaine bien entamée alors qu'il  m'avoua soudain avoir onze ans de moins que moi, à peine 22 ans, mesurer 1m52, n'avoir jamais eu la moindre relation avec une femme et être extrêmement nerveux et angoissé à ce sujet.. Par ailleurs, autre spécificité étonnante mais non dénué d'intérêt: il avait un phallus de 22 cm.

Cela me toucha évidemment beaucoup puisque je m'identifiais à ce jeune homme, sa solitude, ses peurs, sa bizarrerie physique hors norme. Je me renvoyais un an en arrière , impuissante et frustrée de ne pas dépasser mes craintes. Je devais absolument aider ce jeune homme pour qu'il ne subisse pas le même calvaire!  tel le chanteur des blues brothers dans sa paroisse, je découvrais la lumière et me mis à le rassurer en lui écrivant des contes, des histoires pour l'amuser et dédramatiser cet évènement.

Cela réussit plutôt bien puisqu'après quelques messages nous convînmes d'un rdv au café... je me pensais nerveuse et tremblante, mais ma timidité naturelle s'atténuât grandement en voyant arriver un tout jeune homme, assez mignon même si ne correspondant pas forcément au stéréotype du mâle dominant et extrêmement bavard.
Hocine était souriant mais ressemblait à une puce sautillant sur son siège car atteint d'une nervosité presqu'hystérique...Du coup, forcément je n'étais pas grandement impressionnée ni paralysée par une tension sexuelle...non! en fait, l'idée de frayer avec cet individu me paraissait assez incongru moi qui aimait par dessus tout la placidité voire le flegmme anglais, voilà que je discourais avec une sorte de héros de la techtonique moderne où les gestes saccadés parcouraient l'espace tandis que sa voix couvrait en continu mon ouïe comme un effet de larsen épuisant... J'avais folâtré avec un tigre qui m'avait lacéré la peau, des taureaux soufflants et écumants, cette fois-ci, je me retrouvais devant une mouche ou un taon et cherchait désespérément la tapette pour l'assommer d'un coup sec!

Non! vraiment cela n'allait pas aller...d'ailleurs à ce propos lui non plus car son teint virait de plus en plus à au cireux quand il m'avoua se sentir très mal et être parcouru de sueurs froides.
"-Non, mais ne t'inquiète pas, je n'ai pas le temps nous ne ferons rien aujourd'hui, rassures-toi"
Ah! J'avais découvert un nouveau métier ou une nouvelle vocation, coach libidinal, la Davina ou Véronique de la galipette...  toutouyoutou! non je n'étais pas sous une douche savonneuse et au lieu d'un juste au corps je portais une guêpière de satin ,des bas à la place de guêtres fluos...

Hocine, reprenait juste des couleurs pour m'expliquer en geignant combien il se sentait incapable d'embrasser qui que se soit, lorsque, un brin excédée, je me penchais vers lui, l'attrapais par le col manquant de le soulever et lui plaquais mes lèvres contre les siennes, forçant avec ma langue le passage...trop stupéfié il se laissa faire...je lui laissais reprendre souffle avant de reprendre mon bouche à bouche plus doucement et lui dit enfin en souriant 1 min après "voilà, maintenant, c'est fait tu n'auras plus peur, tu sais embrasser".
il opina et je m'attendais qu'il brandisse à tout instant une gousse d'ail voire même un crucifix ou un coran mais il était trop sidéré. Moi, je me délectais de ce répit sonore, car maintenant on aurait pu justement entendre une mouche voler...


je l'abandonnais peu de temps après, prenant un prétexte fallacieux pour retrouver le calme de mon antre et le plaisir de mes livres... je n'eus plus de nouvelle pendant quelques jours, puis je reçus un mail me disant qu'il devait absolument me parler...je lui donner donc rdv le lendemain chez moi, sans grande conviction.

Il arriva tout autant remuant que la semaine précédente mais bien moins nerveux et s'assit sans attendre sur le canapé en me brandissant du doigt et m incriminant " c'est ta faute!, tu m'as changé , je suis différent, je me sens comme un prédateur sexuel désormais, je drague et me sens différent!"

Il était assez insupportable en fait et je trouvais ridicule son discours où il se comparait désormais à un fauve lorsqu'il m'attrapa le visage et m'embrassa tout en caressant mes seins...ah oui, effectivement y avait du changement, mais ses gestes étaient cavaliers et je n'appréciais pas d'être ainsi bousculée après avoir reçu ses remontrances...en fait Hocine, était fort différent de moi et je découvrais mon orgueil d'avoir songé "le libérer" de son impuissance à agir.

Tandis  que je m'apprêtais à protester et grommeler sur ce traitement et appréciais très modérément ses baisers très secs et peu sensuels, je pensais que ce n'était peut être pas une bonne idée d'omettre une objection alors qu'il était enfin un peu plus sure de lui, me sentant redenouveau profondément altruiste d'autant qu'un détail me tiraillait, j'étais très curieuse et avais envie de découvrir enfin à quoi ressemblait un sexe de la taille de Rocco Siffredi, surtout sur un individu aussi petit et mince...

En toute honnêteté, j'avais dans ma petite expérience découvert et testé bien plus de micro pénis que le côté faunesque des estocs masculins...voir un énorme phallus avait allumé ma convoitise et ma curiosité...  j'avais découvert que j'aimais parfois une certaine bestialité et être retournée dans tous les sens...aussi, il faut bien avouer que je me laissais donc fort civilement peloter en évitant quand même ses baisers décidément peu à mon goût pour petit à petit entrer dans un strip tease mutuel ... nous étions sur mon lit, et il ota finalement son slip pour me laisser découvrir...heu...au lieu de cette bite d'amarrage qui me faisait un brin fantasmer, je voyais dans mon champ de vision...une gigantesque saucisse de Strasbourg matinée de queue de Marsupilami...c était si long que son érection était pas très dure et son sexe battait l'espace comme une queue incongrue d'autant que l'effet de gigantesque knack était accentué par sa circonférence. Hocine avait certes une queue immense, longue mais sur un tout petit corps et très  très fine: ce n'était pas un large braquemart fantasmatique que j'avais devant moi issu des meilleurs ou pires films porno non, j'avais un étrange fouet qui battait l'air de manière assez ridicule...

Par ailleurs,  je n' eus pas le temps de le toucher ou de le prendre en bouche car Hocine, toujours sur le mode puce, sautillait sur mon corps, le parcourant de baisers et caressant mes courbes, insistant sur les tétons.. je le laissais faire avec paresse jusqu'au moment où ayant enfoui sa main pour caresser la moiteur de mon intimité et alors que nous n'avions rien fait d'autre qu'un  léger frotti frotta, je retrouvais la même mine olivâtre que lors du café...Il me regarda horrifié et me dis que son sexe le piquait...je n'avais rien fait monsieur! mais son regard était accusateur et découvris qu'il m'observait comme une prostituée, choqué que je puisse avoir eu en une année une dizaine de rencontres, j'étais sale! et le simple fait de m'avoir touché semblait lui avoir donné tous les maux de la terre, une sorte d'allergie psychologie soudain le gratter...la gale...Avec rancoeur, soudain dans mon baiser violer son innocence et transmis au moins la chaude pisse.
Il se sentait dépravé , souillé, dégradé de m'avoir rencontré et parcouru de ses caresses , d'avoir goûté à ma poitrine, à mes baisers.

Dans un grand calme, je l'écoutais me reprocher ce déflorement et  profitant d'une accalmie verbale, lui dit posément avec un ton polaire qu'il était alors peut être temps qu'il parte... ce qu'il fit tout en m'abreuvant de reproches.
J'étais mortifiée et resta longtemps bien après son départ recroquevillée, me sentant terriblement blessée de ce regard, de ce dégoût...moi qui étais obsédée par les germes, je m'étais vu dans son regard comme un cloaque de miasmes et dépravations diverses...Non il était vraiment temps de stopper ces rencontres! Il ne s'était pourtant rien passé mais j'avais l impression d'être couverte de crachats.

Un an après, je reçus un mail de sa part, pour la nouvelle année me souhaitant ses voeux et me disant qu'il ne savait si je me rappelais de lui mais que lui ne parvenait pas à m'oublier, qu'en bien ou mal cette rencontre avait été déterminante et l'avait transformé et qu'il voulait juste que je le sache.
je n'ai pas répondu.




lundi 30 septembre 2013

Du canon à la grosse Bertha!

Mon amie Cassandre, peu de temps après le départ du kiné vers de nouveaux horizons, me téléphona afin de me remonter mon moral en berne et accessoirement de me servir d'entremetteuse. Je connaissais ma grande copine d'un site de size acceptance, le Pulpeclub, où j'avais eu un coup de coeur amical pour cette demoiselle aussi vive d'esprit que drôle et libérée et nous discutions de tout sujet sans aucun tabou en les ponctuant généralement de grands éclats de rire.

De fait, ce jour- là, elle m'appela toute émoustillée pour me concaincre d'aller boire un verre - en toute amitié évidemment -  avec un de ses bons copains du fameux site...un certain Jonathan qui souhaitait pouvoir me rencontrer...  Pas trop méfiante, quoique réticente du fait de ma timidité et de ma tendance à vivre en ermite, goutant à la quiétude de ma solitude pour déroger à ma routine, j'acceptais néanmoins de guerre lasse cette proposition à force de "tu verras, il est super sympa" ponctuée des gloussements de mon amie.

Quelques jours plus tard, je me dirigeais donc, en fin d'après-midi , vers un café au bord du canal de l'Ourc, pour rencontrer ce jeune trentenaire...je découvris en terrasse un  visage débonnaire qui me souriait d'un châleureux sourire et dont la mine me rappelait étrangement Pierre Perret du fait de son nez en trompette, et en dépit de son métissage battave camerounais du plus joli effet.

J'avais devant moi un  bel homme  doté d'un beau sourire,d'un air mutin et gourmand, impression renforcé par sa petite quinzaine de kilos en trop.
 Il sirotait une bière et se leva joyeux pour m'acceuillir. Je commandai à mon tour un casanis afin de l'accompagner à l heure de l'apéritif et me donner du courage. Inutile dopage car nous conversâmes rapidement comme deux bons amis....j'aimais son esprit vif et taquin et son aisance relationnel matiné de don juanisme...le jeune homme était un fieffé dragueur mais si drôle que je ne me formalisais pas de ses tentatives appuyées de séduction.
Je restais sage n'ayant absolument ni le coeur ni la tête à cela et après deux heures de rires et discussions diverses et variées notamment sur nos recherches infructueuses de boulot: lui en tant que journaliste et moi en tant que libraire nous prîmes congés avant de nous promettre de se retrouver quelques jours plus tard à la piscine, afin de se motiver ensemble pour perdre quelques grammes.

Dès mon retour chez moi, le téléphone ne cessait de sonner, Cassandre hilare m'appelait car... j'avais fait forte impression à jonathan...mais surtout en tant qu'alcoolique!

Ouch! Juste après mon départ, il avait appelé mon amie pour lui avouer consterné que j'étais très bien, selon ses critères, mais quel dommage que je sois alcoolique...stupeur de mon amie Cassandre lui demandant les raisons de sa spéculation...la bougresse avait juste oublié de le prévenir de mon petit désordre neurologique qui fait trembler naturellement mes mains telle une parkinsonienne, particulièrement spectaculairement ce jour-là, du fait de ma timidité. Aussi, notre Sherlock Holmes, m'entendant commander mon petit jaune comme un soda et nonobstant mes origines sudistes justifiant ce choix d'apéritif au lieu de l'horrible houblon qu'il ingurgité, avait donc diagnostiqué  chez moi à une grande addiction pour la divine bouteille.


Errare humanum est...je lui ferai  donc payer en le noyant à la piscine.

Ce fut, en fait,  le début d'une jolie complicité amicale et pendant plusieurs semaines, nous nous retrouvions tous les deux jours à la piscine ou au café à rire et discuter de tout. Un soir, son ordinateur en panne, je lui proposai de venir dîner chez moi et visionner ses éventuelles propositions de boulot. Tandis que ces dernières s'imprimaient, il se retourna vers moi avec son sourire éclatant et me demanda l'air de rien de danser avec lui. Mm... je me doutais bien que la proposition n'était guère innocente mais il était mignon, drôle, célibataire comme moi et j'aimais le sexe ludique simple et léger...Jonathan était le candidat idéal pour une amitié matinée de galipette me dis-je en me glissant dans ses bras pour notre slow improvisé...

Je n'eus guère le temps de m inquiéter de ma gaucherie pour la pratique savante de cette danse que j'avais fort peu pratiqué que sans surprise il m'embrassa. C était un baiser doux et sensuel...fort agréable et le deuxième plus impérieux commença à sérieusement m'émmoustiller d'autant que j'entendais la respiration de mon partenaire s'altérer...j'ouvrais les yeux pour voir mon copain avec un visage soudain figé, les yeux durs, me demandant d'une voix rauque, de me déshabiller....
"No soucy! jeune homme, je me déshabille",  lui était déjà nu révélant si je n'avais pas compris sa fébrilité, une évidente érection, je n'eus que le temps de prendre un préservatif qu'il me pénétrait, sans autre préliminaire que me pousser sans délicatesse sur le lit, et me retournait d'un coup de rein me projetant par la même occasion, la tête sur le mur... aie , ca faisait mal! à chaque va et vient d'une cadence de bourrin, je me cognais la tête et découvrais avec empathie ce qu'avait pu être les lancés de nains ou l'homme canon...



Mon taureau besognant soudain se mit à éructer un "tu es à moi, hein, dis-le que tu es à moi"...malencontreusement, l'oreille écrasée sur le mur et ma légère déficience auditive me fit rester silencieuse, ne comprennant pas un traite mot de ses gargarismes...je sentis alors une légère hésitation de mon partenaire qui me demanda plus hésitant: " dis que tu es une bonne salope et que tu es à moi"...
Arf, les hommes...ma foi, si y avait que ça pour lui faire plaisir...j'avoue que son trip dominateur mâtiné de vachette espagnole ne m'excitait pas trop, j'étais trop surprise et étonnée ni pour m'en offusquée ni pour ressentir le moindre émoi de mon mâle en action...aussi vu que j'étais déjà possédée, le malin vint naturellement inspirer ma réponse ...je répondais un "non", réitéré et n'en pouvant plus, j'explosais de rire...
Jonathan ne s'en offusqua pas et rit également. Dans une pause inopinée, il me regarda fassement sévère et protesta  " t'avais dit que oui"..."ben j'ai menti bien sur"..."ah salope, quelle salope tu es si j'avais su je t'aurais abordé bien avant " il m'embrassa, ...joua avec ma poitrine et...  ses yeux redevinrent vitreux...merde! le retour de mister Hyde et j avais pas de casque moto...je sentais que j'allais encore être projetée telle une pâte sur le mur...c'est bon! je restais collée, j'étais bonne à prendre et à manger.

Le lendemain je narrais tout à mon amie Cassandre hilare car elle aussi avait servi de femmes canon, et se rappelait ces fameux coups de reins et l'impression d'être à la fête forraine jouant au rodeo mécanique


Notre amitié ne résista pas très longtemps à nos relations même si épisodiques. Lorsque nous sortions à des soirées organisées par le site, je supportais mal de ne pas être la cible de son attention...narcisse et manque de confiance en moi obligent, j'ai toujours aimé être la préférée à défaut de l'unique ... le voir draguer alors que j'étais là me paraissait une faute de goût et un manque total d'élégance même si nous nous étions pas promis fidelité ni engagés dans une relation sentimentale. Parrallèlement,  nos rodéos s'espaçaient de plus-en-plus car me laissaient un goût profondément amer : malgré mes accointances avec le bouddhisme, je ne  raffolais pas trop du soutra : "t'es une bonne salope, hein? oh que tu es une bonne salope!" répétée systématiquement  une cinquantaine de fois tandis que je jouais aux auto-tamponeuses avec mes neurones contre le mur de mon lit...il m'en restait assez pour déplorer sa monomanie lexicale et me demander pourquoi  donc égrenner de telles évidences?


dimanche 25 août 2013

le livre des seins et ses castagnettes!

Cela faisait déjà plusieurs mois que je discutais plaisamment avec un charmant jeune homme érudit, éminent spécialiste du sein. Ce gentleman médecin était très désireux de me rencontrer mais j'avoue que je restais dubitative sur son engouement mammophile alors que toute la journée il travaillait à palper et détecter les tumeurs de cet organe et je gardais une certaine réserve sur cette hagiographie fétichiste bipolaire: le bon docteur Jekyll qui fantasmait sur les vallons humains et Mister Hyde qui tâtait toute la journée les éclats impurs et cancérigènes de cette montagne sacrée...ah moins qu'il s'agisse  pour le coup du contraire.

Mais Rodrigo était vraiment adorable épistolairement, j'étais célibataire, me sentant un brin délaissée, encore marquée par ma rupture avec mon compagnon, la frustration de mon phallus photographique préféré et l’enivrement de se sentir ainsi désirer et la curiosité sur cette personnalité si insolite éroda et balaya au fur et à mesure toutes mes objections pour un jour accepter un rendez vous avec le fameux Rodrigo.

La veille, je venais de finir l'amusant pastiche de Philippe Roth sur la métamorphose de Kafka intitulé : "le sein" où le protagoniste un jour,à son réveille,  découvre un bouton sur son sexe qui le transforme progressivement en un sein gigantesque...cet amusant récit si riche psychanalytiquement m'avait réjoui et il me tardait de taquiner de  visu le bon docteur sur son engouement... du coup, le matin, j'étais gaie, sereine, habillée d'un robe en satin noire courte et de quelques froufrous intimes lorsque - comique de répétition oblige - je découvris que mon cycle lui aussi s'était amusé à me taquiner, me rendant visite avec quelques journée d'avance de manière inopinée...Décidément mon inconscient devait travailler pour que la fameuse dame nature vienne ainsi interférer dans mes projets de coïtus non interrompus!


Merde! bon! ben notre première rencontre allait être assez soft! Pourquoi pas! et je sirotais tranquillement  mon coca light jusqu'à l'heure fatidique, me demandant comment Rodrigo serait et se comporterait.
Je découvris, en fait, à l'heure dite un beau colosse Hispano-Touareg, souriant de manière éclatante et sérieusement ému des quatre étages qu'il venait de gravir.
Une jolie voix m'expliqua qu 'il avait le cœur battant de me voir. Flattée, je l'embrassais doucement et coquettement du bout des lèvres, lui caressant le visage et l' invita à pénétrer dans mon salon.
Assis sur mon petit canapé, je le rejoignit lui offrant gracieusement un verre d'eau tandis qu' il m'emprisonna ma main dans la sienne, l’embrassant et afin de me faire sentir son cœur chavirant qui effectivement cognait à toute allure.
Je souriais gentiment, priant que ce grand jeune homme de quarante ans ne fasse pas un infarctus dans mon antre et en caressant gentiment ses cheveux lui dit qu' on avait tout le temps que de toute façon il s'agissait d'un premier face à face, que ce qui comptait était la qualité de ce petit interlude amical et sensuel et l'embrassait pour me faire immédiatement manger par une bouche impétueuse et sensuelle... terriblement enfumée...moi qui avait arrêté deux ans auparavant la cigarette, je retrouvais le goût de mes lucky par salive interposée, olé!

Et alors qu'au bout d'à peine cinq minutes,  nous allions gentiment dans ma chambre afin d'être "plus à l'aise", je me retrouvais soudainement en culotte, la robe extirpée vivement, le soutien gorge quasi arraché et soudain je fus brutalement courbée la tête projetée sur mon oreiller...ouch' mon toréador devait me prendre pour une vache espagnole et alors que dans une fraction de seconde anxieuse je me demandais si j'avais été bien prudente quand même d'inviter ce monsieur au sang visiblement très très chaud et si il allait quand même pas passer outre mon dernier voile de pudeur cotonneux afin de m'empaler sans plus de forme puisque ne pouvant célébrer mon autel de Vénus... je  le sentais effectivement extremement dur et tendu derrière moi, alors que collé à mon dos, flairant, soufflant et me maintenant cambrée par ma chevelure quand j'entendis subitement un immense hurlement!

je sursautais et me retournais l'entendant hurler dans mon appartement (mince mes voisins) et se tenant le slip  -  merci sherlock holmes -  son phallus: "j'en chiiiiiiiiiiiie! j'en chie!!!!!!! noooooooon! trop douce! j'en chiiiiie! je te pensais pas si douce! j'en chie!"

Voilà, voilà, voilà...j'ai un côté vieille France et si quelques injures, grossièretés m'émoustillent, là j'étais un peu choquée des propos de ce bon monsieur quand même, tout en compatissant avec sa douleur...mon esprit, n'ayant jamais été célèbre pour sa célérité cérébrale s’apitoya immédiatement en se disant "le pauvre monsieur, l'émotion, les sphincters ont du lâcher, c'est la honte" avant de me dire que ce colosse plié en deux, pleurant bruyamment à grosses larmes se cachait plutôt le sexe que le fessier et là, enfin, la lumière fut...hélas! quelque chose avait du céder chez mon ami bien plus vite du fait de son excitation et  redenouveau, face à moi, se tenait un homme pleurant à chaudes larmes, honteux d'avoir été "un peu" trop rapide...décidément c'était une spécialité carabine vu que j'avais déjà vécu la même situation avec mon  jeune étudiant en médecine.

Je contemplais tristement un Rodrigo dépité voire même désespéré, pleurant et gémissant de manière démonstrative quand je me décidai enfin de le soulager de cet embarrassant moment et vins aussitôt l embrasser en le rassurant et susurrant que ce n'était pas grave au contraire très flatteur pour moi toute cette émotion et qu'on allait maintenant tout reprendre et que d'ailleurs il s'était pas occupé de moi, et je l'entraîna sur mon lit tandis qu'il reprenait confiance maintenant que sa virilité était sauve! ouf!

D'ailleurs, maintenant, apaisé il me souriait de son superbe sourire, m'embrassait, me cajoler, me caressait avec une grande dextérité au point qu'à force d'inspecter en tâtonnant, suçotant sa spécialité diurne, je commençais à me sentir à mon tour toute chose et il réveillait chez moi un tempérament certain et animal...il me tournait, retournait, réchauffait toutes les parties de mon corps et je me laissais envahir par ce plaisir et cet éveil des sens, me faisant gémir et râler de désir et d'abandon lorsque... je pris conscience que j'entendais un écho déformé de mes soupirs...un curieux effet stéréo !

Douche écossaise immédiate digne de mes ancêtres highlanders, j'ouvris grands les yeux pour voir mon hidalgo  en souriant m'imiter!
"Il se fout de ma gueule le con!" fut ma première pensée bien moins énamourée que celles flottant dans ma tête deux minutes auparavant!
Déjà que j'ai une tendance certaine à la paranoïa et une certaine difficulté à me laisser aller et me sentir en confiance, voir quelqu'un avec un sourire jusqu'aux oreilles gloussant ravi de mes borborygmes et les reproduisant n'aidait pas à l'invitation au voyage!loin de là!!!

Arf! je n'avais pas mérité cela! mais cet air réjouit, quasi infantile me rappela le plaisir d'une de mes amies que j'avais amené en vacances en Lozère. Cette parisienne pur jus, à l'accent titi répétait sans cesse et sans vergogne, le moindre mot émis par les autochtones. Avant que nous nous fassions lapider par ces derniers, surprise, je lui demandai pourquoi elle se moquait ainsi des gens du coin et de leur accent. Interloquée à son tour elle me répondit, qu'elle ne se moquait pas, au contraire, elle aimait tellement les sonorités chantantes de la langue d'oc, qu'elle ne pouvait pas s’empêcher de les reproduire!
Mon Rodrigo ne se gaussait pas de moi, il était simplement au vu de son immense sourire, réjoui du plaisir qu'il me procurait et du coup enchanté reproduisait à l'identique les sons qui s'extirpait de mon humble personne, devenue sa guitare et  ayant depuis belle lurette oublié le couac du débit et début de ses castagnettes.

Plus tard, un peu apaisés nous discutâmes médecine, faits divers de société et je fus impressionnée par la connaissance et le ton docte et didactique de mon nouvel amant...la dichotomie entre le savant sûr de lui, m'expliquant les rouages de son métier et de sa spécialité (tout en rassurant mon hypocondrie, il avait tout bien inspecté le bougre et n'avait senti aucune tumeur dans mes seins, ouf!) et sa sexualité quelque peu extravagante voire, selon moi, un brin infantile me rappela combien parfois lors des tests de personnalités l'écart est grand entre un quotient intellectuel et émotionnel...quoiqu'il en soit le faux pas du départ dont nous reparlâmes jamais plus fut vite oublié et une jolie amitié naquit de cette rencontre éphémère quelque peu déroutante...


dimanche 28 juillet 2013

le phallus photographique

Cela faisait un an que je portais le deuil de ma relation avec mon compagnon.

Nous nous étions rencontrés peu de temps après le départ géographique du kiné. Tout nous opposait et il était aux antipodes du compagnon dont je rêvais: bien plus jeune que moi de plus d'une décennie, une situation relativement précaire et une franchise ou un  manque total de tact total que compensait en partie sa grande gentillesse..
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D'un rdv se voulant éphémère nous vécurent deux ans de grande plénitude et complicité...mais notre amour se traduisant par une grande tendresse quotidienne et notre omniprésence journalière (très rapidement nous fûmes tous les deux momentanément sans activité salariale et cloitrés ensemble dans 29m2) tua rapidement notre désir...

On ne désire que ce qui nous semble fragile, lointain, inaccessible...pas ce que nous avons à portée de mains or nous étions gorgés de tendresse, repus et devenus l'un pour l'autre des objets transitionnels -des doudous- dans une relation pérenne mais devenue infantile de bien être où l'érotisme demeurait cruellement absent.

Ceci plus quelques soucis plus existentiels, nous découvrîmes avec tristesse que parfois l'amour ne suffit pas et que le quotidien érode les plus jolies relations et nous séparâmes alors d'un commun accord... en tant que couple car géographiquement c était un tout autre problème et nous devinrent de curieux colocataires dormant dans le même lit et finalement à quelques coïts près vivant le même quotidien...quoique... quelque temps plus tard il rencontrait une jeune femme et vécu une passion charnelle dévorante avec elle.

Notre promiscuité et complicité fit que je ne ratais aucun détails de ce soap opéra qui déchirait silencieusement chaque jour un peu plus mon moral et ma confiance en moi déjà particulièrement fragilisée de cette rupture et de ma métamorphose due à un élargissement conséquent de ma silhouette provoquée par l'arrêt du tabac!

25kgs! ouch! faut dire que travaillant à ce moment là dans un grenier du centre des monuments historiques, à archiver sans enthousiaste...je compensais joyeusement mes soucis et mes compulsions orales par des montagnes de bonbons.
Je ressentais l'arrêt du tabac comme certaines femmes leurs grossesses...étant ronde je me surveillais depuis longtemps plus ou moins bien, du fait d' une culpabilité sur mes élans de gourmandise intense, de grignotage pour palier à mes angoisses mais là soudain, ô miracle, tout le monde semblait excuser cette boulimie de sucre du fait de mon tout nouvel état...
Arrêter du jour au lendemain 2 paquets de cigarettes par jour paraissait une raison suffisante, une justification à toutes mes envies de sucre...du coup je n'opposais plus de barrière, de verrou et me laissais entraîner dans une orgie de guimauves et fraises tagada!
Bien sur, un an après, d'être passée pour le quidam de personne ronde à gros seins à une obèse à seins énormes essoufflée, séparée de son compagnon, ne m'aidait pas particulièrement dans la foi de ma séduction naturelle... ni de mes atouts anatomiques quelque peu hors normes

L'expression que j'avais toujours trouvé ridicule de cœur brisé avait pris tous son sens et je pensais ne jamais plus être capable d'aimer ni ne le voulais, c'était trop douloureux et je me refusais à toute rencontre d'autant que ma libido semblait s'être aventurée dans les rivages de l’antarctique.. pourtant profitant d'un retour de vacances et d'un regain d'énergie, je retrouvais progressivement mon équilibre, la quiétude avait fait place aux larmes et mon ancien compagnon partant désormais tous les week end rejoindre sa belle, je me retrouvais enfin...

un jour, je tombai sur une annonce dans le site de size acceptance où je servais comme putching ball euh modéraricee essayant de tenir les rênes du site suite à la défection de ses légitimes propriétaires.  L'annonce était celle d'un homme cherchant des modèles pour les photographier...curieuse , je cliquai sur le lien donnant accès à son site et découvrit avec enthousiasme des photos un peu surannées qui me plurent instantanément ...j écrivis sous un coup de tête à cet homme, patrice, lui proposant mon humble personne pour servir à ses photos. Il me répondit immédiatement et me proposa un rdv dès le week end suivant.
Comble de chance, il habitait à 100 m de chez moi. Je n'avais en dehors de ma peur aucune raison de refuser et acceptais avec plaisir.
Revoyant ses photos 5 minutes plus tard,  je cherchais ce que j avais aimé en elles, mais décidai malgré tout de continuer l'aventure, enfin un micro événement dans mon quotidien assez morne.

J'avais adoré poser pour Roland ainsi que pour Velvet une copine de size acceptance modèle et photographe qui m'avait un jour demandé si je voulais poser pour elle car elle cherchait des modèles fortement bustés pourquoi ne pas réitérer cette expérience et avoir ainsi de nouvelles photos si je me remettais à avoir quelques aventures?



Le samedi suivant je me rendis donc chez Patrice x. J'étais on ne peut plus anxieuse et effarouchée, excitée néanmoins de participer à un projet artistique, j'avais fait le deuil de mes photos, écritures et projets plastiques peu soutenu à ce sujet par mon ancien compagnon et en souffrait toujours autant.
Je sonnais à la porte d'un bel immeuble haussmanien, et un homme assez âgé, marqué, dans une tenue assez sophistiqué, de dandy m'ouvrit.
 Il me sourit, me proposa d'un ton lent et sûr de lui un verre et mon antipathie fut immédiate...
Réflexe animal ou a priori je l'écoutais avec méfiance discourir,  me rappelant dans sa confiance en lui, son âge mûr Dominique et mon expérience désastreuse avec ce producteur du 16e quelques années auparavant.

-"tu comprends je veux que tu sois naturelle sur le canapé, sensuelle, mais...je n'ai aucun doute que tu le seras"

ah bon? pourquoi parce que je suis grosse donc sensuelle? j'ai des gros seins et cheveux longs donc très féminine? mmh autant de clichés qui m’agaçaient...être sensuelle? ça voulait dire quoi, être sensuelle?
Bon je voulais partir et filer à grande vitesse de ce bonhomme fat et mondain m'expliquant qu'il était directeur technique de tel théâtre, que l'appartement immense appartenait à sa femme etc etc

"-on y va?
-ok!"

j'ai toujours trouvé mille fois plus intime de me déshabiller devant quelqu'un que d'être nu...être nu est seulement un état tandis que se déshabiller pour moi revet une connotation toute particulière, une impudeur intîme et à mon grand désarroi il n'y avait pas de salle ou de chambre où je pouvais déposer mes habits. Aussi sans faire de simagrée et cachant avec une impassibilité purement de façade mon désarroi, je me déshabillais pour prendre place sur sa méridienne, nue!

il me rejoignit deux minutes après avec un appareil, alluma les projecteurs impressionnnats et avec un verre de vin à la main (quel cliché), son appareil de l'autre, me demanda de redemanda de me décontracter et d'être sensuelle...

Voilà, voilà, voilà! être sensuelle! bon...je pris alors des poses ridicules, les plus glamours stéréotypés que j imaginais et après 2-3 clics, j'entendis un "non, non, il faut que tu sois sensuelle dans tes mouvements ne t’arrête pas de te mouvoir, oublie que je suis là (bien sur!!!) ferme les yeux si ça peux t'aider"

Mouais...Alors je me mis gauchement à bouger, à faire bouger mes cheveux, a prendre mes seins, a me retourner, a jouer avec le plaid en velours, et fermais les yeux, essayant de m abandonner sous cet objectif...rapidement je compris que lorsque ma main se portait sur mes seins ou mon sexe, j'entendais un oui! oui! qui devenait de plus en plus altéré...il semblerait que le monsieur prenait son pied à travers son phallus photographique...bon qu'est ce que je faisais? où je me levais et disais: "ok! ca suffit les conneries , je me tire"...ou je me laissai aller à un abandon dont je n'avais plus l habitude et au vu de l' humidité de ma zone génitale, il aurait été bien hypocrite de dire que cette voix altérée par le désir et mon exhibition me laissait indifférente...j en voulais plus et d'ailleurs je l'entendais de plus en plus rauque, prendre avec frénésie moult photographies et je me sentais de plus en plus ivre de ce pouvoir sur l'autre due à exhibition...je savais que je découvrais chez moi une capacité et une impudeur que je ne soupçonnais pas mais qui me procurait une plénitude savoureuse...

J'accentuais de plus en plus mes mouvements... ils étaient presque masturbatoire et à chaque effleurement, j'entendais sa voix se briser d'avantage, jusqu'au moment où il ne put plus parler, alors cambrée, offerte, je le sentis arrivé près de moi, et poser son phallus photographique pour de sa main avec délicatesse presque timidité effleuré mon sein comme une prière silencieuse.
Il n'avait guère d'inquiétude à avoir car de ma transe je ne désirais plus qu'une chose son sexe et d'ailleurs,  j'effleurais sa jambe, sa cuisse remontant,  tandis que sa main se fit plus assurée malaxant soudain mon sein, je le débraguettais alors pour découvrir avec désarroi en érection...un micro pénis...erf, je comprenais mieux son jeu intime avec son appareil sorte de substitut me dis-je ironiquement même si je me savais injuste, avant de le prendre en pleine bouche...il soupira d'aise et au bout d'à peine deux trois mouvements sans crier gare j'eus la surprise de goûter à l'amertume de sa petite mort...mince alors, j ouvris les yeux et le vis me sourire gentiment avec gratitude avant de m'apporter un verre d'eau...je me rhabillais sans mot dire un peu stupéfaite de mon attitude, de cette éjaculation microdosée et amuse qu'il me parle comme si absolument rien ne s'était produit mais me donnant RDV dans deux ou trois semaines quand il aurait les photos pour venir les chercher ou me les apporter.
Bien!
Nous nous vîmes deux trois fois intimement et fus amusée de son culot, il venait chez moi empli d'un désir énorme et très véloce (hélas) et une fois la bagatelle finie, partait avec sa phrase récurrente "désolée je dois me dépêcher, à bientôt"...oh chéri, oui tu te dépêchais très ou plutôt trop souvent, la 3e fois il vint, sans les photos mais en m'expliquant qu'il avait des grands projets pour nous, de soumission qu il m'expliquerait une autre fois...je n'allais pas être la soumise d'un homme que je ne désirais pas ni n'admirais...je lui dis que je ne pensais pas cela chose possible...et j'abandonnais mes photos mais à défaut d'une belle complicité ou d'une jolie histoire, je fus vraiment  reconnaissante envers lui et son désir d'avoir su me faire enfin tourner une page, redécouvrir mon corps et les plaisirs charnels.



dimanche 14 juillet 2013

Silence! on tourne!

Après la déconvenue de Christian, mon zombie embaumé aux herbes de provence qui font rires, je restais dubitative sur mes rencontres sur le net, à chaque fois plus déconcertantes les unes que les autres.
Parallèlement, ma recherche d’emploi devenait difficile, la conjonction économique ne favorisait pas mes laborieuses recherches, mon profil artistique encore moins et mon physique débonnaire décourageait les plus résistants...il ne faisait pas bon d'être ronde dans un secteur où le paraître à ses lettres de noblesse, où le bouche à oreille prime souvent sur la formation académique.
Or, voici que sur ces entrefaites, une annonce titilla mon intérêt: il s'agissait d"un homme bien plus âgé que moi, Dominique, 48 ans qui était producteur à la tv et cherchait absolument à donner du plaisir à sa partenaire éphémère.

Qu'à cela ne tienne, je ne pouvais qu'encourager les âmes de bonnes volonté à relever leur karma afin d'éviter un cycle de réincarnation les transformant en cafard...j'allais apporter quelques degrés hiérarchiques à ce brave homme et l'élever à coup sur au moins au rang de mammifère et puis, peut être que cette rencontre amicale me permettrait d'avoir de précieux conseils dans l'univers des médias que je souhaitais intégrer à défaut de celui de l' édition.

Je me refusais de me qualifier de vénale, pour moi le gros mot absolue,  néanmoins cette indication détermina ma réponse autant que la félicité linguale énoncée et étouffa mes scrupules sur la différence d'âge.

Scrupule qui revint tambours battants lorsque je vis un homme grisonnant et déjà d'un âge certain à l'heure de mon RDV, face à l'église Jourdain, tandis que le glas sonnait la fin de l'innocence de la pureté de mon âme et  mon désintéressement.

C'était un bel homme, portant bien son âge, très BCBG old style avec son petit polo vert Lacoste bien repassé qui tranchait avec ma tenue un peu plus négligée même si pour l'occasion je portais talons, bas résilles et jupes droite, ainsi qu'un chemisier dont les boutons menaçaient d'exploser à chaque respiration...une épée de Damoclès vu que mon souffle semblait altéré par l'appréhension, accentuée par cette différence d'âge  de plus d'une quinzaine d'année qui me donnait l'impression de rencontrer mon proviseur ou patron.

"-Salut! Busty, je présume, Dominique" ...

Je commençais à ronronner ravie qu' il m'est reconnu malgré mes photos en plongée hautement flatteuses que je lui avais donné quand je vis que son regard semblait se focaliser sans aucune ambiguïté sur le territoire le plus vallonné de mon anatomie, celui-là même menaçant d'entrer en éruption quand le dernier bouton céderait devant la poussée de magma de dentelles de ma lingerie ce qui  ne devait tarder.
je souriais un peu embarrassée lorsqu' il continua, le regard toujours fixé effrontément "ouah ai acheté un pain au chocolat dans cette boulangerie, c'est dégueulasse comme ce quartier, j'ai failli tout jeter"

C'était quoi ce gros con?
 la boulangerie en question était la pâtisserie de l'église réputée à Paris et que signifiait le " dégueulasse comme ce quartier?"
je sentais poindre une animosité profonde et mon sourire en tôle ondulé se crispait d'avantage, tandis que nous cheminions vers la terrasse du café et qu' il jetait sa chocolatine dans une poubelle publique à mon grand désappointement.
 J'allumais ma clope et l'écoutait déblatérer sur ce quartier que j'aimais et sur lequel monsieur n'avais plus mis les pieds depuis plusieurs années et qui ne s'étaient pas améliorer et si loin du boulevard exelmans dans le 16e où il vivait...pensait-il m impressionner avec son boulevard exelmans? qui était un des endroits les plus mortellement ennuyeux que je connaissais de la capitale?
Oui visiblement, je devais paraître pour ce monsieur comme une charmante plouc de province avec l'accent chantant et avec mon petit pot de beurre j'allais voir mère grand et venait de rencontrer le vieux beau loup de producteur qui voulait tourner un remake xxl du dernier tango à Paris.

Je ressentais une profonde antipathie et me détestai littéralement quand lâchement j'opinais alors  lorsqu'il m'interpellait grossièrement  "bon, alors on est loin de chez toi, on y va" avec un sourire conquérant.

Merde, je voulais pas de ce gros con dans mon lit pourquoi avais-je dit oui? peut être que comme pour mon premier amant, Stéphane, la complicité naîtrait à l horizontal mais j'en doutais sérieusement tandis que je le voyais sans la moindre gène, se défaire dans mon entrée de ses vêtement pour s'allonger sur mon lit... au moins je savais pourquoi il était venu!

Je fis de même et commençait à l'embrasser et le caresser dans une relative indifférence. Il avait un sexe énorme qui m impressionnait autant que ses poils pubiens gris et la différence d'âge contribuait à mon malaise...il me poussa la tête vers son braquemart et je compris que si monsieur songeait à mon désir je devais d'abord m occuper de lui mais comme au bout d'un moment, je le sentais se durcir et se tendre dans ma gorge, je me retirai en l'avertissant de mon désir qu'il se contrôle et que cela ne reste que des préliminaires...

il me regarda moqueur et me demanda pourquoi.
"-parce que je veux pas recevoir ton foutre dans ma gueule, connard" me semblait une réponse claire mais peut être pas adaptée aux circonstances et qui refroidirait pour le coup certains élans, du coup je la modulais tandis que je le sentis soupirer et qu' il me dit de revenir vers le devant du lit...j'obéissais docilement et à son tour il descendit vers  mon sexe , m'immobilisa mes cuisses et se mit avec soin voire délectation à valider al véracité des propos de son annonce, je m'abandonnais au bout d'un assez long moment au plaisir presque mécanique clitoridien pour jouir sans grande conviction.




je fis un mouvement pour me défaire de ses bras sur mes jambes mais à ce moment là il me maintenait et continua à me lécher, cela devenait douloureux tant j'étais encore crispée de ma jouissance et j avais beau dire non il continua ainsi son ouvrage, je ressentis cela comme une vraie agression mentale alors que j'essayais de me détendre...cet inconnu soudain me faisait peur, ses bars immobilisant mes jambes avec force encore quelques minutes...voyant que j étais inerte et ne faisait aucune démonstration de faux semblant, il abandonna avec sourire, pour me caresser les seins...il m'expliqua qu' il en voulait pas jouir car profiter de moi encore quelques heures...et merde! je m étais foutu dans de sales draps avec ce con!

je souriais dans un mauvais bluff en lui disant que c était dommage car ma sœur venait me retrouver dans une heure, que nous pourrions réitérer l'expérience... il se caressa alors, usa de mon corps comme réceptacle et partit ensuite sous la douche sans un mot, d'un pas félin.

je me sentais souillée et salie pour la première fois dans ce genre de rencontre et profondément mal à l'aise.
Tellement soulagée de son départ. Si certaines rencontres s'étaient auparavant pas très bien passées, celle-ci fut celle qui me fit le plus peur.

J'avais honte de ne pas avoir dit non malgré mon antipathie, de ne pas avoir non plus su faire respecter mon non dans nos ébats après ma jouissance ...ces quelques minutes en trop où il refusa de m'écouter m'avait tellement déstabilisée, j'avais ressentie la violence de sa totale non écoute, de sa domination physique, de m'user au final juste comme une poupée inerte et impuissante comme une quasi agression...il ne me donna jamais plus signe de vie à mon grand soulagement...silence on tourne peut être mais sûrement pas on y retourne car il y avait absolument rien à voir dans ce bromure émotionnel et physique de monsieur Exelmans.



samedi 15 juin 2013

Comment j'ai fait l'amour à un zombie guitariste de jazz

Nostalgie de ville oblige, j'ai un air ce soir du plus célèbre nain qu'enfanta la ville rose: Claude Nougaro qui me cogna et enfoui deux fois sa tête, ô chanceuse que je suis,dans mon torse surdévéloppé, dans les rues piétonnes du centre toulousain, con!



Cet air, me rappellera toujouts comment un peu avant ma rencontre décisive avec le kiné, ne voulant pas focaliser sur Filipe et ses allées et venues et va et vient alléatoires, je décidai de rencontrer un profil qui m'avait  peu de temps auparavant contacté et semblait savoureux.. un guitariste de jazz. 

Nous eûmes en fait, une correspondance express et il m'invita très rapidement à dîner au restaurant afin de faire plus ample connaissance. J'acceptai avec plaisir et lui proposai un lieu près de chez moi mais il semblait réticent à quitter son quartier pourtant à quelques centaines de mètres du mien. Après des âpres pourparlers nous décidâmes d'aller à mi chemin mais plus vers mon antre que le sien et il choisit un très bon restaurant gastronomique ... sympa! la rencontre promettait d'être belle et je me pomponnais et préparais avec soin et excitation. A l'heure dite du rdv, à la sortie du métro, je vis apparaître un homme à peine un peu plus âgé que moi, à l'allure décontractée et au physique agréable, avançant vers moi tout sourires.

Nous bûmes l'apéritif, papotant très vite comme de vieilles connaissances, et Christian, mon jazzman semblait très enthousiaste voire même dans une certaine euphorie naïve qui lui faisait apparaître toutes coïncidences comme autant de signes du destin: je ne mangeais pas de viande rouge, ça alors! lui non plus....je ne buvais pas de café, c'est fou lui non plus, je venais de Toulouse et avais l'accent du sud....incroyable lui aussi, sauf, léger détail, qu'il venait d’Antibes qui se situait juste à un peu moins de 500 km de la capitale occitane. Nonobstant ce léger détail, nous conversions tout sourires et entrain...il était super cool, et j'étais fort détendue, assez passionnée par son enthousiasme et sa culture musicale. il était guitariste professionnel et avait accompagné bon nombre de célèbres jazzman et ses anecdotes étaient drôles voir passionnantes.
A la fin du repas qu'il paya sans me laisser une seule chance de voir la note, je lui proposais avec entrain et une certaine lascivité de boire le digestif plutôt chez moi et il accepta joyeusement même si un brin déçu de ne pas me montrer son bel appartement qu'il venait d'acheter lorsque soudain , dans la rue, justement,   il s’arrêta net , s'écriant déséspéré: "ah merde! non! je peux pas! viens! on va aller plutôt chez moi, j'ai pas ma beuh et aime bien me rouler un petit tarpet à la fin du repas"

Il avait beau être cool et sympa je le connaissais à peine et refusais catégoriquement d'aller le premier soir dans un endroit autre que chez moi ou un hôtel..Je me voyais absolument pas débarquer chez lui d'autant que dans mes efforts de toilettes, j'avais mis une robe et un joli porte jarretelles vintage avec des talons pour agrémenter ma tenue mais qui nuisait fortement à ma démarche à moyen terme dans les venelles parisiennes.

Heureusement, je me rappelais que ma jeune sœur m'avait à sa dernière visite à la capitale, laissée un petit sachet d'herbes de nouvelle-Calédonie, d'une impressionnante qualité...provision que je n'avais jamais touchée ne sachant pas rouler les cigarettes a fortiori encore moins les pétards. Etant atteint d'un désordre neurologique bénin mais assez spectaculaire qu'on nomme "tremblement essentiel," j'ai les mains toujours vacillantes et fébriles tel un malade de Parkinson et pour ce genre d'opération subtile comme le roulement et tassement d'une cigarette , en dépit de toute velléité que je n'avais d'ailleurs pas, cela confinait à l'impossibilité de devenir un grave fumeur de substances illégales...mes tremblements me condamnaient à l'abstinence dans une paradoxe croustillant puisque souvent interprété par le quidam comme des problèmes d'alcoolisme...

Nous étions donc ce soir-là sauvés même si j'étais à dire vrai un peu désappointée de découvrir son addiction et qu'il soit à ce point dépendant pour ne pas remettre son joint à quelques heures après sa partie de jambes en l'air...peut être n'était-il pas finalement aussi parfait que je l'avais présupposé. 

Chez moi je lui proposais un verre, et il choisit une petite vodka bien frâiche,  pour se concentrer immédiatement et sans un mot à la création de sa clope très bio....je fumais et aspirais de cet artisanat que fort peu, sachant cette herbe très forte et ne souhaitant pas avec le stress être malade...ou trop affectée et voulu le prévenir de ses effets retors  lorsque très lentement avec une diction comme ralentie il me demanda si on pouvait tamiser la lumière et ne mettre que quelques éclairages diffus...

D'accord... je me retrouvais dans le quasi noir avec quelques boules de couleurs éclairées,  les volutes de fumée d'un pétard et un inconnu soudain coi ne me regardant pas mais dans le lointain...
"- ah ouais, elle est forte quand même" me dit-il tout en roulant un deuxième joint.

okkk... je commençais à trouver le temps long, et étais bien moins sous son charme à l'observer fumer dans une quasi pénombre... finalement, finalement, ça serait pas une si  mauvaise idée qu'il parte car ma libido avait un peu dévié des eaux tropicales vers le pole nord....et mon naturel assez volcanique pour se transformer en glacier réfrigérant...d'ailleurs comme pour décidément me contrarier, je le vis soudain me sourire avec un sourire ô combien moins subtil que lors de notre repas mais sans nul doute d'interprétation possible et je pensais "bon, ben nous y voilà, en voiture Simone" tandis que je me penchais pour l'embrasser...

J'introduisis ma langue dans sa bouche assez charnue, et commençait allégrement à tourner ma langue dans son antre lorsque au bout de quelques secondes, je devins dubitative me demandant s'il dormait ou s'il était mort tant sa langue était molle et baiser non passionné...un  étrange et caverneux hummm au bout de 20 secondes supplémentaires vint m'infirmer mes spéculations...j'étais juste réglée sur la trotteuse  et lui visiblement sur l'aiguille des heures dans notre quadran lingual...
C était très très étrange comme impression, je ne savais si c était excitant ou répugnant mais j'avais le sentiment d'embrasser un zombie non exempt d'une certaine libido puisque comme dans un contrepoint, un décroché, une blanche avec une jeu de contretemps, j'entendais un hummmm de métronome toutes les 30 secondes m'affirmant que le monsieur appréciait bien plus que moi nos baisers.

Mon zombie décidément très content de lui, avec une voix au débit de plus en plus lent comme si  nous étions entré dans la quatrième dimension psychédélique de Zappa et des herbes folles, me demanda si nous pouvions nous allonger sur le lit, et tout en se déshabillant d’éteindre la lumière...oula ca allait être compliquée pour mettre la capote et je n' avais pas du tout la moindre envie d’être plongée ainsi dans le noir avec mon zombie junkie à la voix chantante mais passée par inadvertance du 45 au 33 tours.
J' essayais donc d'allumer le néon rouge au dessus de mon lit que mes amis m'avaient offerts pour mes 30 ans et qui donnait une ambiance bordel ou fumerie thaïlandaise d'opium finalement très a propos... mais mon jazzman se mit à gémir que la lumière était trop violente et je dus m'incliner à mon grand désarroi à ne mettre la lumière que dans le salon.

Mince, je sentais bien que le pétard commençait à me rendre sacrément parano, et tailler une pipe à un zombie dans le noir n'allait guère aider à ma angoisse qui grandissait de manière exponentielle, surtout que tandis que j'étais au troisième huummm dans la minute de monsieur zéro de tension qui devait signifier à mon avis une sorte d'accélération extraordinaire, il allait bientôt jouir le bougre à ce rythme là... je venais, moi, de sentir une petite protubérance du bout de ma langue sur son sexe toujours hélas caché dans la pénombre et que soudain un dessin de Wuillemin m'obsédait...on voyait face au spectateur et de dos à jeune femme dans un lit, un homme avec un sexe couvert de pustules répugnantes dire à la demoiselle énamourée "éteins la lumière je suis timide"


Moi qui avais la phobie des germes et des sérieux penchants paranoïaques, cette situation de quasi pénombre me crispait terriblement, je devais absolument savoir ce qu'était ce léger renflement sur son estoc qui semblait tout aussi shooté que son maître et s'érigeait sans grande conviction, dans un afflux sanguin aléatoire...merde, y avait quelque chose j'en étais sure, je voulais plus mettre cela en bouche, l'image de Wuillemin me hantait et aussi j'allumais le plafonnier d'un coup sans prévenir en aveuglant se faisant mon zombie qui se reveilla et sursauta d'un coup devant cette rafale lumieneuse,  pour  sous mes yeux ébahis, découvrir... un banal grain de beauté...ouf!  j’éteignais et me remis à jouer avec son chibre sans conviction avant d'abandonner la partie...le sentant peu remis de ses émotions, et d'avoir vu la lumière blanche avant même la petite mort.
Dans mon couloir de la mort, le voyant rouge de ma punition venait de se mettre en route tandis que Christian alluma ma lampe de chevet... pour préparer un troisième pétard...ah non! je n'avais pas mérité cela... il était déjà lobotomisé, je n'en pouvais plus et voulais dormir...seule!

Je lui dis alors que je préférais qu'il ne fume pas au lit et tandis que je sentais que son dynamisme éblouissant avait fait tressauté son sourcil ce qui devait signifier surement que l'information avait atteint son cerveau ô miracle , je lui expliquais que le mieux était encore qu'il fume en route son pétard car je devais me lever tôt le lendemain (qu' importe si je lui avais avoué être chômeuse deux heures auparavant).
Il s'habilla mécaniquement et très très lentement quand soudain avec une autorité étonnante et quasi agressive il  me dit:" bon! demain! c'est chez moi hein! chacun son tour!"
J’acquiesçais avec docilité pour le lendemain pour ensuite, au petit matin, lâchement, laisser un message sur son répondeur lui expliquant que je venais de subir une rupture douloureuse et je croyais en être remise mais que je m'étais aperçue être encore fragile et je préférais ne pas donner suite à nos rdv...

Je ne pouvais pas dire quand même que le retour du mort vivant de mon Roméo me semblait un film terriblement ennuyeux et bien sur ...fumeux. 

jeudi 13 juin 2013

Orgueil et préjugés

Déjà plusieurs semaines que je jonglais entre les visites hebdomadaires de Frédéric, le mardi matin et celles de plus en plus épisodiques de Felipe...et plus je connaissais mon kiné motard plus je l'appréciais pour sa gentillesse, son humour, sa générosité, ses attentions et attendais ardemment nos rdv  et par effet de miroir, plus l'image de Felipe s'écornait après quasi un an de rdv ratés ou médiocre et de désillusions.

Je n'avais pas promis fidélité à Frédéric qui me l'avait d'ailleurs jamais demandé mais pour la première fois, je me sentais dans un cocon de bien être qui ne me donnait aucune envie de chercher ailleurs et de rechercher une autre présence... que se soit affectivement comme charnellement j'étais dans un cocon que je goûtais avec délice.

Le kiné comme je le surnommais lorsque je parlais de lui avec mes amis, était assez étrange et intéressant,  il refusait notamment de m'avouer  son nom dans une sorte de jeu que je trouvais injuste puisqu'il connaissait le mien et mon adresse...était-il donc marié? mes amis se gaussaient de ma candeur mais, pourtant, il paraissait tellement sincère lorsqu'il se déclarait célibataire et  selon lui, il ressortait d'une relation de plusieurs années assez traumatisante avec une doctoresse nymphomane qui après 9 ans de vie commune et apparemment sans histoire s'était fait surprendre à la vue de tous et lui avait avoué alors ses moult incartades.

Cela avait quelque peu refréné la libido de mon amant et notamment hélas certaines facultés érectiles que le latex n'améliorait pas mais qu'importe, il semblait aussi joyeux que moi à venir s'occuper de moi, me masser et caresser avec ses mains et sa bouche pendant des heures... et s'occuper de mon ordinateur à m'offrir tous les programmes que je désirais car passionné d'informatique.

Un jour Roland, qui avait un souci avec l'imprimante pour un de ses book artistiques vint chez moi à midi. juste après un de mes rdv avec Le kiné, qui du coup  resta un peu plus longuement, fort civil et souriant, et s'offrit de l'aider, très à l'aise devant mon meilleur ami et son côté dandy.

Il l'aida tout naturellement. En revanche,  je n'osais ce jour-là regarder Ronan que je percevais violacé et cachant un fou rire en se tortillant derrière notre dos. Quand mon amant fut parti, nous explosâmes ensemble de rires afin d'évacuer une certaine pression...c était la première fois que mon ami rencontrait un de mes amants et ne fut pas  déçu... Roland hurla de rires me taquinant et me disant que euh physiquement, disons euh qu'il ressemblait à monsieur Darty.
Un peu remis de nos émotions, quelques minutes après, nous décidâmes d'aller au café du coin prendre un brunch quand dans l'escalier nous croisâmes Felipe qui montait à l'improviste chez moi. Ronan se tordait de rires devant cette nouvelle rencontre et le vaudeville qui aurait pu à quelques instants près se dérouler ...il nous abandonna, me chuchottant qu'on se verrait bien ultérieurement... d'ailleurs, quelques heures après,  par téléphone, il me commenta sa rencontre avec mes deux amants dans ces termes:
"C'est sur que Felipe est une reine de beauté en comparaison de monsieur Darty mais bon, ils ont pas la même utilité hein?"

Non en effet, il y en a un  pour qui moqueries a part j'éprouvais une réelle affection et l'autre une certaine distraction...D'ailleurs, nous arrivions bientôt en avril et  je songeais, fantasme absolu, à préparer une grande fête avec tous mes amis. Ma cousine et amie d'enfance  qui connaissait l'existence de mes deux amants, me demanda  de fait qui j'allais choisir à présenter ce jour là ne pouvant élégamment convier les deux. J'hésitais deux secondes, puis je citais Felipe ce qui fit à mon grand dam ricaner ma cousine: "En fait tu prends le beau et laisse le moche même si tu le préfères? c'est cela?"
"-Absolument pas! je n'étais pas comme cela! Si j'invitais Felipe c'était bien parce que nous avions les même références et qu'il se sentirait bien plus à l'aise"  répliquais-je vertement et un brin vexée...pourtant , à la réflexion, je naviguais dans différentes sphères socio-culturelles sans le moindre problème et voulais inviter tous mes amis sans soucis de castes ...alors pourquoi ce choix si ce n'est induit par un préjugé esthétique?

j'avais beau toujours avoir critiqué et refusé les notions de faire valoir, moi qui vivais cette situation de la grosse bonne à baiser mais surtout pas à montrer, je découvris à cet instant-là, avec amertume et stupéfaction que je n'étais pas exempte d'un certain snobisme et que effectivement moi aussi, en choisissant Filipe malgré ma totale indifférence à son égard, je ne souhaitais inconsciemment qu'une chose, un faire valoir! je voulais montrer à tous, quel mec je pouvais me taper...regarder la grosse vilaine dame et bien elle se tape un méga canon...


Je crois qu'en découvrant cela, je n'eus jamais autant honte de moi-même et que cette bile âcre de conscience  m'écœura par la suite de tous critères de choix esthétiques même si je pouvais plus omettre et sous-estimer une certaine dépendance au regard et jugement des autres... qu'importe, j'aimais le corps du kiné même si objectivement il était laid mais mes amants n'étaient pas des objets à cacher ou exhiber...

Ce soir là, après cette découverte, je comprenais pourquoi j'avais tant attendu de rompre avec mon apprenti architecte au teint si délicieusement caramel et  je décidai de mettre fin totalement à ma relation avec lui pour me consacrer exclusivement à Frédéric avec qui je me sentais si bien...

Ce que j'appréciais par dessus tout était chez lui c'est que lorsqu'il y avait des couacs et chez monsieur grosses couilles il y en avait, il ne dramatisait jamais et nous pouvions en rire, nous en amuser... nous rions de tout, de nos échecs répétés dans la pose du préservatif et  la survie de son timide phallus, de nos galipettes, de nos blagues...j'étais si  lasse de l'orgueil du mâle dominant surtout quand dépité devant son morceau de latex flagellant comme mon gérontophile, de leur pietre performance et devant se justifier mille et une fois ou envoyer pour se protéger quelques petites remarques mesquines et perfide afin de se consoler de leur orgueil machiste blessé...Frédéric était le contraire
Et puis dans les bras de ce colosse je me sentais pour la première fois une petite chose presque fragile qu'il tournait et retournait sans le moindre effort...

Quelques jours auparavant il m'avait expliquait ne plus rechercher de rencontres, il avait l'oeil qui frisait en me disant cela et m'avoua qu'il se sentait comblé et puis profondément pudique il voila son émotion avec humour et autodérision..."tu comprends, en plus, si toi tu as 100 réponses de mecs  par jours et tu donnes avec magnanimité suite a une personne, ben moi, c'est le contraire...j'écris 100 messages pour qu'on daigne peut être me donner une réponse, du coup ca n'a plus le moindre interêt..et trouverai pas mieux."
effectivement, injustice évidence entre la gente masculine et celle féminine aux niveaux des rencontres, car si le net pour la moindre fille, laide ou jolie se présente comme un hypermarché de la rencontre et du sexe...pour les hommes nous avons une épicerie en tant de guerre et les tickets de ravitaillements pour nos pauvres affamés se font rare.



Quelques mois après de notre rencontre, vint donc mon fameux anniversaire, je n'avais finalement choisi de faire aucune party après avoir découvert mon autoportrait de Busty Gray et ses zones d'ombre...
Pour festoyer finalement je ne souhaitais que le voir et il arriva ce jour-là les bras pleins de cadeaux...il s'était rappelé que mon parfum fétiche était l'eau d'Issey Miyake et m'avait acheté non seulement l'eau de parfum en énorme bouteille, mais également le lait pour le corps et le gel....une fortune...je n'avais jamais reçu de cadeaux de mes amants et point l'habitude de ce genre d'attentions, étant peu dans le badinage et la parcours du tendre...
 Pourtant combien les attentions et galanteries me manquaient
C'est amusant d'observer combien lorsque vous n'êtes point vénales ni intéressée, les hommes ne font pas le moindre effort, vous n'êtes pas peste? inutile alors d'être gentil...

Je me souviens l'amertume lorsqu'une connaissance aisée peu de temps auparavant monta sur Paris. J'étais fort inquiète car le monsieur n'avait point l' habitude des snacks et avec mon chômage je n'étais guère à l'aise avec ma bourse. Nous devions également nous restaurer avec une amie qui vivait en couple et connue pour ne pas avoir le moindre sous. Au lieu de tous manger chez moi ce que je comptais proposer pour éviter une facture lourde, il me demanda comment allions-nous faire pour soulager notre" pauvre" amie commune et si nous devions annuler pour ne point la mettre mal à l'aise. Je refusais sachant combien cette amie attendait ce dîner avec impatience et avait déjà sélectionné le restaurant aussi je fus un brin surprise de ses propos qui n'étaient point du tout  ceux que j'avais échangé avec elle... persuadée qu'il nous offrirait le souper san sle moindre embarras...mon étonnement fit place à l'atterrement le midi lorsque je découvrais le restaurant choisi, fort cher et bien au-delà de mes sorties habituelles...  je n'osais pas fierté oblige lui dire que j'avais encore moins d'argent qu'elle, et du payer en rançon de mon orgueil et mon silence la moitié de la note... tout cela parce que je n'avais pas voulu  abuser de son argent et de la situation...je n'avais pas gémi ni fit du chantage affectif ni minauder...aurais-je du moi aussi jouer d'une fausse pudeur mais vraie stratégie du ...oh juste une entrée alors dit avec componction...c'était toujours les même qui gagnaient, qu'on pleurait, qu'on aidait, qu'on aimait, qu'on gâtait... aussi quand je reçus le cadeau de Frédéric je me mis à pleurer tant j'étais touchée et émue de sa générosité à mon égard alors que je n'avais rien demandé, juste il était attentionné , nous couchâmes ensemble cette fois-ci sans le moindre souci de manière répété, visiblement ma joie avait déverrouillé la cage de chasteté invisible qui enserrait son sexe depuis sa rupture et suite à ce sur plein d'émotion, avec un enthousiasme et saturée de volupté , de reconnaissance et de joie, je lui susurrais pour la première fois les fameux mots magiques: je t'aime.



Cela refroidit immédiatement l'atmosphère et il me répondit doucement un " merci c'est flatteur."..je sentais une douche glacée se déversait en moi tandis que me demandais ce qui avait bien pu me passer dans la tête et luttais pour contenir mes larmes... il me murmura tout en me massant qu'il lui fallait un peu de temps

je retrouvais suite à cet épisode Roland tellement marquée que même si je restée coie, nous voulant pas lui conter ma déconvenue sachant à juste titre que ma conscience allait m'engueuler, au bout de 30 mn il me dit à brûle pourpoint: "bon, alors qu'est ce que t'as fait encore comme connerie? t'es enceinte c'est ça?"
"nooon"...et lui racontais ma mésaventure et mes mots... Roland m'engueula encore plus que prévu, en me disant "mais enfin tu sais bien que tu l'aimes pas ce type, tu aimes le moment la bulle qu'il te procure, mais lui tu le connais pas, tu sais même pas son nom...vous échangez rien si ce n'est un bon moment...tu aimes ce moment, pas ce mec, imagine qu'il t'ai dit "moi aussi, vivons ensemble ma chérie, tu aurais eu l'air maline, non?"
je ne pouvais qu'opiner, j'avais été reconnaissante, aimais beaucoup Frédéric mais c'est vrai, j' aimais ce moment et non lui , finalement ce n'est pas mon cœur qui avait été punie mais mon orgueil... perversement, je voulais entendre des mots d'amour, avoir un pouvoir sur cet homme et avais provoqué par mes mots une réponse...qui n était pas venue!!!

Frédéric avait d'ailleurs tellement été bousculé qu'à mon retour, il avait eu un peu de temps et je reçus un mail très gentil m'expliquant que pour lui  ce genre de sentiment il lui fallait plus de temps et que c'était un chemin où il ne voulait plus s'engager et qui se faisait à deux... aussi avant que cela me blesse d'avantage il préférait cesser toute relation avec moi.

Ouch! j'avais tout gâché et pleurais à chaude larmes ces bons moments que dans ma théâtralité avait détruits, j'écrivis piteuse une lettre expliquant que c était des mots dépassant ma pensée et que je le rassurais, si je tenais beaucoup à lui je ne l'aimais pas mais dans un moment de bien être et de post coït avait eu cette envie de mots magiques et romanesques  inconvenants

il me répondit un "chouette alors" magnanime et nous reprîmes nos rdv hebdomadaires... l'année d'après de la gamme glamour des parfums devait avoir été soldé car à la place ,peut être suspicieux, il m'offrit une pince à seins, des menottes et divers jouets sexuels ...je ne lui dis pas les mots fatidiques et si ma surprise fut tout aussi grande, pas trop préparée à ces jeux, je sentis une reconnaissance moins éperdue tout en pensant, ma foi...pourquoi pas...jouons!.

samedi 8 juin 2013

En toute amitié ou des couilles plus grosses que le ventre!!!

Mes rencontres avec Felipe s'espaçaient de plus en plus au fil des semaines. Le non coup de foudre du début se confirmait par un certain blasement dans nos jeux de galipettes où malgré quelques moments forts sympathiques, j'avais un peu le sentiment d'un bis repetita dans nos positions du kamasutra et je commençais à être un peu lasse de n'avoir de ses nouvelles que lorsqu'il avait besoin d'une relecture d'un de ses travaux ou surtout que son pic hormonal menaçait d'exploser ...alors, certains soirs sans prévenir, il sonnait à ma porte à des heures indues pour me baiser le plus souvent sans autre forme de procès et repartait pour m'annonçait le soir ou le lendemain par mails ou textos qu'il avait eu tort et nous ne pouvions demeurer amants plus longtemps mais surtout,  que nous resterions amis.

Ce à quoi, avec une totale placidité, je répondais invariablement un: "bien sur, aucun soucis, je comprends..."

Je commençais néanmoins à perdre avec le temps mon amusement et je me lassais de ces moments épisodiques assez stériles d'autant que même nos échanges intellectuels m'ennuyaient désormais...si nous partagions bien des références communes, je me rendis vite compte que la qualité de Felipe était son écoute et le "ravissement" des bribes de discussions ou  ses lectures de magazines et de dépêches du net, mais qu'au delà de ce vernis culturel, il n'y avait aucune véritable réflexion, jamais aucune prise de risque...tout était parfaitement policé. Au lieu d'une mer dont j'avais cru effleurer la surface, je n'avais devant moi qu'un joli miroir réfléchissant, oscillant constamment entre complexe de supériorité car après tout ses camarades l'appelaient "petit génie" et l'admiraient et un complexe d'infériorité et une énorme culpabilité sachant combien tout cela n'était qu'un gigantesque bluff.



Felipe avait besoin qu'on l'admire pour se détacher des autres mais était attirer tel un a(i)mant dès qu'on manifestait indifférence et distanciation afin de  quémander inconsciemment un aval ou un compliment qui pourrait lui permettre de reprendre contrôle de la situation et de rompre ...bloqué dans un remix  de je t'aime, moi non plus lors d'une journée sans fin qui recommençait à épisodes réguliers, d'abord quasi tous les jours, puis semaines, voire mois.

Un soir, il m'appela vers les 23h alors que je regardais joyeusement une émission à la télévision confortablement installée dans mon canapé en pyjama sirotant mon coca light, goûtant à ma quiétude et solitude..."hello, je suis en bas de chez toi...euh... je eux monter, en toute amitié évidemment, j'avais envie de discuter et comme je passais par là?"
Argh! c'est vrai que du 15e arrondissement où il habitait au 20e où je demeurais, il n'y avait que tout Paris à traverser...quel heureux hasard...
J'étais particulièrement lasse ce soir là de notre petit jeu qui durait depuis trop longtemps et je n'avais aucune envie pour une fois de lui faciliter la tâche d'autant qu'il me gâchait la fin de mon émission...j'étais encore dans ces pensées, que la sonnette sonna déjà...il avait tenu 1mn 30 afin de faire croire qu'il avait effectivement monté les escaliers jusqu'au 4e étage, quel fougue en mon speedy gonzalez.
J'ouvris la porte et au lieu du baiser tumultueux dont nous avions l'usage , je lui flanquais goguenarde deux énormes bises bien claquantes sur les joues...en bonne amie.
Un peu désorienté me sembla t'il,  il s'assit sur le canapé.
Je lui proposais gentiment et innocemment un verre de coca light, il acquissa un peu troublé...il faut dire que j'avais laissé la tv allumée dans une cuistrerie bien étudiée et tout en étant fort civile et que je ne faisais surtout aucun geste ambigu qui lui permettait le moindre alibi ...
"-alors, comment vas-tu? c'est sympa d'être venu me faire un petit coucou, tu passais par là?
- euh oui, je me suis dit que tu dormais pas encore!
-non! tu as de la chance, je regardais cette émission...quelle nouvelles?
-euh... ca va...
-ah c'est bien.
-euh...
-oui?"
je le sentis rougir tandis que je découvrais chez moi une certaine jubilation sadique devant son malaise, attendant impatiemment de voir comment il allait se dépêtrer de cette situation où il s'était plongé lorsqu'il bredouilla ces mots désormais culte:
"euh, mais euh...est-ce que...en toute amitié...est ce que je pourrais te lécher les seins?"
j'explosais de rire n'y pouvant plus et taquine lui répondit en offrant mon corsage " bien sur Felipe, entre amis c'est chose courante, ça se fait bien sur"


j'étais également lasse de ces rencontres car je venais de rencontrer peu de temps auparavant un nouvel amant, lui régulier et qui pour la première fois allait vraiment compter dans ma vie: Frédéric
J'avais choisi Frédéric suite aux conseils avisés de mes amis sur un critère bien particulier : il était kiné et proposait des massages.

"Un kiné, tu te rends compte, ça doit être génial, en plus si ça marche pas il propose juste des massages relaxants et sensuels, c'est le pied!!!
-oui Roland, mais y a aucun descriptif sauf qu'il est kiné et motard, je crains le pire!
-mais non, tu t'en fous, pour te faire masser que demandes-tu de plus?"

Oui et puis j'allais peut être hurler sur mon lit un "born to be wiiiilde" tandis qu'il guiderait de ses mains expertes ma mécanique, aussi je lui proposais rapidement un rdv chez moi.

Le jour venu, je vis sonner un homme, au sourire timide et au physique quelque peu disgracieux....en fait, pour être honnête, il me semblait vraiment affreux et pour la première fois, je me demandais comment avec politesse l'éconduire...car là, non, vraiment je ne pouvais pas...j'avais devant moi un homme d'une bonne  quarantaine d'année, très gros avec des cuisses et un ventre énorme, quasi chauve malgré quelques épis, que dis_je quelques touffes se battant en duel suite certainement à l'usage régulier de son casque de moto, habillé de manière peu sexy, avec une sorte de kawé de moto, sans la moindre recherche apparente, prognathe, les dents se chevauchants très fortement et des énormes lunettes avec cul de bouteilles: dents atroces, gros, chauve et bigleux ca faisait beaucoup, merde!

Sauf que, sauf que suite à un soucis au lieu d'être dans un café, nous discourions sur mon canapé et que je ne trouvais pas sans être grossière une manière de dire: "non tu me plais vraiment pas, là  j'peux pas!"

Alors que je me préparais à lui annoncer cette nouvelle, il parlait avec une voix peu harmonieuse, m'expliquant qu'il aimait dans la vie la plongée sous marine et le vol en planeur....oui...oui...oui... Derrida, Proust, euh j'allais avoir du mal à échanger en plus, aucun goût en commun...bon fallait que je lui dise...car ça devenait de plus en plus difficile d'autant qu'il me disait qu'en me voyant il s'était dit " wow, mon fantasme ambulant" pourvu qu'il me demande pas "et toi? qu'as-tu pensé?"
"j'ai pensé: aie!"mais alors que j'allais m'élancer pour lui dire "désolée ca n' ira pas", je le vis me prendre la mais avec gaucherie, timidité, presque gêné et je fondis littéralement, pensant "oooooooh qu'il a l air tout embarrassé  c'est si mignon, je vais l'embrasser!" et je me penchais pour goûter à ses lèvres et pour la première fois, alors que le baiser devint de plus en plus profond, je découvris combien certains baisers sont sensuels et terriblement excitants.

Je sentis alors ses mains me caresser et sus qu'être kiné etait effectivement un critère de choix imparable...j'avais enfin quelqu'un d’aussi sensuel et tactile que moi mais lui avec un jeu du toucher qui m'embrasa rapidement pendant que moi aussi je parcourais, la libido cette fois-ci totalement éveillée,  ce corps qui m'avait tant déplu visuellement et pourtant si agréable à parcourir tactilement.

Quelle étrange  dichotomie entre mon rejet physique et mon attirance tactile pour lui . En fait, effectivement, au lit, sauf peut être pour les hommes dans certaines positions (le plaisir de la levrette fonctionne aussi surement par la vision du corps et le visuel joue également beaucoup), la vue avait parfois bien moins d'importance que d'autres sens, ainsi je découvris que si  en tant que critère esthéthique absolu, j'aimais les silhouettes élastiques, maigres, tactilement, il y avait un plaisir de la chair que je ne connaissais pas et appréciais particulièrement, de même que collé à lui, j'avais une vision excitante d'un corps morcelé que j'apréhendais plus facilement, j'allais bientôt découvrir que j'aimais son torse, la douceur de son corps, son odeur etc...

Puis, ce jour là, dans le canapé, n'étant pas adepte de certains faux semblants,  ma trajectoire dériva évidemment vers son entrejambe et là au ressenti du "paquet" que je percevais je pensais un wow! ça a l'air énoooorme... ce monsieur à d'autres surprises à me révéler ..

en effet! quelques minutes plus tard, je découvrirai fascinée que je n'avais jamais vu quelqu'un avec d'aussi grosses couilles et une aussi petite bite!

C'est ainsi que débuta  et de manière exclusive très rapidement , une complicité et une relation affective et sensuelle de plus de trois ans.


jeudi 30 mai 2013

A la recherche de l'anus perdu ou en toute amitié 4

Cela faisait plusieurs mois que Felipe et moi étions amants, à nous voir régulièrement... les codes étaient simples, j'avais envie de le voir, il me suffisait alors de lui écrire sur msn où nous conversions régulièrement que j'avais eu dernièrement une aventure et le soir même de manière fortuite, sans prévenir, il sonnait à la porte, l'haleine toujours avinée et sautant de plus en plus les préliminaires pour me besogner joyeusement. Après avoir joui, il ressentait une terrible culpabilité et l’œil humide me murmurait systématiquement:  "il faut pas que tu tombes amoureuse de moi, tu sais".
Je souriais tout aussi systématiquement, pensant in sotto que ça ne risquait pas, et il partait quelques minutes après un peu hagard, en m'ayant emprunté des livres, catalogues ou dvd pour ensuite m'écrire le soir même qu'il ne fallait plus que nous nous voyions, qu'il se sentait coupable  par rapport à virginie mes couilles, que ce n'était pas bien.

je répondais toujours  un laconique "ok, tu as raison, je comprends" et quelques jours plus tard, les hormones travaillant, je recevais  un mail devenant un peu plus tendancieux m' indiquant la visite assez rapide de mon jeune paon parfois forçant un peu la main...je fus un soir particulièrement embarrassée lorsque l'ayant prévenu de ne pas venir car je recevais une de mes meilleures amies peu friande de ma relation extra conjugal avec lui, et souhaitais tous sauf un face à face...pendant la nuit, téléphone et Felipe ivre mort m'expliqua avoir perdu les clefs de chez lui et être à la rue...je le reçus donc, en m’excusant auprès de mon amie qui dormait déjà dans mon salon...il s'écroula nu sur mon lit et je passais la nuit à le couvrir au cas où mon amie veuille venir dans la salle de bains attenante à ma chambre.
Au matin terriblement embarrassée, je proposais à cet amie un petit déjeuner dans un café pour éviter la rencontre et dit à Felipe de claquer la porte derrière lui lorsqu'il aurait fini de cuver son vin dans mon lit... erreur stratégique et psychologique car mon amie le ressenti comme si nous  faisions passer son bien être avant tout et avant elle pourtant venue de l'étranger pour me voir et au lieu de le mettre dehors ... c était du coup nous qui devions déguerpir de mon antre... ma peur de l'affrontement m'avait jeté exactement dans l'abysse que je redoutais et je ressentis longtemps l'amertume de mon amie vis à vis de cet incident sans pouvoir justifier mon indelicatesse.

Il est vrai que par faiblesse et facilité et une certaine dose d'indifférence, j'entretenais et me complaisais dans ce jeu malsain avec cet homme pour qui je ressentais de moins en moins d'enthousiasme intellectuellement comme charnellement...

un jour cependant il vint, et nous discutâmes un peu de ses projets lorsqu'il me coupa dans un intermède charnel et là il m'expliqua tout rougissant qu'il avait un fantasme et n osait pas l'avouer, j'insistais..évidemment, amusée et intriguée.
.il m'expliqua avoir déjà pratiqué une fellation dans une fête...j opinais  tout en me disant que l'anecdote était certes croustillante mais que je voyais mal comment réitérer cette aventure avec lui.
Alors que mes pensées cheminées, je le sentais de moins en moins à l'aise  jusqu'au moment où n'y tenant plus , il avoua qu'il aimerait bien que je le sodomise...ouch! allons bon! pourquoi pas?  mais me sentais pas très à l'aise devant cette nouveauté et n'avait pas d'objets oblongs sous la main....  rester justement cette dernière...et tandis que je voyais mon amant, à quatre pattes sur mon lit, inversant curieusement les rôles, j'avançais mon doigt afin de pénétrer l'antre du vice et de la bête...à sec, on était pas des chochottes...du moins le pensais-je car tandis que ma main avançait comme le requin des dents de la mer vers les abysses , et que je sentais une envie déplacée de glousser en s'exclamant "E.T maison, Elllioooot avec mon doigt tendu vers l'antre de la caverne d'un Alcibiade que Socrate n'aurait pas renié, lorsque, soudain, je me rendis compte qu'un récif s'érigeait...ou donc était l'anus?
je sais cela parait ridicule mais ce garçon là n'avait aucune fente visible, tellement serré et contracté et je me retrouvais dans un immense moment de solitude à me demander ce que j'allais bien pouvoir faire.



-"J'étais désemparée, tu comprends Roland, et j'avais beau essayé ça ne marchait pas!
-m'enfin tu sais bien où se situe l'anus, ne sois pas ridicule!
-je t'assure, j'appuyais mais rien ne s’enfonçait , cet homme n'a pas d'anus!
-il sait surtout pas à quoi il a échappé le malheureux! avec ta maladresse tu lui aurais perforé l'estomac en moins de deux...oops désolée, oulala...il est suicidaire ce garçon!
-en tout cas il était à quatre pattes attendant et moi j'avais ce moment de solitude où je me suis dit, mince je fais quoi maintenant?je m'en vais et le laisse en plan à quatre patte cul levé?   après trois tentatives malheureuses,j'ai begayé sous son air dépité un vague euh...bon, peut être une autre fois, non?"

j'avais beau avoir été à la recherche de l'anus perdu, je ne l'avais pas retrouvé et étrangement nous n'avons jamais plus évoqué ses fantasmes de soumission et de pénétration durant toute  l'année où nous nous vîmes.

prochain article: délit de sale gueule et a priori

jeudi 23 mai 2013

laissez parler les petits papiers ou en toute amitié 3

J'étais absolument atterrée, affligée et un brin vexée en lisant et comprenant enfin le mail de cette Virginie...

"xxx Virgnie
xxxfil@hotmail.com
CC rondeurwoman@hotmail.fr
Date... 2003  09:51:28 +00

Filou

Si je te dis que je lis encore tes mails tu vas me detester...mais malheureusement ce que je pensais est vrai, tous tes mensonges étaient vraiment des mensonges...et tu baisais bien avec Busty mes couilles... cette fantasmeuse de première...cette fille que tu vas présenter à tes parents? puisqu'ils nous attendent pour déjeuner dimanche...ça sera sans moi et à vie...

je la mets en copie ta nouvelle copine pour qu'elle comprenne mon désespoir aujourd'hui, presque 4 ans de relation pour finir avec autant de souffrance, je n'en peux plus...je suis détruite...

je t'embrasse et malheureusement continue à t'aimer...bonne route

virginie"

J''ouvris le second mail  le gosier un peu serré et si j'avais beau n'avoir aucun sentiment amoureux, j'avais éprouvée une vive sympathie et pour moi partager mon intimité n'était pas si anodin, c'était une rencontre même si éphémère, une personne, pas un godemichet sur pattes...aussi je ne pus que me sentir mal à l'aise en parcourant son texte envoyé visiblement par erreur croyant discuter avec sa compagne

De xxx phil
Date:...2003 09:53.00

Simple je t'ai engueuler hier j étais enerver car oui c'est vrai je l'ai fait...mais vraiment je crois avoir été plus dégouté...meme de récupérer mon pull...de toute facon je pourrais pas me racheter...et tu reteras un super souvenir....bisous




Bon!!! le côté "avoir été plus dégouté" me dérangeait un petit peu comme la soudain poussée d'urticaire qui me démangeait à cet instant précis car cela me renvoyait à toutes mes inquiétudes et craintes.
Si j'avais été une assez jolie enfant, l'âge ingrat ne m'avait pas épargnée ni les boutons et mon comportement et habillements un peu désuets ne m'avaient eux non plus guère aidés dans ma vie sociale au collège: j'avais été la risée longtemps, très longtemps et il m'avait fallu bien du temps pour parvenir à dépasser les cicatrices de ces rejets...

Mon amie Annie m'avait aidée à prendre conscience de leur poids et m'en dévêtir  lorsque chez elle je me complaisais dans cette blessure en en parlant encore et encore et geignant sur ma timidité inhibante qui m’empêchait systématiquement de faire le moindre geste vers l'autre surtout si l'autre me plaisait...et telle une belle au bois dormant somnambule, j'attendais que mes princes fassent le premier pas et n'arrivais pas à dépasser ma peur des autres.... Annie avait attendu, écoutant pour la énième fois ce discours puis elle m'avait obligé alors à observer une groupe de gamins jouant dans une cour de récrée et m'avait alors déclaré: "tu vois ce sont eux qui t'ont blessé, des enfants, mais si eux ont toujours 12 ans, toi tu as vieilli et as grandi avec tes souvenirs mais ma veille tu as plus de 30 ans maintenant, tu dois te réveiller! ce sont des mots et des peines d'enfants, pas de grandes personnes!"

Là mon petit filou appuyait exactement ou ça faisait encore mal...cette absolue certitude d'être incapable de plaire réellement, de séduire et puisque m'ayant vue nu, m'ayant goûtée, j'avais d'autant plus mis mon ego et mon narcisse à nu et le "plus dégoûté" me semblait une brûlure à mon orgueil comme ces gens qui veulent se taper une grosse pour voir si ils en sont capables ou pour se punir... et dans une sorte de comptine masochiste je ressassais cela tandis que consciemment je n'oubliais pas non plus que le monsieur avait été sans cesse demandant et que son érection n'avait pourtant pas été si difficile à obtenir même lumière allumée!

le 3e mail m'était visiblement adressé

De xxx phil
Date:...2003 09:53.00

Ouaip...tu as du avoir mail de ma copine...pas top...ouais, désolé..bon appele pas stp c'est deja difficile...a plus...bises


Bon, le romanesque et cool memories de Baudrillard de la veille étaient loin pour le coup... alors qu'allais-je faire? je voulais récupérer mon livre? devais-je me sentir responsable? faut dire que j'avais perdu pas mal d'empathie vis-à-vis de la nénette après qu'elle m'ait  traité de "busty mes couilles" et surtout d'avoir dit "c'est ce genre là que tu vas présenter à tes parents?" pourquoi donc? je n'étais pas présentable? j'avais une parfaite éducation mince, je savais distinguer mon verre à eu de mon verre à vin blanc et vin rouge, pouvais parler de Bach, de Dante, de danse, de Descartes ou Montaigne, de textes bibliques, je ne disais jamais de gros mots! merde! euh...mince!? ah non c'est là que le bas blessait justement, pas mince....


J'étais en rogne contre ce petit con et sa dulcinée qui m'avait joué un jeu à la noix que je n'avais pas demandé et qui crachait en plus ensuite dans la soupe, en rogne de ces échanges qui ressemblaient à des échanges d'ados attardés , tout ce que je détestais et me voilà pourtant plongée en plein vaudeville et je voulais mon livre de Bazin sur le cinéma et ...et surtout baiser une dernière fois avec monsieur petit cul bien ferme ne serait-ce que pour ce moment où je pourrais avec l'oeil égrillard regarder sa jouissance une dernière fois afin de me rassurer que ce mec bandait bien, dur, pour moi, d'envie et pas pour se punir!

J'en parlais à Roland qui me dit "tu veux baiser avec lui? baise avec! tu t'en fous de ce p'tit con ! tu es pas responsable! c'est pas toi qui est allé le rechercher non?  ça te disculpe pas mais qu'importe, tu la connais pas, c'est leur histoire, pas la tienne et  tu es pas amoureuse de ce petit con alors baise le et quant t'en as marre tu jettes, tu lui dois rien."

C'est vrai et lorsque je lui envoyais un mail disant d'un air faussement sympatoche "salut! J' espère que tes soucis se sont réglés et que vous avez pu arranger votre histoire. Si tu veux récupérer le pull, aucun souci, j'aimerais bien mon livre également, t'as qu'à passer un jour chez moi. Bises."
il répondit tout de suite: "ah oui! pas trop cool cette histoire, dur, oui ça serait super car c'est pull que m'a offert  Virginie, tu vois, je te ramène le pull et ça me fera plaisir de de te revoir une dernière fois en copain, essaierai de pas me jeter sur toi, non je rigole, enfin dommage quand même , bisous coquins"

Si prévisible jeune homme. 

prochain épisode : à la recherche de l'anus perdu